Emménagement
L’abbé Laguérie cherche depuis quelques mois déjà un nouveau lieu d’implantation pour l’Institut du Bon Pasteur. Après avoir essuyé un échec dans le Diocèse de Cahors suite au refus de Mgr Turini et du Conseil Presbytéral de vendre l’immeuble de la Visitation à Saint Céré il semble qu’il ait trouvé un nouveau lieu pour poser une première pierre pour un futur site. L’avenir nous dira bientôt s’il s’agit bien de la future maison générale qu’il évoque dans une interview en date du 30 juillet 2011 sur le blog Disputationes Theologicae [1]
Mais d’abord un petit rappel pour ceux qui ne suivent pas l’actualité de l'Intégrisme et du Traditionalisme Catholique en France.
L’abbé Laguérie est une des figures médiatiques du Traditionalisme Français. Issu de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X de Mgr Marcel Lefebvre il fut le curé du Saint Nicolas du Chardonnet de 1984 à 1997, haut lieu de la contestation médiatique du Concile Vatican II.
On le retrouve à partir de 2002 à Bordeaux où la Mairie, malgré l’opposition de la justice et du Diocèse, l’autorise à utiliser l’Eglise Saint-Eloi. En 2007, une convention pour une durée de 5 ans entre le Diocèse de Bordeaux et l’Institut régularisera cette situation. Convention qui va donc prendre fin en février 2012.
Exclu de la FSSPX en 2004, il obtient de la part du Vatican un nouveau statut canonique qui lui permet de conserver une totale autonomie, la liturgie ante-conciliaire et en même temps une pleine reconnaissance de la part des Diocèses. Ovni juridique du monde canonique mais belle réussite diplomatique.
Enorme camouflet pour les Evêques de France qui n’étaient pas favorables à cette procédure et symbole cruel car à l’époque le Cardinal Ricard est le Président de la Conférence des Evêques, membre de la Commission Ecclesia Dei qui avait la charge du dossier intégriste et c'est dans son diocèse que le Bon Pasteur s'installe.
A l’époque, loin, très loin du catholiquement correct, le journal La Vie titrait « Pourquoi cet homme doit rester dehors » avec une photo pleine page de l’abbé Laguérie.
4 ans plus tard, Jean-Pierre Denis [2] résume parfaitement l’origine du malaise :
D’une manière plus souterraine qu’affichée, un certain traditionalisme reste prisonnier de ses racines et de son mauvais génie maurrassien. Cela ne signifie nullement que tous les membres de cette mouvance soient d’extrême droite, racistes ou antisémites. Mais cela prouve que le ménage n’a pas été fait, parce qu’on ne l’a pas demandé. Même au nom de la charité, même au nom de l’unité, il eût été plus sain de manifester de claires exigences avant de réintégrer en bloc les amis de l’abbé Laguérie.
( …) Certes, l’attachement aux formes anciennes de la liturgie est respectable, tout comme le désir de sauver un patrimoine culturel et cultuel menacé. Certes, il peut permettre une évangélisation : on pense ici aux personnes qui se sont converties grâce à la messe dite "extraordinaire". Mais pour ces catholiques sincères, le moment n’est-il pas venu de prendre clairement leurs distances ?
Faire le ménage, Jean-Pierre Denis, La Vie, octobre 2010
Ce « sentiment » se confirme en 2010 avec l’émission de France 2 « Les Infiltrés » sur un groupe d’extrême-droite Bordelais et l’école Saint Projet. Si l’abbé Laguérie conteste toute connivence avec le groupe politique, l’amalgame va se faire naturellement entre l’Institut du Bon Pasteur et l’idéologie xénophobe et raciste présente tout au long du reportage.
Nouvelle mise en lumière dont se serait bien passé cette fois le Bon Pasteur. Communiqué très ferme de l’Archevêque de Bordeaux, malaise des catholiques bordelais, nombreuses réactions du monde politique. Mais il faut aller au-delà du débat sur les connivences possibles entre une partie de l’extrême-droite et des groupes appartenant au traditionalisme catholique car l’enjeu n’est pas là.
