Le voyage au Mexique du Pape Benoît XVI a remis en lumière les dérives sectaires des Légionnaires du Christ. Pourquoi maintenant ? Le Mexique est la terre de naissance de la Légion. Or le Pape ne rencontrera aucunes victimes de prêtres pédophiles. Le porte-parole du Vatican, le Père Lombardi renvoi cette responsabilité au pays accueillant qui de son côté par la voix du Président de la Conférence des Evêques Mexicains considère qu’il n’y en a tellement peu que cela ne semble pas opportun. Impossible de savoir si effectivement il y a peu de victimes ou si la culture ne permet pas encore l’expression de celles-ci.
Du coup, les associations se mobilisent autour de la parution d’un livre intitulé La Volonté de ne pas savoir [1]. 200 pages de documents internes qui prouvent que depuis 1944, le Vatican dispose de l’ensemble des éléments sur la personnalité luciférienne du Père Maciel Marcel.
L’objectif est de mettre une pression maximale sur Benoît XVI, d’être entendu et reconnu comme victimes et globalement de pouvoir faire changer une partie de la Curie et des responsables des Légionnaires qui n’ont plus qu’un rapport très lointain avec l’Evangile.
Objectivement, Benoît XVI a agi avec beaucoup plus de fermeté que Jean-Paul II en prenant des décisions importantes face à la Légion et cela dès les premiers jours de son pontificat.
Néanmoins, les derniers développements autour des Légionnaires du Christ prouvent que le Vatican ferme encore trop souvent les yeux. Je parle volontairement du Vatican. Un regard rapide pourrait faire croire à une organisation de type quasi-monarchique avec un Pape qui dirige comme bon lui semble le navire amiral. C’est un tout petit plus compliqué que cela. Il y a des courants, des oppositions, des haines même au sein de l’Eglise Catholique. Difficile de faire autrement dans une famille de plus d’un milliard de personnes dont la perception du Christ est parfois totalement opposée.
Pour faire simple, le Pape ne contrôle pas tout. Avec des services complètement sous-dimensionnés il ne contrôle même sans doute pas grand-chose mise à part quelques dossiers qu’il va suivre plus particulièrement (Homélies et Catéchèses, livres et interventions, dossier de l’Eglise en Irlande, FSSPX, situation en Chine, ….)
Cette petite digression est importante pour la suite. Car les personnes qui accusent aujourd’hui le Pape souhaite une Eglise plus ouverte, plus à l’écoute, sans doute plus démocratique, alors qu’ils renvoient à celle-ci l’image d’une structure très hiérarchisée. Un Pape ou même un Evêque, pour le dire crûment, font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont.
Je disais donc que depuis la mort du Père Maciel, il est difficile de croire que du côté de la Légion, tout va bien dans le meilleur des mondes.
Nomination d’un soutien du Père Maciel comme nouveau secrétaire général, déclaration totalement déconnectée du délégué pontifical en charge de la Légion, le cardinal Velasio de Paolis qui met fin à l’enquête apostolique considérant que « certaines choses sont trop privées », démission de la supérieure des consacrées de Regnum Christi et cela rien que pour les faits connus.
J’avais pour ma part jugé imprudent de la part du Vatican de ne pas prendre plus de distance financière avec la Légion en continuant de lui demander de financer des rencontres internationales entre Evêques.
On sent bien que du côté de Rome l’objectif est maintenant de tourner la page le plus vite possible en fermant les yeux si nécessaire sur les dérives possibles des Légionnaires. Car c’est l’une des nombreuses difficultés de ce dossier. Abstraction faite du Père Maciel Marcel[2], la question demeure de savoir si la Légion est intrinsèquement sectaire. L’absence de liberté de discernement, le détournement de la règle de biendisance [3] et difficulté de pouvoir quitter la Légion reste parmis les critiques les plus récurrentes. A tort ou a raison.
Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble des Légionnaires et du mouvement Regnum Christi mais de discerner les entraves structurelles pouvant porter à l’abolition du discernement.
En l’absence de réponse précise de la part du Vatican, l’interpellation des opposants à la Légion devient naturellement plus précise. Et c’est clairement Benoît XVI qui est désormais dans le viseur. Ainsi de Xavier Léger qui sur son blog se fait le relais de l’exaspération face à l’immobilisme et l’inertie du Vatican avec un j’accuse Benoît XVI assez violent :
Or, en 2005, s'est passé quelque chose à laquelle Benoît XVI ne s'attendait pas: un groupe de prélats du Vatican comprend ce qui est en train de se passer... et ces personnes décident d'exercer leur devoir de conscience. Ils se rendent compte que la situation, de l'intérieur, est complètement bloquée. Les décisions sont prises à l'avance, sans faire grand cas de la vérité et de la justice. J'imagine que ces personnes, qui ont voué toute leur vie au service de l'Eglise se retrouvent dans la pire des situations qui pourrait leur arriver. Le cas de conscience extrême: ils comprennent qu'ils doivent trahir le Pape, qui a perdu la raison.
