Il y a un peu plus d’un an le Cardinal André Vingt-Trois avait invité le rabbin Krygier dans le cadre des conférences de Carême. Profitant de l’occasion, les intégristes catholiques de Civitas avaient tenté d’interrompre son intervention en invitant le public à la récitation d'un chapelet « en réparation pour l'outrage » puis en manifestant publiquement leur désaccord en tentant d'accrocher une banderole « Notre Dame n'est pas une synagogue ».
Quelques jours plus tard, le rabbin Krygier avait eu ses mots qui prennent aujourd’hui tout leur sens :
« Le concile a été une vraie révolution : c'est la première fois dans l'histoire qu'une religion accepte de revoir ses fondamentaux pour abandonner tout triomphalisme et reconnaître une place à l'autre. Ce travail est tellement vital que laisser la place à ceux qui veulent le briser n'est acceptable en aucune façon », souligne-t-il, affirmant garder « toute sa confiance dans ce dialogue et dans les personnes qui l'incarnent, notamment en France ». « Mais il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers, et croire que la partie est gagnée ».
Le rabbin Krygier appelle les défenseurs du dialogue à ne pas «s'endormir», La Croix, 22 mars 2010, Anne-Bénédicte HOFFNER
Depuis cet événement, le Vatican a mis fin aux discussions avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) en lui remettant une proposition écrite permettant d’envisager une réintégration au sein de l’Eglise Catholique.
C’est la suite logique de la levée de l’excommunication de 2009 et le sens même d’une partie du pontificat de Benoît XVI : mettre fin au schisme provoqué par Mgr Marcel Lefevbre.
La balle est dorénavant dans le camp des intégristes. Pour le non initié, tout cela est assez incompréhensible. Se rajoute à cela le fait que personne ne connaît exactement la teneur du document. La FSSPX doit-elle reconnaitre le Concile Vatican II intégralement ou va-t-elle bénéficier d’un droit de critique ? Quelle va être la forme de la structure accueillante ? Une prélature personnelle ? Un ordinariat ?
Technicité des questions mais peut être aussi débat secondaire. Et si tout cela n’était qu’un épais manteau de fumé destiné à cacher les vrais enjeux d’une impossible réconciliation ?
Car la plupart des analyses restent très théoriques. On y parle d’adhésion à un socle commun de la Foi mais sans jamais rentrer dans le détail, comme si la Foi pouvait se résumer à quelques mots totalement désincarnés. Or c’est tout le contraire : l’enjeu de la Foi, ce qui la rend palpitante c’est qu’elle ne repose pas sur une voix qui dicterait du ciel un catalogue de bonnes conduites. La Foi c’est l’Incarnation. C’est un Dieu pleinement homme qui entraîne à sa suite des disciples à faire l’unité entre paroles et actes au service du prochain.
C’est au nom de cette unité et avec le renfort improbable de la parabole du Fils prodigue que l’on essaye de nous vendre ce rapprochement comme une chance pour l’Eglise que nous devons accepter dans une démarche filiale d’obéissance. Avec l’idée qu’une signature en bas d’un papier va pouvoir comme par miracle apaiser les haines et garantir une unité.
L’expérience de la réintégration de quelques disciples de Mgr Lefevbre, dont l’abbé Laguérie, devrait sans doute appeler à la prudence. Car 5 ans après la création de l’institut du Bon Pasteur, entre l’émission « Les Infiltrés » qui a mis à jour les liens entre l’Institut du Bon Pasteur et le contenu révisionniste des programmes scolaires de son école ou le médiatique baptême du fils de Dieudonné avec comme parrain Jean-Marie Le Pen, ce n’est pas le mot unité qui vient immédiatement à l’esprit. Antisémitisme et révisionnisme semblent plus naturels.
Le Cardinal Ricard ainsi que le conseil presbytéral dénoncèrent il y a seulement un an le double langage et les liens avec l'idéologie d’extrême-droite.
