Durant l’été 2010, suite à plusieurs faits divers, Nicolas Sarkozy annonce le retour massif des Roms (vers quoi et où ???) dans ce qui va devenir le discours de Grenoble. La majorité présidentielle se divise, Jean-Louis Borloo reste silencieux pendant qu’Hervé Morin critique la nouvelle ligne sécuritaire de l’Elysée. Jean-Marie Le Pen se frotte les mains.

Stigmatisant les Roms, le Président annonce que « Dans les trois mois, la moitié de ces implantations sauvages auront disparu du territoire français. ».

Comme on raye de la carte un vilain point noir.

La teneur du discours, les raccourcis et les amalgames entre délinquance et immigration sont tellement grossiers que de nombreux Evêques vont sortir de leur réserve pour critiquer la dérive sécuritaire du gouvernement. Jusqu’à Benoît XVI qui, fait exceptionnel, va se fendre d’un commentaire en français au cours de l’Angélus en nous rappelant que « Jésus nous demande d’accueillir les légitimes diversités humaines. ». Oui, décidemment, comme le note très justement Koz, Sarkozy fait un carton plein avec l’Eglise.

Parmis les voix d’Eglise qui s’expriment durant cet été 2010, celle de Mgr Dufour a une tonalité particulière puisque spectateur impuissant d'une expulsion policière lors d'une visite sur un camp de Roms.

« Je ne mets pas en cause les forces de police qui obéissent aux ordres. Mais je demande le respect des personnes et de leur dignité, dans le cadre de la loi française. Si des délits ont été commis, ils doivent être sanctionnés. Cependant, les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu’il y a des populations inférieures sont inacceptables. »

Mgr Dufour : « Respectons la dignité des gens du voyage » Aix, le 22 août 2010



C’était il y a un an.

Depuis rien n’a changé. La misère, la pauvreté et l’absence de perspectives sont toujours le quotidien des Roms. Le journal du diocèse d’Aix et d’Arles a eu la très bonne idée de refaire un point sur la situation, loin des polémiques et des caméras.

Les populations migrantes subissent une stigmatisation constante qui les associe à une population inassimilable, en marge et mettant en danger l’équilibre d’un modèle de société qui a fait ses preuves. Leur reconnaître une place dans la société humaine est pourtant un devoir d’humanité, mais nécessite aussi un regard sans naïveté.

Les Roms, un an après, Que sont-ils devenus ? Journal du Diocèse d’Aix et Arles, Juillet 2011, Bernadette AVON