Ce qui est nouveau, c’est que 4 ans après leur installation sur Bordeaux, nous sommes devant un échec de l’intégration :
Nous sommes persuadés que le véritable enjeu ne se réduit pas à la messe en latin ou en français ni à la forme du rite. Nul ne peut ignorer les complicités politiques d'extrême droite de certaines personnes des courants traditionalistes. Celui qui utilise le nom de Dieu comme arme pour justifier ses propres idées tourne le dos à l'Evangile.
Nous partageons la préoccupation du pape de tendre la main à ceux qui ont quitté l'Eglise et de chercher des chemins de réconciliation et d'unité « dans la charité et la vérité ». Bien des initiatives ont eu lieu dans ce sens, qui offrent à nos frères traditionalistes des signes de bienveillance, sans vraie contrepartie de leur part. Car les seuls échos qui nous reviennent manifestent la prétention de personnes sûres d'incarner la seule vraie tradition de l'Eglise.
Communiqué du conseil presbytéral du diocèse de Bordeaux, 5 mai 2010
Car Saint Eloi fut aussi un test grandeur nature de la volonté réelle des anciens disciples de Mgr Lefbvre de vivre en pleine communion. Pas juste « à côté » mais « avec ».
Ce qui explique sans doute le fait que l’abbé Philippe Laguérie était en recherche d’un nouveau point de chute.
Qu’il vient de trouver sur le Diocèse de Poitiers. Serait-ce la douceur de vivre du climat poitevin qui l’intéresse ? Sans dénigrer l’attrait de la capitale de la Vienne cela semble peu probable. La piste la plus certaine reste l’installation prochaine de la Maison Générale qu’il vient très récemment d’évoquer dans une interview.
A égale distance de Bordeaux et Paris, le Diocèse de Poitiers est surtout dans l’attente d’un nouvel Evêque suite au départ en retraite de Mgr Rouet. Or un administrateur apostolique n’a pas le même « poids » qu’un Archevêque ou qu'un administrateur diocésain : en effet, sur le papier, l’Institut du Bon Pasteur a besoin de l’autorisation de l’Evêque avant toute installation. [3]
Même s’il n’est pas vraiment dans les habitudes de l’abbé Laguérie de demander l’autorisation pour s’installer, l’absence d’Evêque facilite grandement un emménagement discret.
Pourtant dans un portrait de Libération il estimait que la politique du fait accompli faisait partie du passé :
Peut-être que je suis passé un peu en force. Quand je me trouve face à un obstacle, je ne fais pas demi-tour. Aujourd'hui, cette époque est révolue, cette page est tournée. Le pape et la curie regardent avec beaucoup de bienveillance ce que nous faisons.
Vade retro soutanas, Catherine COROLLER, Libération Mercredi 11 octobre 2006
Néanmoins je serais bien curieux de voir la moindre bienveillance dans l’œil du pape autour d’une discussion avec des membres de l’Institut du Bon Pasteur sur la prochaine rencontre interreligieuse d’Assise par exemple. Mais c'est encore un autre débat.
Au-delà des tensions qui risquent de se créer avec le Diocèse, comme ce fut le cas à Bordeaux, cette installation va également compliquer un peu plus le travail du Nonce Apostolique, Mgr Luigi Ventura. Celui-ci a en effet la responsabilité de « trouver » un nouvel Evêque pour le diocèse de Poitiers.
Certes, nul n’est irremplaçable, mais il ne sera pas facile de trouver un successeur à Mgr Rouet, homme dont l’envergure spirituelle et intellectuelle a marquée bien au-delà des frontières diocésaines. Il faudra également trouver un Evêque qui soit compatible avec la pastorale mise en place depuis Mgr Rozier et réaffirmer depuis par plusieurs synodes diocésains.
Ce à quoi il faut maintenant rajouter la difficulté de la gestion de l’Institut du Bon Pasteur même si officiellement il n’y a pour l’instant aucun projet concret sur le diocèse de Poitiers. Officiellement. Car Le Bon pasteur est à l’exact opposé ecclésiologique du modèle pastoral du Diocèse de Poitiers qui lui s’inscrit dans la continuité de Vatican II et de la lettre aux Catholiques de France de 97.