Conséquence, aucun Evêque de France n’a fait appel à lui spontanément.
Il faut reconnaître que le passé de l’abbé ne plaide pas vraiment pour lui. Membre de la FSSPX et à ce titre prêtre de Saint Nicolas du Chardonnet durant 14 ans, sa proximité avec l’extrême-droite est notoire. Obsèques de Paul Touvier, des époux Stirbois, messe à la mémoire du négationniste Maurice Bardèche , du Général Franco,… la liste est encore longue, très longue,...
Il faudrait donc peut être s’interroger sérieusement 5 minutes pour savoir quelle unité nous recherchons. Car s’il y a une unité, et même une continuité que la FSSPX respecte scrupuleusement c’est bien l’amalgame entre la propagande d’extrême-droite et l’annonce de l’Evangile.
Tout d’abord réaffirmons haut et fort une certitude : non Joseph Ratzinger n’est pas antisémite ou révisionniste. Il vient d'ailleurs de réaffirmer lors de son voyage en Allemagne que nul ne peut renoncer au dialogue avec les juifs. En revanche, si l’accord se fait, Benoît XVI va devoir assumer l’intégration d’un groupe dont le background politique est sans équivoque. Lui, ainsi que les Evêques et l’ensemble du monde catholique. Non les fidèles de la FSSPX ne sont pas tous des royalistes lisant après la prière du soir quelques pages de Mein Kampf en rêvant de chemises noirs. En revanche, la présence de nombreuses déclarations antisémites et racistes au sein du mouvement sans aucune réaction des responsables est un fait.
Car il s’agit aujourd’hui de faire revenir dans le giron de l’Eglise des hommes dont l’antisémitisme, la fascination pour l’ordre et les régimes fascistes semblent bien peu compatibles avec le message de l’Evangile. Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas simplement d’un débat interne à l’église. C’est aussi toute la relation entre l’Eglise, les autres religions et la société qui risque de changer.
Et ça, étrangement, les blogs et journalistes qui soutiennent très activement cette démarche de réconciliation n’en parlent jamais. Anosognosie ? Sans doute. Convergences d’opinions ? A chacun de prendre position.
On retrouve aussi l’argument qui veut que l’on sépare le spirituel du temporel. Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo. Il n’y aurait donc pas lieu dans cette démarche de réconciliation de parler de politique puisque les enjeux sont essentiellement théologiques. Ce fut l’erreur de Benoît XVI en 2009 lorsque le monde découvrit que la levée de l’excommunication concernait un Evêque révisionniste. Car au sein de la FSSPX l’un et l’autre sont inextricablement liés depuis les origines du mouvement.
Difficile donc d’ignorer cette dimension politique quand on la retrouve disséminé depuis plus de 20 ans dans des dizaines de textes des responsables de cette grande nébuleuse qu’est la FSSPX.
Si nous ne voulons pas revivre la crise de 2009, perseverare diabolicum, en cent fois pire, nous ne pouvons pas ignorer cette dimension politique dans le cadre d’une possible réintégration. La question n’est donc pas tant théologique que culturelle et politique : comment est-il possible de pouvoir réaliser l’unité entre le message de l’évangile, de Zaché à la femme adultère, et la doctrine politique de la FSSPX ?
Là aussi, toute l’astuce consiste à nous faire croire qu’il ne s’agit que de quelques dérapages isolés, le plus connu étant la négation de la déportation par Mgr Williamson en 2009.
Sauf que la répétition des discours négationnistes et antisémites permet assez légitimement d’émettre quelques doutes.