Ils se renseignent et découvrent qu'au Mexique, un universitaire, Fernando Gonzalez, chercheur titulaire de l'Institut d'Investigation Sociales de l'Université Nationale Autonome de Mexico, est en train de travailler sur l'histoire du père Maciel. Comme beaucoup d'autres journalistes l'ayant précédé, cet universitaire reconnu s'est heurté dans son enquête à l'hermétisme maladif de la Légion du Christ. Son enquête piétine, et manque terriblement de sources... Ils s'adressent alors à lui, et lui remettent les extraits principaux des documents provenant des Archives Secrètes du Vatican.
(...)
Les cinq évêques choisis pour la Visite sont apparemment dans la ligne conservatrice de l'Eglise, et plutôt favorables à la Légion. La méthode de travail est simple: faire le tour des communautés légionnaires. L'un des Visiteurs, Mgr Watti Urquidi, se voit confier la tâche de rencontrer et d'écouter les victimes du père Maciel.
Cette méthode de travail n'avait bien évidemment aucun sens... mais après tout, pourquoi se donner du mal, puisque les conclusions de la Visite avaient déjà été décidées? Les Visiteurs ne sont pas allés pour enquêter, mais pour rassurer et encourager. Jamais ils ne se sont vraiment inquiétés sérieusement des dérives de la Légion, puisqu'il était assumé, dès le départ, que la Légion était une oeuvre de Dieu. Un légionnaire italien, sorti de la congrégation juste après le début de la Visite Apostolique, m'a avoué que le Visiteur Apostolique qu'il avait rencontré avait essayé de le dissuader de sortir, en lui disant: « Nous allons avoir besoin de vous pour reconstruire la Légion! Il ne faut pas quitter le navire! ». Quant à Mgr Blazquez, qui s'est occupé de la visite en France, il n'a simplement pas pris le soin de me contacter, comme je lui avais demandé (Je lui avais également envoyé une liste d'une dizaine de personnes qui désiraient le rencontrer, et il n'en a rencontré aucune!). Il s'est rendu à l'Ecole Apostolique, et a expliqué aux élèves que l'Eglise voulait sauver la Légion, qu'elle reconnaissait son charisme, etc, etc.
Choisir de rencontrer exclusivement les Légionnaires était une erreur grossière. N'importe quel spécialiste sur les problèmes de dérives sectaires leur aurait dit qu'une telle méthode n'avait aucun sens: interroger des personnes sous emprise, cela ne sert à rien, car une personne "sous emprise" a un besoin compulsif, forgé par des années de lavage de cerveau, de protéger son groupe. Cette erreur serait presque pardonnable... si ce n'était pas la même erreur qui avait été commise, cinquante ans plus tôt, lors de la première visite apostolique. Et cela, ils ne pouvaient pas l'ignorer: toutes les victimes de Maciel avaient menti sous serment, pour protéger le père Maciel et la Légion!
Une terrible vérité, Xavier Léger le 21 mars 2012
Il faut prendre le temps de lire l’article qui détaille l’ensemble des petites et grandes manœuvres autour de la Légion.
Les accusations sont graves, mais sont sans aucun doute à la hauteur des enjeux et des souffrances traversées.
Que Benoît XVI se retrouve bien dans le profil général des Légionnaires, c’est possible. Qu’il soit très sensible à la pépinière de vocations sacerdotales c’est certain. J’ai plus de doutes sur son goût pour les complots et sur son indulgence à l’égard de la pédophilie. Mais peut être suis-je naïf ?
Ce n’est pas un pape politique. C’est un théologien, un catéchète, un spirituel. Depuis le temps, il n’ignore rien des dérives de quelques cardinaux. Mais son pontificat ne sera pas celui d’une grande réorganisation de la Curie dont une partie organise un blocage des réformes en cours.
Je pense néanmoins qu’il n’est pas le seul maître à bord et qu’il doit aussi composer. Après je ne suis pas dans sa tête ni dans les couloirs du Vatican.