Je pense que les dernières déclarations de Mgr Rouet risquent d’entraîner un sérieux recadrage de la part de Rome. J’ai déjà eu l’occasion de le dire. Après, est-ce que le Pape est prêt à prendre le risque d’un profil conservateur pour favoriser l’expansion de l’Institut du Bon Pasteur ? On sait que la question de la réconciliation avec les intégristes lui tient personnellement à cœur. Au risque d’ignorer les mises en garde des Evêques et Cardinaux français sur la réalité des tensions existantes ?
Une autre hypothèse existe : que l'abbé Laguérie est déjà eu le feu vert de Rome pour une installation poitevine. Impossible de savoir aujourd'hui, mais il ne sera pas nécessaire d'attendre longtemps pour en avoir la confirmation.
Car maintenant que l’Institut du Bon Pasteur a un pied dans le diocèse de Poitiers, la nomination du futur archevêque va aussi avoir valeur de validation ou non de la politique expansionniste de l’abbé Laguérie. Et donc de sa théologie et de ses méthodes.
Une dernière possibilité reste la nomination d’un Evêque suffisamment habile pour marier la carpe et le lapin.
S’il y a un évêque équilibriste dans la salle, qu’il lève la main !
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MAJ le 02 août 2011, 14h30 : Mgr Wintzer, administrateur apostolique confirme la présence de l'abbé Laguérie. Communiqué disponible sur le site Internet du Diocèse de Poitiers que nous reproduisons ici :
La semaine dernière, j'ai appris que l'abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l'Institut du Bon Pasteur, résidait dans les environs de Poitiers depuis quelques temps.
Il a pris l'initiative de me rencontrer pour m'annoncer cela. Cependant, la nouvelle m'était parvenue quelques jours auparavant.
De cette résidence, due à un soutien amical à la personne de l'abbé Laguérie, celui-ci exerce sa mission au service de l'Institut du Bon Pasteur dans les divers lieux, en France et ailleurs, où cet Institut a été appelé.
Deux ou trois personnes résident avec lui, qui l'assistent dans l'exercice de sa responsabilité.
L'abbé Laguérie est ici en tant que citoyen français. Comme tel, il bénéficie de la liberté d'installation et de résidence.
Si la loi civile est respectée, j'émets des réserves tout au moins quant aux bonnes pratiques ecclésiales.
Ni l'abbé Laguérie ni l'Institut du Bon Pasteur n'ont été appelés à venir dans le diocèse de Poitiers, ils n'y exercent donc aucune charge pastorale.
Poitiers, le 2 août 2011
+ Pascal Wintzer
Administrateur apostolique de Poitiers
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MAJ le 09 août 2011, 15h43 : Communiqué de l'Institut du Bon Pasteur à la suite du reportage de France 3 Poitou-Charentes :
L'abbé Roch Perrel, recteur du séminaire Saint-Vincent-de-Paul à Courtalain dément l'interprétation donnée par le journaliste de France 3 aux propos de M. Suire-Duron. Seul l'abbé Laguérie s'installe à Migné-Auxances avec son secrétariat, il n'est pas question de déménager le séminaire Saint-Vincent-de-Paul dans le diocèse de Poitiers. Le séminaire restera à Courtalain l'année prochaine.
Source : Le Salon Beige
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MAJ le 10 août 2011, 10h00 : Communiqué de Philippe Laguérie :
Il est temps que je vous donne mes nouvelles coordonnées puisque le 15 août est généralement la date butoir des nominations estivales.
Je suis donc installé, avec le secrétariat central de l’Institut du Bon-Pasteur, au domaine nommé « La Rivardière ». L’adresse précise, où tout courrier doit dorénavant m’être adressé, est la suivante :
M. l’abbé Philippe Laguérie.
Secrétariat Central I.B.P.
52 rue de La Longerolle 86440 Migné-Auxances.
Le numéro de téléphone reste inchangé : 09 54 92 78 05
Je me suis présenté le 28 juillet dernier à S.Exc. Mgr Pascal Wintzer, évêque auxiliaire et Administrateur Apostolique du diocèse (Depuis le départ en retraite de Mgr Rouet, Archevêque de Poitiers, en février dernier). Il m’a réservé un accueil des plus évangéliques, même si le communiqué du diocèse a plutôt mis l’accent sur le caractère « civil » de mon logement de citoyen français. Je n’ai pas, pour l’heure, de mission canonique locale : je suis logé.