Dans le cas par exemple de Mgr Williamson, on va tenter de s’appuyer sur le fait que Mgr Fellay lui a par la suite demandé le silence. Mais au final il ne s’agit que d’un exercice d’équilibriste. La lettre de Mgr Fellay à Benoît XVI ne remet pas en cause le révisionnisme, il regrette simplement les déclarations car la Fraternité n’a “pas l'autorité pour juger des questions historiques”. Mais jamais Mgr Williamson n’est revenu sur ses propos. Ce que regrettera publiquement le Cardinal Barbarin, considérant ses excuses comme “tout à fait insuffisantes”. Difficile de faire autrement quand on est comme lui autant engagé dans le dialogue inter-religieux. Ce que la Fraternité lui reproche régulièrement.[1]
Bien évidemment il est possible de suivre les théories qui veulent que Mgr Williamson, étant plus proche de la branche sédévacantiste de la FSSPX, a sciemment cherché à faire capoter les négociations avec le Vatican[2] en niant le génocide. Il ne s’agirait alors qu’un geste de provocation. Pourquoi pas ?
Sauf que depuis 1990, Mgr Williamson est l’auteur de plusieurs textes, publiés sur le site et dans les journaux officiels de la Fraternité, sans que cela n’ait jamais entrainé une seule réaction de la part des responsables de la FSSPX. Voici quelques extraits [3] pas tant pour étayer mes propos mais pour que chacun puisse prendre le temps de réfléchir à la réalité des affirmations et à l’obstacle qu’ils représentent à l’unité avec l’Evangile. D'ou l'importance de lire directement dans le texte.
God puts in men's hands the “Protocols of the Sages of Sion” and the “Rakovsky Interview”, if men want to know the truth, but few do.
Dieu a mis les Protocoles des Sages de Sion et les propos de Rakovsky entre les mains des hommes qui voudraient connaître la vérité, mais peu sont dans ce cas.
Lettre au Bienfaiteur, Notre-Dame de Fatima, mai 2000
Dans ce texte totalement délirant, dans lequel il présente Hitler comme un libérateur, Mgr Williamson fait notamment référence au « Protocoles des Sages de Sion ». Pour savoir de quoi il s’agit, il est nécessaire d’être un minimum familier des lectures des cercles néo-nazis.
Les Protocoles des Sages de Sion est un faux qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les Juifs et les francs-maçons. Ce violent pamphlet fut fabriqué à la demande de l'Okhrana (la police secrète tsariste) et destiné à Nicolas II de Russie. Pourtant, l'empereur refusa d'en faire un instrument de propagande, ayant rapidement découvert la supercherie et estimant que ce texte décrédibiliserait son combat. Ce texte voulait faire croire qu'il existait un programme mis au point par un conseil de sages juifs afin d'anéantir la chrétienté et de dominer le monde. (…)
Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf pour faire croire au « complot juif » et en fit une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich. Aujourd'hui, ce livre est devenu tout à la fois une figure emblématique de l'antisémitisme et de la falsification.
Wikipédia, Protocoles des Sages de Sion

Simple erreur de Mgr Williamson qui se serait laissé abuser ? Si seulement. Interrogé par Anna Arco pour le Catholic Herald en 2008 [4] il confirmera qu’il pense ce texte comme une preuve authentique de la volonté des juifs de dominer le monde.
Mais c’est sans doute la réponse du Père Arnaud Sélégny, secrétaire général de la FSSPX qui est la plus intéressante : interrogé à son tour il considère que La Fraternité n'avait pas de position politique concernant les Protocoles des Sages de Sion et qu'elle « n’a ni le devoir ni la capacité particulière de se prononcer » sur l’authenticité du document.
On appréciera l’exercice de rhétorique, qui est d’ailleurs du même ordre que la réponse de Mgr Fellay suite à la négation de l’Holocauste en 2009.