Mais aujourd’hui le dossier des Légionnaires est aussi celui des Papes. Aujourd’hui car plane le doute d’un silence complice de la part du Cardinal Ratzinger durant ses responsabilités à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la volonté réelle de Benoît XVI de réformer en profondeur les statuts des Légionnaires.
Demain car si aucune réforme n’est faite au sein de la Légion du Christ, l’Eglise prend le risque de réenclencher une bombe à retardement. Qui inévitablement va finir par exploser.
Notes
[1] Éditions Grijalbo-Random House-Mondadori
[2] Si cela s’avère possible tant l’emprise du Père fondateur reste encore aujourd’hui présente
[3] Regard positif porté sur les autres, respect et grand devoir de discrétion qui se transforme parfois en interdiction de toutes critiques et culte du secret


10 réactions
1 De armel h - 30/03/2012, 23:51
Naïf, non, je ne pense pas : à lire l'article vers lequel vous renvoyez, on voit que l'auteur mêle et confond allègrement les faits et ses propres suppositions, voire son imagination, des enquêtes sérieuses et des bruits de couloir, le tout fortement teinté d'esprit romanesque (références appuyées aux "Archives Secrètes", aux complots,...)
Ce qu'il imagine des intentions de Benoît XVI sont chaque fois affirmées comme des faits avérés, alors qu'il s'agit de son propre sentiment.
De plus, il y a une certaine incohérence de sa part à rappeler comment les membres de la Légion du Christ étaient capables de se mentir à eux-mêmes, de se réinventer une réalité favorable à leur œuvre, au mépris des faits,
et ensuite à citer comme des faits probants et des sources sûres les propos rapportés de tel ou tel de ses membres pour démontrer la "soumission" du cardinal Ratzinger à cette communauté.
Incohérence aussi à rappeler les luttes de pouvoir et d'influence entre prélats, et juste après prendre pour argent comptant la version des faits de prélats du Vatican dont on devrait au moins supposer, si on veut être cohérent et impartial, qu'ils peuvent très bien essayer de se faire mousser et se mettre en scène en présentant une version subtilement altérée des faits, jetant la suspicion sur le pape et leur apportant une gloire de résistants.
Si on insiste sur les luttes politiques au sein du Vatican, alors toutes les sources au Vatican doivent être considérées avec prudence.
On rappellera que, si j'ai bien suivi, celui dont vous citez là l'article, est justement passé par les Légionnaires du Christ.
Ceci explique sans doute sa volonté de voir détruite à tout prix cette communauté, entièrement et de fond en comble.
Mais n'y aurait-il pas là l'explication des travers constatés dans son discours :
mélange involontaire de la réalité et du fantasme, préférence particulière pour les théories faisant intervenir des complots, volonté de faire coller les faits au sentiment qu'on en a, jusqu'à sélectionner des faits ou des sources sans discernement,...
...finalement un peu tout ce qu'on reproche aux responsables et à beaucoup de membres de ce mouvement.
Pas de naïveté de votre part pour le moment, donc, si vous ne croyez pas trop au pape pervers comploteur qui couvre volontairement des criminels en toute connaissance de cause.
(mais il semble tristement logique qu'une personne qui a vu ainsi s'écrouler ses certitudes et trahir sa confiance se mette à supposer chez tout responsable de l'église une volonté perverse)
2 De Pat - 31/03/2012, 15:22
Il faut faire attention pour ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain en créant d’autres souffrances chez des personnes honnêtes attaché à cette communauté et qui lui ont donné leur vie .
En réalité chacun est dans son rôle vous êtes dans votre rôle en dénonçant ce qui est mauvais, ce qui ne marche pas, les lenteurs, … les légionnaires sont aussi dans leur rôle en essayant de préserver ce qui reste de cette famille à qu’ils ont donné leur vie face aux personnes persuadé qu’il faudrait tout simplement la supprimer .Le Pape et la curie sont aussi dans leur rôle en faisant en sorte de trouver une solution médiane qui préservera cette communauté tout en la purifiant. Il est donc quasiment impossible qu’ils satisfassent tout le monde mais je leur fait confiance .
3 De Sophie - 31/03/2012, 18:54
@ Pat
Si j'ai bien compris, c'est à cause de ce genre de raisonnements que les déviances n'ont jamais été traitées à la Légion. Les jugements hâtifs et superficiels, basés uniquement sur le fait que les légionnaires sont tout sourires ne suffisent pas.
S'il y a vraiment un phénomène d'emprise, il y a de forte chances pour que ces pauvres légionnaires aient développé une dissonance cognitive, qui les rend incapables d'exprimer leur propres souffrances.