Mon secrétaire particulier devient M. l’abbé Jean-François Billot. Il est remplacé à la paroisse Saint-Eloi par M. l’abbé David Belon.
Je remercie M. l’abbé Hugues Beaugrand d’avoir exercé cette charge, dans des conditions parfois difficiles, au cours de l’année 2010-2011. Il s’en va prêter main-forte au séminaire de Courtalain (Qui reste à Courtalain, quoiqu’en disent les journalistes illuminés de FR3) tout en desservant l’église de Montmirail au diocèse du Mans, grâce à l’accueil chaleureux de son évêque Mgr Le Saux.
Le frère Placide-Pio nous a rejoints et nous attendons encore le diacre polonais Sergius Oriezko. Je remercie les bienfaiteurs généreux qui ont permis cette installation et la bonne Providence qui me permet de retrouver une saine vie de communauté.
Source : Blog de Philippe Laguérie
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MAJ le 11 septembre 2011, 08h38 : Reportage et interview de France 3 Poitou-Charentes.
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MAJ le 19 septembre 2011, 22h25 : Reportage et interview de la Nouvelle République.
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MAJ le 22 septembre 2011, 10h18 : Reportage et interview de la Nouvelle République.
- L'abbé Laguérie est-il en odeur de sainteté à Migné ? - La Nouvelle République 22 sept 2011
- Pas forcément une bonne surprise - La Nouvelle République 22 sept 2011
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MAJ le 25 septembre 2011, 19h00 : Reportage et interview de la Nouvelle République pour la première messe de l'abbé Laguérie à la Rivardière
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MAJ le 27 septembre 2011, 08h00 : Message de Mgr Pascal Wintzer, administrateur apostolique du Diocèse au sujet des rumeurs sur le futur Évêque et l'Institut du Bon Pasteur
Depuis le 13 février, le diocèse de Poitiers est dans l'attente de celui qui sera son archevêque.
L'attente, ce n'est pas l'absence de vitalité, ou alors, cela signifierait que ce qui a été construit n'est rien !
Comme les autres diocèses qui connaissent cette situation – qui n'est pas exceptionnelle – nous continuons à avancer sur le chemin de l'Evangile, en scrutant le mystère de Dieu. Après avoir pris conseil du collège des consulteurs, je rappelle que la dynamique dans laquelle nous sommes est avant tout façonnée par les deux synodes que nous avons célébrés, en 1993 et en 2003, et par le ministère épiscopal de Mgr Rozier et de Mgr Rouet.
Ces synodes sont une réception, par le diocèse, des appels fondamentaux donnés à l'Eglise par le concile Vatican II, ce concile qui, pour reprendre les mots du bienheureux Pape Jean-Paul II, est une « boussole pour le nouveau millénaire ». Ils donnent des pistes d'action pour permettre aux communautés catholiques du diocèse d'entendre et de répondre aux enjeux de l'évangélisation. Ce chemin est celui auquel nous appelle le Pape Benoît XVI : « Je veux affirmer avec force ma très ferme volonté de poursuivre la tâche de la mise en œuvre du concile Vatican II ». Je suis fier de m’inscrire comme témoin et acteur d'une vie d'Eglise qui anime tant et tant de consacrés, de laïcs, de diacres et de prêtres ; de celles et de ceux qui font vivre des communautés diverses, qui témoignent de la foi auprès des enfants et des jeunes, qui accompagnent vers les sacrements de l'initiation chrétienne et du mariage. Durant ces semaines, j’ai eu et j’aurai la joie d’ordonner deux diacres pour le service du diocèse. Je suis également heureux que deux jeunes hommes soient entrés dans un temps de discernement d'un appel pour servir l'Eglise comme prêtres.
Durant l'été, ce sont aussi plusieurs centaines de jeunes du diocèse qui ont chanté le Christ et nourri leur foi en participant tant au pèlerinage diocésain à Lourdes qu'aux JMJ de Madrid. Je sais que l'annonce de l'Evangile est un chantier sans cesse à reprendre ; avec tous les chrétiens du diocèse, je ne suis pas aveugle quant aux défis de la nouvelle évangélisation. Mais je suis avant tout conscient que c'est en chacun de nous que cette route doit continuer à se frayer un chemin.