Dernier exemple pour en finir avec Mgr Williamson avec cette magnifique sortie dans le numéro de mai 1997 d’une revue intégriste catholique australienne, dans un article sur « Les Juifs dans les temps futurs ». Voici l’exposé de sa doctrine :
« Leurs graves défauts les ont rendus odieux aux nations parmi lesquelles ils étaient établis. Tout cela nous conduit à penser que les Juifs sont les artisans les plus actifs de la venue de l’Anté-Christ. »
Ce qu’il faut bien garder en tête, c’est que les quelques exemples reproduits ici ne sont qu’une minuscule partie de l’iceberg. Il ne s’agit pas d’interviews dans des médias « hostiles », il n’y a pas de piège ou de complot, il s’agit des médias officiels de la FSSPX. Ce sont donc des écrits qui ont reçu l’aval, sinon la bénédiction des responsables.
Il a fallu les projecteurs des médias du monde entier pour que Mgr Fellay soit contraint de réagir. Un peu.
Et donc durant toutes ces années qui ne dit mot consent ? Normalement oui, sauf que si on gratte un peu, on s’aperçoit vite que la plupart des responsables de la FSSPX, pour ne pas dire tous, ont à leur actif de nombreuses déclarations tout aussi condamnables.
Ici aussi nous n’allons pas faire une liste à la Prévert car il serait possible de faire un blog à lui seul, malgré le soin de la FSSPX a effacer peu à peu les textes « gênants » disponibles sur leurs nombreux sites internets.[5]Voici donc simplement quelques exemples.
L’Abbé Paul Aulagnier qui nous explique « Je suis content d’être à Bruxelles, moi qui déteste la république et qui hais la démocratie »
Il faut dire que la démocratie n’est vraiment pas du goût de la Fraternité : « Il apparaît qu'il existe une incompatibilité fondamentale entre le chrétien et la démocratie. » nous explique l’Abbé Guillaume de Tanoüarn dans un numéro de Certitudes [6] consacré à l’Action Française. Ce qui pose problème quand on sait que depuis 1944 l’Eglise reconnaît [7] la démocratie comme la forme d’organisation des sociétés qui est la plus conforme à la liberté et à la dignité humaine.
C’est bien le même qui sera condamné comme directeur de la publication du Pacte pour diffamation, injures à caractère raciste et incitation à la haine raciale en 2003 à la suite d’un article de Claude Rousseau désignant les maghrébins comme « des benladenistes en herbe », s’inquiétant des « arabes envahissant Lutèce, Lugdunum ou Phocée » car « c'est la France qu'ils menacent d'étrangler » et considérant les juifs comme des « financiers transnationaux ». [8]
Le portrait que dresse de lui Jérôme Anciberro dans Témoignage Chrétien détaille les nombreuses connexions avec le Front National.
Passons la frontière et retrouvons Florian Abrahamowicz supérieur de la Fraternité Saint Pie X dans le nord-est de l'Italie qui a déclaré dans une interview télévisée qu'il considérait Erich Priebke , un officier allemand SS condamné pour crimes de guerre pour un massacre 1944 à Rome, dans lequel 335 civils italiens ont été tués en représailles à la mort de 33 soldats allemands, non pas comme une «bourreau», mais plutôt un soldat qui a agi «avec regret et le cœur lourd" avant d’abonder en 2009 dans le sens de Mgr Williamson en niant le génocide. [9]
Comme un écho italien aux propos du Père Philippe Laguérie qui présenta le milicien Paul Touvier comme une « âme délicate, sensible et nuancée ».
Il faut dire que les responsables de la FSSPX ont une lecture bien à eux de la deuxième guerre mondiale. Organisant un pèlerinage sur l’ile d’Yeu en septembre 2007 sur la tombe du Maréchal Pétain pour lui rendre hommage, l’abbé Cacqueray déclara « nous tenons par notre pèlerinage en ces lieux, à vous rendre hommage, à vous qui avez deux fois sauvé la France, et qui non seulement l’avez sauvée, mais l’avez restaurée spirituellement et moralement, en lui faisant retrouver ses fortes traditions de foi, de travail et d’amour de la famille. » ce que je ne sais pas si c’est par goût du travail bien fait ou par amour que la France s’est engagé dans la déportation des Juifs ?