Je connais un ancien légionnaire qui a mis des années avant de se reconstruire. Ce qu'il raconte des manipulations mentales auxquelles sont soumis les religieux de cette congrégation en permanence est effrayant. Quelle honte qu'une chose comme ça continue dans l'Eglise, qui devrait protéger ses enfants!
C'est étonnant que le Vatican ne voient pas cela.
4 De Sophie - 31/03/2012, 19:34
@ Armel
Je suis horrifiée par votre message et vos insinuations. Qu'est-ce qui vous dit que l'auteur du blog EXLCBLOG n'est pas en train d'accomplir simplement son devoir de conscience? De quel droit vous permettez-vous de faire des procès d'intention aussi violent? Etes vous Dieu pour scruter les coeurs et les reins?
Heureusement qu'il y a des gens qui osent rompre le silence.
Imaginez un instant qu'il dise effectivement la vérité... N'avons nous pas été suffisamment échaudés par les découvertes sur le père Martial? Et si c'était lui et les autres victimes mexicaines, les véritables prophètes criant dans le désert? Allons nous encore une fois rester sourds et aveugles?
5 De Michel - 31/03/2012, 21:31
Armel et Pat,
vos deux commentaires reprennent à quelques mots prêt ce qui a constitué l'essentiel de la stratégie de défense de la Légion pendant une soixantaine d'années.
Prêter des mauvaises intentions aux contradicteurs, essayer de faire passer les critiques pour de la calomnie, jouer aux malheureuses victimes...
On pourrait peut-être changer un peu le refrain, non? ça commence à devenir lassant cette mauvaise foi.
6 De Gershom leibowicz - 03/04/2012, 22:37
Du bon usage de la raison d'église(version cléricale de la raison d'état). L'église est une institution donc soumise aux règles communes à tout système d'influence et de pouvoir. Ces règles impliquent , que le système n'a jamais tort, parce qu'il doit assurer à tout prix sa pérennité et sa légitimité. Lorsque les fautes et dysfonctionnements ( cf légionnaires du christ, pédophilie du clergé etc...) ne peuvent plus être étouffées alors il convient de faire porter la responsabilité à un nombre le plus restreint possible de coupables qui servent de bouc émissaires protégeant ainsi le plus grand nombre qui partagent eux aussi à divers degrés la responsabilité de la faute. C'est la vieille et immuable règle énoncé par le grand prêtre au procès du Christ: il vaut mieux qu'un seul homme meurt pour tout le peuple. Le pape , chef de cette institution ne méconnait pas le fonctionnement du système et en est donc l'instrument.Mais la finalité de l'église n'étant pas l'ordre public , elle ne fonctionne pas uniquement en fonction de la raison d'Etat et du cynisme que cela implique ,elle se souvient aussi qu'elle est porteuse du message de l'Evangile, ce qui explique aussi la volonté de benoit XVI de ne pas laisser se développer au sein de l'église des pratiques aux antipodes des valeurs évangéliques.C'est cette antinomie entre le rôle de chef et de pasteur qui explique sans doute l'ambiguité de la posture du pape( un tel grand écart à un âge si avancé n'est pas sans danger) Comme le disait Clémenceau à propos de sa fonction de ministre de l'intérieur: c'est un sale boulot mais on n'est pas forcé de la faire salement.C'est sans doute parce qu'il tente de faire proprement un sale boulot que Benoit XVI , se voit contraint d'adopter une posture aussi ambigue.
7 De Pierre Jovanovic - 04/04/2012, 11:33
Je suis très déçu par cette évolution accusatoire du blog de Xavier Léger. Membre du Regnum Christi, je m'étais éloigné de la Légion du Christ, dont le culte du fondateur et la logique interne (la citadelle assiégée, et la sainteté par la force du poignet, pour résumer) me troublaient profondément, malgré la ferveur et les fruits visibles qu'on pouvait et qu'on peut encore y trouver.
J'avais accueilli comme une délivrance la gestion par le Saint-Père des horribles scandales de Marcial Maciel, et avais beaucoup appris du blog utile et très documenté de Xavier Léger, pour lequel j'ai laissé un témoignage anonyme.
La vérité rend libre. Il faut la dire, mais ce que je lis s'apparente à un procès d'intention gratuit, une sorte de supplication et d'ultimatum devant une situation effectivement bloquée (les structures de la Légion sont toujours en place. Or, pour beaucoup, c'est cela qu'il faut réformer, voire dissoudre).