Par ailleurs, dans la Vienne et les Deux-Sèvres, les tensions économiques sont bien réelles, avant tout pour l'ensemble de la population, et aussi pour les finances de l'Association diocésaine, mais comment n'en serait-il pas ainsi aujourd'hui ? Chacun subit et fait face aux conséquences d'une crise économique qui s'installe.
Bien sûr, avec l'arrivée d'un nouvel archevêque, des choix seront à faire, des décisions à prendre ; ce sera sa responsabilité – il serait étonnant qu'il n'y ait dans l'Eglise de France aucun homme, aucun évêque, qui ne soit en capacité de le faire – mais, ceci sera également l'affaire de tous les baptisés, et de chacun en fonction des responsabilités qui sont les siennes.
Depuis février des articles de presse et des sites Internet font part de leurs informations « de première main » quant au nom du futur archevêque de Poitiers. Si l’on récapitule l’ensemble des propos tenus, une bonne moitié des évêques de France ont déjà été nommés à Poitiers ! Faut-il alors préciser que de tels propos n’engagent que ceux qui les tiennent.
Il en est de même des propos ou attitudes qui me sont attribués quant à l’arrivée de l’Institut du Bon Pasteur à Migné-Auxances. Je rappelle que seuls font autorité les propos signés de ma main et tenus par ma bouche.
+ Pascal Wintzer, Administrateur apostolique
Quelques précisions
Dans l’Eglise catholique, la nomination des évêques revient au Pape.
Cette nomination intervient après des consultations, d’évêques, de personnes exerçant des responsabilités dans le diocèse concerné.
Toutes les procédures qui entourent la nomination des évêques se font sous le sceau du secret absolu, jusqu’au moment où le Pape décide que cette nomination est rendue publique.
Le collège des consulteurs est constitué de prêtres membres du conseil presbytéral (actuellement ils sont dix). Ces prêtres doivent être consultés par l’évêque pour des choix décisifs dans la vie d’un diocèse, pastoraux ou financiers.
En l’absence d’évêque, le conseil presbytéral cesse et ses fonctions sont remplies par le collège des consulteurs.
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MAJ le 7 octobre 2011, 09h30 : Reportage de France 3 Poitou Charentes
Notes
[1] Extrait de l'interview "Au plan concret, les projets en cours exigent, de soi, la plus grande discrétion. En attendant de pouvoir vous en dire plus, Je puis seulement vous annoncer l’installation prochaine d’une maison générale formée."
[2] Directeur de la rédaction du journal la Vie
[3] Extrait du Cyber-curé : Les prêtres de l'Institut ont affirmé, dans une conférence de presse, qu'ils entendaient ouvrir des paroisses partout en France et ailleurs. Ils ont précisé qu' il ne s'agit pas d'arriver quelque part et de prévenir l'évêque après. Le droit canon rend obligatoire une concertation entre un institut et l'évêque local.

























Commentaires
L'abbé LAGUÉRIE, supérieur de l'IBP, est, jusqu'à preuve du contraire, un prêtre en situation canonique régulière vis-à-vis de la Commission Ecclesia Dei, sous laquelle son institut est incardiné: il a donc le droit de confesser, de prêcher à ses séminaristes, et de célébrer 1) dans les murs de son "ébauche de quartier général", et 2) le cas échéant dans une église paroissiale en fonction de "l'accueil bienveillant" que devrait lui réserver l'un ou l'autre des curés poitevins.
Si maintenant ce groupe temporaire se transforme en "coetus stabilis" et s'adresse par exemple à des curés des Mauges, en lui indiquant qu'il a déjà une option d'achat sur un couvent abandonné, ceux-ci souhaiteraient peut-être l'envoyer au diable, mais en pratique ce sera seulement à Mgr WINTZER, et ce sera difficile à ce dernier de ne pas l'accueillir, tout en protestant à ses curés que Rome lui a forcé la main. (Pour être promu d'évêque auxiliaire à Poitiers à évêque titulaire d'un siège "agréable" comme Amiens, plutôt qu'à une charge presque désespérée, comme Langres, il lui faudrait bien faire preuve de 'bon esprit'...) Tout ce que le clergé haut-poitevin peut espérer, c'est de retarder à l'année scolaire 2012-2013 l'ouverture du séminaire de l'IBP...