C’est d’ailleurs le même abbé Cacqueray qui dénonça comme un « ''scandale'' » l’invitation par le Cardinal André Vingt-Trois du rabbin Rivon Krygier à offrir une conférence de Carême sur la thématique du dialogue judéo-chrétien après Vatican II.
On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Sachant que je ne fais qu’effleurer le problème tant le mal est profond.
Le Cardinal Joseph Ratzinger avait comme mission de penser théologiquement les rapports possibles avec les Lefevristes. Le Pape Benoît XVI ne peut plus séparer de façon aussi universitaire les choses.
Sachant qu’il ne sera pas possible de procéder comme en 2009 et de se retrancher derrière l’ignorance ou l’incompétence de ses services. Ou alors en prenant clairement le risque d’ouvrir un débat sur sa personne même et son aptitude à être pape.
Car ignorer cette dimension d'un revers de la main en considérant que les questions sont d'ordre théologique et que des propos politiques sont totalement hors-sujet et ne regardent en rien l'Eglise risque fort de nous renvoyer 2000 ans en arrière.
A une époque où déjà le Christ s'opposait avec une rare violence contre ceux qui voulaient séparer la parole et le geste, notamment les Pharisiens, groupe politico-religieux entièrement centré sur une obéissance aveugle à la loi avec une attention particulière sur l'observation du sabbat et les différentes purifications rituelles.
Comme Jésus parlait, un pharisien l'invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table.
Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas d'abord fait son ablution avant le repas.
Le Seigneur lui dit : « ''Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?'' »
Évangile selon Saint Luc, Chapitre 11, versets 37 à 40
Pour la petite histoire, le mot pharisien vient du terme hébreu péroushim (פרושים) qui signifie séparés...
Notes
[1] Voir notamment Le rabbin et le cardinal, Gilles Bernheim, Philippe Barbarin, ed. Stock (2008) mais également l’importance que le Cardinal Barbarin accorde dans le Diocèse de Lyon au dialogue inter-religieux et œcuménique.
[2] Thèse défendu notamment par Philippe Levilain dans son livre “Rome n’est plus dans Rome”
[3] Je me limite ici à quelques exemples pour ne pas surcharger la lecture, il sera bien temps plus tard de rouvrir l’ensemble des archives…
[4] Anna Arco, « Lefebvrists face crisis as bishop is exposed as “dangerous” anti-Semite », Catholic Herald, 5 mars 2008
[5] Heureusement qu’il ya des personnes prudentes qui conservent des copies
[6] Journal de réflexion directement lié à la FSSPX
[7] Pie XII, discours de Noël 1944, puis reconnaissance par le Concile en 1962 sans aucune remise en cause jusqu'à aujourd'hui
[8] Témoignage Chrétien, Fraternité en flagrant délit de haine raciale par Stéphane Lavignotte, 25/09/2003
[9] Notons cependant qu’il fut par la suite exclu de la FSSPX pour ses propos.


10 réactions
1 De Lecteur et acolyte - 26/09/2011, 23:25
Merci de ce rappel.
Je souhaite simplement qu'il arrive à temps à Rome, car le Cardinal Castrillon de Hoyos n'est pas le seul "naïf" à s'être laissé embobeliner - et c'est comme disent nos amis d'outre Manche "an understatement".
Oui, il s'agit de choisir entre
Cette Église servante et pauvre (Jn 13,13 ; Mt 18,1 etc...) décevra tous les gens avides de pouvoir qui se concentrent au plus près de la tête de toute organisation humaine.
L’ Église étant à la fois humaine et divine est, par ce coté humain, aussi tentée comme on le voit par :
2 De Tigreek - 27/09/2011, 09:42
Merci pour cet article particulièrement bien documenté !
Ce qui inquiète les uns réjouit les autres, et vice versa : à la FSSPX, nul doute qu'on s'inquiète et critique Benaoît XVI pour ses propos tenus à Erfurt... Le Pape joue à l'équilibriste, au grand dam des uns et des autres ; mais finalement, avec cette méthode que l'on peut juger périlleuse, peut-être réussira-t-il à avancer là où ses prédécesseurs ont bloqué ?
