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Ces intégristes sont-ils représentatifs d’une certaine sensibilité au sein du monde catholique français ou sont-ils un groupe ultra-minoritaire ?
(...) Cela signifie que de plus en plus de gens se désintéressent simplement de la religion. C’est ce que ne supportent pas les intégristes, qui ont l’impression qu’il y a un effondrement de la France chrétienne, de la France de Clovis, de Louis XIII qui consacrait la France à la Vierge Marie, et vivent dans la nostalgie de cette France "éternellement catholique". Devant cette majorité de Français qui désormais n’est plus catholique et encore moins pratiquante, les intégristes ont un espèce de sursaut assez violent et assez désespéré.
Les intégristes catholiques français sont-ils donc, à terme, voués à disparaître ?
La France a été l’une des terres où l’implantation du christianisme en général, du catholicisme en particulier, a été la plus forte, pendant près de quinze siècles. Cela laisse donc des traces profondes, et il existera toujours des nostalgiques de cette longue période où le pouvoir religieux et le pouvoir politique étaient étroitement liés et où la culture de tout un peuple était chrétienne. Il subsiste encore aujourd’hui quelques dizaine de milliers de familles chrétiennes qui sont très attachées à cette histoire, au passé "glorieux" de la France chrétienne, et qui ne parviennent pas à faire leur deuil de ce passé. Le fait est que nous sommes aujourd’hui dans une société qui devient majoritairement agnostique ou athée, avec un pluralisme religieux dans lequel le christianisme devient une religion comme les autres, avec en parallèle une progression de l’islam, et tout ça est insupportable aux yeux des intégristes catholiques.
Il n'y a pas plus de Christianophobie aujourd'hui qu'il y en avait il y a 20 ans, Frédéric Lenoir, Le Monde des Religions, 18 nov. 2011

























Commentaires
Ah oui quand même ...
Il est évident que le catholicisme a profondément marqué l'histoire française. Merci pour la porte enfoncée.
En tant que "laïc de culture catholique" je suis donc à mon insu le cheval de Troie des intégristes de tout poil qui veulent rebrûler Jeanne d'Arc et qui viennent jusque dans nos bras etc etc ...
On ne pourra jamais totalement éradiquer ce type de comportement. On doit juste veiller à les laisser à la marge. Une veille sanitaire en quelque sorte.
Oui, enfin, c'est Frédéric Lenoir, aussi.
(on pourrait aussi interviewer Florent Pagny sur la géopolitique et la diplomatie au Moyen-Orient)
@armel : vous avez déjà lu un livre de Frédéric Lenoir ? Parce que moi oui. Et aussi entendu souvent à la radio et dans des émissions. Libre d'être d'accord ou non avec ses analyses, sauf qu'il sait très bien de quoi il parle.
Ce qui dérange c'est qu'il hors cadre, en dehors de l'institution, donc il a une grande liberté de parole, il est donc plus facile de dire ou de laisser croire qu'il est expert en généralité, ce qui est loin, très loin d'être le cas.
@Marc
Je lis les éditos de Frédéric Lenoir. Je lis les interviews de Frédéric Lenoir. Frédéric Lenoir est rédacteur en chef du "Monde des religions", et il m'arrive de lire le "Monde des religions". J'ai même chez moi un numéro spécial "la femme dans les religions", que je parcours les jours de déprime quand j'ai envie de rigoler un peu.
Donc, pour vous répondre, et au risque de vous décevoir : oui, j'ai lu, oui, je sais de quoi je parle ; et, de fait, c'est étrange, je constate, de mon côté, qu'il ne sait pas de quoi il parle. Qu'il a une fâcheuse tendance à laisser tomber l'étude et l'analyse au profit de l'émotion, de l'impression, et de la mode (la mode dans le domaine des idées) (sans mauvaise intention ni calcul opportuniste de sa part, ça j'en suis réellement convaincu). Et qu'il effleure ses sujets sans jamais se fatiguer à les approfondir ni même à les étudier (ce qui peut être bien, ça, pour aborder un sujet, de l'étudier un peu avant).
Par contre, c'est vrai : expert en généralité, c'est effectivement loin, très loin d'être le cas,
puisque, de fait, même en généralités il n'est pas vraiment expert.
Je vois que vous tentez d'emblée de miner le terrain et de couper court : il "a une grande liberté de parole", il "dérange", il est "hors de l'institution" : façon de prévenir que celui qui ose le critiquer ne peut être qu'un esprit étriqué soumis aux institutions.
Sauf que, le savoir et la réflexion rendent beaucoup plus libre que l'esprit léger, la mode, et l'émotion. Enfin, je crois.
Et, s'il faut jouer là-dessus, je ne suis pas plus de l'institution que lui, n'étant ni prêtre, ni cardinal, ni pape.
De fait, aussi, je suis désolé de vous décevoir, mais il ne me dérange pas ; où ai-je dit qu'il me dérangeait ?? J'ai comme l'impression que vous avez surinterprété mon propos sur ce point.
