Sans doute [1] à cause d’une fausse manœuvre sur un site diocésain, je découvre cette note canonique et pastorale sur cette question tellement essentielle : « Peut-on baptiser les enfants de couples homosexuels ? ».

La réponse est signée RM, c’est-à-dire Roland Minerath, Archevêque de Dijon et Président du Conseil pour les questions Canoniques au sein de la Conférence des Evêques de France.

D’un côté je salue l’aspect pragmatique de l’interrogation, puisque de toute façon nous sommes en démocratie et qu’avec la majorité à l’Assemblée Nationale le mariage et l’adoption par les couples homosexuels seront possibles en 2013 suite à la promesse du candidat socialiste.

Ce qui ne va pas empêcher quelques catholiques de prédire la fin de la société française puis l’effondrement de la civilisation en ricochet, avec Christine Boutin en porte étendard.

Pour contourner les procès en homophobie, c’est l’intérêt de l’enfant qui va être au centre de tout. Car il faut bien le comprendre, pour grandir un enfant a besoin d’un papa et d’une maman. Sauf que si vraiment c’était l’enfant qui était au centre des préoccupations des opposants catholiques à l’adoption par des gays, pourquoi furent-ils toujours silencieux sur la possibilité pour un célibataire d’adopter ?[2]

Etre élevé par une personne seule serait donc beaucoup plus structurant que par deux personnes qui s’aiment ?

Bref…

Donc que doivent faire nos chers pasteurs face à la demande d’un couple homosexuel de faire baptiser leur enfant ? Accueillir bien évidemment.

Mais ce qui me semble moins évident c’est de réfléchir à cela. Regardons un peu objectivement les choses. Pourquoi est-ce qu’on se pose cette question pour des gays ou des lesbiennes puisque de toute façon c’est l’engagement d’une « éducation catholique de leurs enfants, ce qui comporte l’inscription au catéchisme, le moment venu » qui va être le critère déterminant ?

Quel est le lien entre une orientation sexuelle et la volonté ou non de transmettre les valeurs et connaissance de la Foi ?

Est-il donc vraiment nécessaire d’une note pour cela, surtout dans un contexte où dans l’immense majorité des cas l’Eglise assure avec le baptême un service civil en répondant à une demande culturelle sans lien avec la communauté catholique ? Prendre le temps de répondre à cette question, est-ce une vraiment une manière d’accueillir ou au contraire de stigmatiser un peu plus une population encore trop souvent victimes de discriminations et de préjugés ?

Notes

[1] Mais c'est pas aussi évident que cela...

[2] Bien que cette loi soit à l’origine prise après la fin de la seconde guerre mondiale pour favoriser les recompositions familiales