"Tout est possible, mais tout n'édifie pas" disait déjà Paul. Evidemment qu'il faut prendre des précautions, mais chercher à unir plutôt qu'à diviser n'est-il pas toujours une bonne chose ?
3 De Erasmus Minor - 27/09/2011, 10:22
Bel article.
J'ai juste une réticence : je ne suis pas certain que la foi soit d'abord l'Incarnation... L'Incarnation prend sens dans la geste pascale et c'est bien de Pâques que naît la foi, pas de Noël (pour faire court...)
J'aime beaucoup votre conclusion.
4 De gershom leibowicz - 27/09/2011, 19:54
Merci pour cet article qui reformule correctement la question de l'unité au sein de l'église catholique , notamment vis à vis des intégristes. Comme vous le faites de manière argumentée il faut le dire clairement:il ne s'agit pas vis à vis de la FSSPX de résorber une différence qui ne serait due qu'à des divergences sur des questions de rite ou de lecture du concile vatican II, alors que sur l'essentiel nous serions censés partager la même foi
A l'évidence il n'en est rien. les arguments que vous mettez à juste titre en avant apparaissent de manière explicite sur le blog de R de Caqueray consacré à la future rencontre des religions à Assise : un rappel du peuple déicide au mépris de la réalité historique qui ne dissimule pas un antisémitisme virulent,une lecture fondamentalisme de la bible qui révèle une inculture abyssale en matière de lecture et d'interprétation de celle ci, une absence totale de hiérarchisation entre les textes, mettant sur un même plan l'Ecriture, ses commentaires les éléments de doctrine , montrant par la même une ignorance crasse de la Tradition de l'Eglise. Au final une vision réductionniste et instrumentalisée de Dieu et de sa Parole au service d'une conception exclusivement politique. La religion catholique au service d'un certain ordre social et moral,à l'instar de Ch Maurras dont les membres de la FSSPX se réclament d'ailleurs ouvertement.Alors disons le clairement nous , les chrétiens membres de l'église catholique en communion avec le pape et les évêques n'avons strictement rien de commun avec ces gens là dont la conception de la religion s'oppose presque terme à terme avec le message évangélique. Qu'il y ait parmi eux, quelques naifs nostalgiques de bonne foi d'un rite et d'un rôle qu'a pu jouer l'église à une période définitivement révolue ne change rien à l'affaire.
Reste une question: ceux qui au sein de l'administration vaticane ont concocté cette procédure de "réconciliation" sont ils naifs ou complice d'un puissant lobby? Je crains de connaitre la réponse et le message du rabbin Krygier doit alors retentir comme un signal d'alarme.
5 De gershom leibowicz - 27/09/2011, 21:11
Merci pour cet article qui reformule correctement la question de l'unité au sein de l'église catholique notamment vis à vis des intégristes. Comme vous le faites de manière bien argumentée il faut le dire clairement: il ne s'agit pas vis à vis de la FSSPX de résorber une différence qui ne serait due qu'à des divergences sur des questions de rite ou de lectures du concile vatican II , alors que sur l'essentiel nous serions censés partager la même foi. A l'évidence il n'en est rien. Les arguments que vous mettez en avant apparaissent de manière limpide sur le blog de R de Caqueray consacré à la future rencontre interreligieuse d' ASSISE/ un rappel de la notion de peuple déicide au mépris de la réalité historique qui ne dissimule pas un antisémitisme virulent,une lectue fondamentaliste de la Bible qui révèle une inculture abyssale des modalités de lecture et d'interprétation de celle ci, une absence totale de hiérarchisation des différents textes, mettant sur le même plan la parole les commentaires et les textes doctrinaux de portée différente, démontrant ainsi une profonde méconnaissance de la Tradition de l'Eglise. Au final, une vision réductionniste et instrumentalisée de Dieu et de sa Parole au service d'uns vision exclusivement politique. La religion au service d'un certain ordre social et moral à l'instar de Chales Maurras dont la FSSPX se réclame ouvertement.Alors disons le ouvertement, nous les chrétiens membres de l'église catholique n'avons rien de commun avec ces gens là. Qu'il y ait parmi eux quelques naifs nostalgiques de bonne foi d'un rite ou du rôle qu'a pu jouer l'église catholique au sein de la société à une période révolue ne change rien à l'affaire. Reste une question: ceux qui au sein de l'administration vaticane ont concocté cette procédure de "réconciliation" sont ils naifs ou complices d'un puissant lobby. Je crains de connaitre la réponse et les mots du rabbin Krygier résonnent alors comme une alerte.