Accuser le cardinal Ratzinger de complicité dans la dissimulation des horreurs de Maciel et ses sbires est trop incohérent pour être crédible. Que le futur pape Benoît XVI ait poussé des cris d'admiration devant l'image lisse et "tradie" de la Légion, cela ne fait aucun doute. Mais lorsque les réalités se sont progressivement distillées, il s'est résolument opposé au noyautage par la Légion de la Curie à la fin du règne de Jean-Paul II.
Benoît XVI n'aurait pas mis en quarantaine Maciel, ordonné une enquête et porté une affaire que beaucoup savaient et qui aurait pu rester dissimulée à la face du monde s'il eût voulu étouffer l'affaire. Qu'il soit isolé entre les acteurs de la Curie, soucieux de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain et très peu partisan du "grand déballage" public est évidemment possible, mais cela n'en fait pas un complice des bourreaux.
Pour ma part, et pour avoir vécu l'affaire de manière très personnelle "en interne", je l'ai vu comme un sauveur.
8 De armel h - 28/04/2012, 15:49
@Sophie et Michel
Il me semble que vous m'avez mal compris, mais peut-être me suis-je mal fait comprendre :
. je ne mets pas en cause la sincérité de l'auteur quand il rapporte ses propres expérience, ses propres blessures ;
. ni quand il rapporte celles d'autres qui se sont confiés à lui ;
. je ne remets pas en cause la validité de son propos quand il pointe les aveuglements, les erreurs, y compris encore maintenant, de membres de cette institution ;
. par contre, je souligne le fait qu'à tout ce travail légitime et honnête, il mêle des accusations contre Benoît XVI... qui elles, quand on prend le temps de relire son propos, ne sont fondées sur rien.
Je ne lui ai donc pas reproché de rompre le silence (vos reproches, Marie, ne sont donc pas justifiés), mais de mêler à ses accusations et descriptions des accusations sans fondement - mais aisément réutilisées, à son corps défendant, à des fins politiques ; ce qu'on appelle de la calomnie.
Je ne lui fait pas non plus de procès d'intention puisque je suis persuadé qu'il est sincère. Mais on peut être sincère et manquer de discernement, avoir de bonnes intentions et se planter.
Et ce n'est pas là une reprise des propos qui avaient permis à tout ce mal de se développer, puisqu'à l'époque ce qui a permis à ce mal de se développer, c'était de le nier, tout simplement, en disant que tout allait bien. Il ne me semble pas avoir tenu ce genre de propos.
Je veux bien me dire que mon premier message n'était pas clair, mais c'est fou comme ceux qui veulent à tout prix tout faire retomber sur le pape, ont souvent cette tendance à comprendre de travers ce qu'on écrit et à s'indigner un peu vite sur ce qu'ils ont cru lire.
Si vous vous indignez tant qu'on puisse prétendre connaître les intentions d'autrui, ce que je n'ai jamais prétendu puisque je me prononce sur le contenu et non sur l'intention, vous auriez dû, alors, être plus qu'indignés par l'article en question, qui fait un procès d'intention au pape, sans pouvoir le justifier.
Au reste, Pierre Jovanovic, ci-dessus, exprime cela bien mieux que je ne saurais le faire.
9 De Philippe L. - 08/05/2012, 09:03
J'ai lu avec attention l'article d'EXLCBLOG. Je l'ai trouvé très objectif, mesuré, profond. Il me semble que dans l'Eglise, il y a un certain nombre de fidèles qui ont pris l'habitude de faire les questions et les réponses, de refuser "a priori" de se confronter à la vérité en jouant la carte du déni systématique: "Je ne veux pas que ce soit vrai, donc ce n'est pas vrai".
Quand on est à court d'arguments, devant des preuves aussi accablantes, il ne nous reste qu'à accuser de partialité, d'approximation et d'amalgame ceux qui nous accusent...
Les éléments apportés dans l'argumentation de Xavier Léger m'éclairent, parce qu'elles complètent et expliquent beaucoup de choses que je constate aujourd'hui dans le fonctionnement de l'Eglise. Cela corrobore beaucoup de choses. J'irais même plus loin: il me semble que Benoît XVI est tombé depuis quelques années dans une sorte de paranoïa, ce qui le conduit à prendre tout un tas de décisions compulsives, irréfléchies, et sans beaucoup de concertations. Tout cela est bien triste.
10 De Andrea - 18/05/2012, 16:48
L'absence de liberté de discernement et l'interdiction de toutes critiques sont un problème beaucoup plus vaste qui concerne toute l'Église catholique et non uniquement les légionnaires. Voyez le décret papal (Motu Proprio) Ad Tuendam Fidem du 18 mai 1998, qui exige la « soumission (...) de l'intelligence ».