Non, il ne me dérange pas ; je constate, simplement, que la plupart du temps il aligne les lieux communs, qu'il propose des thèses et des idées les plus dans l'air du temps, une spiritualité dans l'air du temps, des propos dans l'air du temps, une façon de voir dans l'air du temps, (ce qui fait beaucoup d'incongruités de la part d'un esprit "libre" "hors de l'institution")
et qu'il n'a même pas pris la peine d'étudier les sujets qu'il aborde.
Cela, je l'ai constaté. Simplement constaté en le lisant. Il manque cruellement de sérieux, c'est un fait.
Maintenant, prenant acte de votre réaction, et de vos éloges à son sujet, de deux choses l'une :
. soit nous ne parlons pas de la même personne ;
. soit je dois suspecter que vous avez, sur ces sujets, le même sérieux dans l'analyse et la réflexion que ce monsieur
...contre qui je n'ai rien de personnel, je suis sûr qu'il peut être très sympathique, qu'il ne veut de mal à personne, et qu'il pèche surtout par manque de rigueur, par facilité.
Mais, bon, de fait, interroger Frédéric Lenoir sur la religion catholique, c'est un peu comme demander à Yannick Noah son analyse de la situation géopolitique et diplomatique au Moyen-Orient.
(oui, bon, Florent Pagny, Yannick Noah... pour le parallèle on dira que ça revient au même ; personnages eux aussi certainement ni méchants ni dérangeants, vous remarquerez, c'est fait exprès.)
@armel h : oui je sur-interprète effectivement.... c'est mal je sais.... c'est juste que ce n'est pas la première fois que j'entends des personnes dénigrer Frédéric Lenoir, parfois aussi par jalousie de sa réussite littéraire et pour cette capacité à "vendre" plus de livres sur Jésus que la plupart des Évêques réunis.
Oui je vous l'accorde bien volontiers, il n'est pas toujours d'une rigueur universitaire totale, la preuve avec le livre réponse de Bernard Sesboüé à la suite de son livre sur le Christ Philosophe, qui pointe toutes les erreurs.
Cependant, accordons lui néanmoins une très bonne connaissance des religions et en particulier de l'Eglise Catholique, en tout cas largement au dessus de la moyenne de la plupart des journalistes (bon y'a pas bcp de mal cependant...)
Moi il m'intéresse beaucoup, justement parce qu'il arrive à rejoindre le grand public sur des sujets qui d'habitude ne passionnent pas : le Christ Philosophe par exemple, c'est pas vraiment un titre très vendeur.
Et pourtant cela marche alors que ce qu'il propose n'est pas vraiment un exemple de facilité, même si il se dégage de la rigueur scientifique pour être plus libre (enfin là aussi je sur-interprète...)
Hm.
"il n'est pas toujours d'une rigueur universitaire totale" est un bel euphémisme. Et assez drôle, quand on y pense.
Alors, non, ne lui accordons pas "une très bonne connaissance des religions et en particulier de l'Eglise Catholique", puisque - je le redis -, je constate, concrètement, de visu, dans les textes qu'il écrit et dans ce qu'il publie, une grande et abyssale méconnaissance de la religion catholique, de la foi catholique, et de l'église catholique (excusez du peu).
(et de l'Histoire, et des Évangiles, ce qui est un peu gênant quand on veut analyser l'évolution, au cours de l'Histoire, d'une religion fondée sur le témoignage des évangiles)
Encore une fois, je ne vois pas où vous lui voyez cette "grande connaissance" ??? Cela me laisse réellement perplexe.
Ce qu'il propose, est vraiment un exemple de facilité, du moins tout ce que j'ai lu sous sa plume jusqu'à présent.
Quant à intéresser le public, je ne vois pas non plus, mais alors pas du tout, ce qu'il y a d'étonnant ou de formidable : le Christ "philosophe", gentil, maître à penser, zen, sympa, hors de (voire contre) toute institution, de toute règle, de toute réflexion, de toute remise en question de soi-même et de ses propres certitudes,
une religion sans vérités gênantes, toute fondée sur le sentiment et les émotions personnelles,
vous vous demandez vraiment comment c'est possible d'intéresser beaucoup de monde avec ce thème ?
À ce compte-là, il faut s'émerveiller que Convard intéresse beaucoup de lecteurs à l'Histoire et à l'Église, alors.
Le principe même de sa démarche nécessite qu'il "se dégage de la rigueur scientifique" : sinon, il ne pourrait rien écrire de ce qu'il écrit.
Je ne vois pas comment voir là un motif d'admiration : un auteur rejette toute démarche rationnelle, sensée, réfléchie, tout travail long d'étude, d'apprentissage, d'analyse et de réflexion,
pour être moins encombré (ce que vous appelez "plus libre" ?) de faits et d'exigence de rigueur, et pouvoir écrire ce qui lui passe par la tête comme s'il s'agissait de vérités mûrement réfléchies : somme toute, c'est assez commun, comme attitude.
C'est comme si vous vantiez les mérites du "Nom de la Rose" en matière de reconstitution historique, à un fervent lecteur de Régine Pernoud ou Rémi Brague.