6 De Jean-Baptiste Bourgoin - 28/09/2011, 21:56
Au sujet de l'Abbé Guillaume de Tanouarn vous oubliez que dans le même article il est dit :
«««Visiblement gêné par cette sale affaire, il explique aujourd'hui avoir été « pris dans une tempête qu'(il) regrette beaucoup : « J'ai bêtement passé ce texte. J'ai objectivement fait une bourde, mais qui ne saurait me définir. Je m'oppose absolument à quelque forme que ce soit de racialisme ou même de communautarisme. » Soit.»»»
C'était quand même le minimum de le noter !
Je ne pense pas comme vous que le problème soit celui d'une distinction du politique et du théologique.
Il me semble que la question est : pour quelles raisons peut-on être excommunié ?
Je veux dire : l'Église peut-elle excommunier des personnes qui tiennent des propos inadmissibles ?
Je ne crois pas. Il me semble que l'excommunication concerne des choses bien spécifiques et sur lesquelles il est impossible de revenir (meurtre, ordination etc.)
Je vous rappelle que le sacrement de l'ordre est indélébile, aussi, en sacrant des évêques, Lefebvre accomplissait un acte qu'il n'avait pas le droit de commettre mais qui était irrémissible.
Tout ce que vous dites au sujet de la FSSPX dans son rapport aux juifs, au politique, est juste. Mais ils s'agit de propos qui sur lesquels une conversion du coeur peut intervenir pour que leurs auteurs les abandonnent.
De tels propos sont très graves mais ils ne peuvent être la cause d'une excommunication.
Il faut arrêter de penser l'excommunication comme la punition suprême contre les super méchants !
Ensuite il y a le devoir du pape de rétablir l'unité. Car qui dit évêques dit fidèles qui sont hors de l'Église. Ça n'est pas seulement les évêques qu'il s'agit de réintégrer en espérant que cela les ouvre à une conversion intérieure, c'est aussi, et surtout, les fidèles.
Alors maintenant la question est de savoir si cela aura lieu, si la FSSPX acceptera.
Je n'en suis pas sûr. Fellay souffle constamment le chaud et le froid. D'un côté il se montre cordial et courtois vis-à-vis des cardinaux et du pape dans un entretien récent, et au même moment il approuve un article incendiaire du fameux Cacqueray dans lequel il est expliqué sur un ton horriblement péremptoire et hautain que le pape, en gros, est hérétique (au sujet d'Assise III).
Bref, la FSSPX continue d'osciller entre volonté de revenir au sein de l'Église, et sédévacantisme.
7 De Marc - 28/09/2011, 22:23
Tu as raison Jean-Baptiste, je vais rajouter une note sur la réaction de l'abbé de Taouarn, c'est plus un oubli de ma part qu'une volonté de médire. Autant pour moi.
8 De Jean-Baptiste Bourgoin - 29/09/2011, 09:37
Je lis régulièrement le blog de l'abbé de Tanouarn (un des rares endroit intéressant de la sphère tradi). Je pense vraiment qu'il est sincère lorsqu'il dit qu'il dit "s'oppose absolument à quelque forme que ce soit de racialisme ou même de communautarisme". Il n'y a rien dans de tels dans ce que j'ai pu lire de lui, et je ne pense pas qu'il soit du genre à se cacher.
Ses réflexions sur Pascal et Cajétan sont vraiment intéressantes.
Maintenant je dois avouer que son approche de Vatican II est pour le moins étrange. Et lorsque je jette un œil sur les travaux de l'IBP, je ne peux m'empêcher de penser la même chose (je pense au site Disputationes Theologicae qui se présente comme un site de disputes théologiques, mais qui n'est en fait qu'une série d'analyse critique de l'Église postconciliaire, et se concentre sur la liturgie. C'est plus intelligent que la FSSPX, mais c'est pas forcément moins critique ! Et ça ne laisse pas tellement la place à la dispute...).
En fait tout se passe comme si il n'avait pas totalement digéré sa posture anti-conciliaire de sa période FSSPX.
Alors certes, il reconnaît le Concile, sa validité, son orthodoxie (ce qui est déjà énorme), mais c'est pour répéter très régulièrement que c'est un Concile verbeux, inutile et qui manque de clarté.
J'ai parfois le sentiment que l'IBP, sous couvert d'analyse critique du Concile dans le respect du Magistère, crache dans la soupe.
Alors la question est de savoir si une telle situation est préférable à celle de la FSSPX.
Je pense que oui, car j'espère que, intégré dans l'Église et se devant d'entretenir avec Vatican II une approche bienveillante, ces instituts tradis seront "sanctifiés" de l'intérieur. Ce qui me semble bien difficile dans la situation quasi schismatique de la FSSPX.
Est-ce un vœu pieux ? J'espère que non.
9 De Artemis - 03/10/2011, 14:33
Il me semble que l'amalgame avec Dieudonné, qui claironne partout son athéisme, son antisémitisme mais aussi sa christianophobie est lamentable. Qu'il fasse baptiser sa fille par un prêtre intégriste ne fait que souligner l'incohérence du personnage. Mais s'il retrouve la foi avec un prêtre intégriste plutôt que de rester sans Dieu, je dis tant mieux!
Vous expliquez en longues colonnes qu'il ne faut aucun accord avec les intégristes. Que proposez vous pour les théologiens de la libération qui ont monté les manifs de Madrid contre les jmj, où les jeunes jmijistes ont été insultés, se sont fait cracher dessus et où B16 s'est fait traiter de pédéraste (pas une assoc luttant contre l'homophobie ne l'a soutenu. Comme quoi, ils ne défendent que ceux qui les arrangent)? Donc quand un catholique a une action violente délibérément et massivement contre l'Eglise et ses fidèles, il a toute sa place dans la communion de l'Eglise mais quand d'autres discutent pour y revenir il ne faut pas les accueillir et maintenir un schisme? Vous avez une communion très sélective...
Vous faites bien de parler de pharianisme. Pour ce qui est d'être "séparé", vous vous y connaissez. On est en plein dedans
10 De Marc - 03/10/2011, 15:32
@Artemis : des théologiens de la libération à Madrid.... vous avez un peu plus d'éléments là
Deuxième élément, il y a eu effectivement une agression, qui concerne cela dit quelques jeunes sur plus d'un million, dans un cas qui ne nous concerne pas directement dans cet article car il s'agit de personnes de toute façon totalement opposés à l'Eglise et la Foi en général. Est-ce que je vous parle de cela ?
Non, votre commentaire est totalement hors sujet, vous ne répondez à rien, vous essayer de justifier avec des éléments récents mais dont le lien logique avec le sujet est bien difficile.
Au final, je ne dis pas qu'il ne faut en aucun cas un accord, l'unité pourquoi pas, je dis simplement, démonstration à l'appui, que les idées politiques d'une partie non négligeable de la FSSPX ne permettent pas un tel accord.