Le cher abbé Laguérie est certes en situation on ne peut plus régulière. Il a d'autant plus le devoir de respecter la loi ecclésiastique qui veut qu'une communauté locale d'une société de vie apostolique ne se constitue qu'avec le consentement écrit préalable de l'évêque diocésain (can. 733).
De plus, même si Mgr Wintzer le voulait, il ne pourrait pas ériger de maison pour l'IBP, ses pouvoirs étant limités par le droit à ceux d'un vicaire général (can. 426). C'est le vieux principe repris par le can. 428 : Sede vacante nihil innoventur.
Cet article, bien écrit certes, sent et respire la charité... Vraiment, on reconnait bien là l'Eglise du Christ.
Je suis toujours stupéfaite, et sans doute suis-je restée tout à fait naïve ou bête , quand je lis des articles manifestant tant de dureté. Puisse le Seigneur prendre votre cœur de pierre et vous donner à la place un cœur de chair, car ce n'est qu'en nous aimant les uns les autres que le Christ reconnaîtra ses disciples.
Quant à exercer une charge pastorale dans le diocèse, la motivation du refus n'est pas un manque chez l'IBP sur:
-"la communion", elle a été officialisée;
-"la soumission au Magistère", elle est affichée, jusqu'à ce que le Magistère se pronnonce solennellement sur les "zones d'ombre" qu'il n'a pas contestées à l'IBP en 1988;
-"l’apesanteur canonique", car il n'y a q'une apesanteur à Poitiers, non à Chartres, à Bordeaux ou à Rome;
-"l'obéissance", sauf que l'abbé L*** se considèrera dispensé des "bonnes pratiques administratives poitevines" tant qu'elles contrediront les "bonnes pratiques doctrinales et liturgiques romaines"...
---> Mgr WINTZER n'a certes pas le désir de changer la pastorale "catho-congrégationnaliste" de Mgr ROUET, ni de donner voix au chapitre à ses contestataires; il estime donc bien inopportun leur emménagement à Poitiers.
---> Mais, simple administrateur ad interim, il n'a pas tellement non plus le pouvoir de les suspendre a divinis, et surtout il ne peut pas compter sur Rome pour le faire, puisque - sauf énormes crimes - Rome procrastine et laisse faire les divers membres du clergé auteurs de délits. Nous devrons donc attendre inconfortablement les successeurs respectifs de SS Benoît XVI et de Mgr ROUET pour voir résolu ce blocage.
Hé oui, elle c'est bien ce que je dis : elle est "belle " l'église du Christ.... Il y en a qui en sont à attendre la mort du Pape et d'un Evêque pour voir triompher leur idéologie.
La politique du fait accompli semble encore une fois fonctionner. Après avoir obtenu un statut canonique de circonstance grâce à l'influence des lobbies traditionnalistes au Vatican, l'abbé Laguérie semble vouloir poursuivre sa politique provocatrice dans le diocèse de Poitiers ou le modèle d'église qu'il représente se situe aux antipodes de celui qu'a promu A Rouet. De son point de vue il a raison il faut battre le fer tant qu'il est chaud. Mais il ne faut pas se raconter d'histoires, ce qui nous sépare de la conception de l'église de l'abbé Laguérie n'est en rien une question de rite qui ne serait à l'évidence qu'un détail et constituerait une difficulté facilement surmontable pour retrouver l'unité. Non ce qui nous sépare de la vision de l'église de l'abbé Laguérie c'est que nous ne subordonnons pas et n'instrumentalisons pas l'Evangile à une vision purement politique: nous ne sommes pas des nostalgiques de la chrétienté et de l'occident chrétien. Ce qui nous sépare de lui c'est que nous ne faisons pas commencer la Tradition de l'église au concile de Trente, ce qui nous sépare de lui c'est que nous plaçons prioritairement notre foi dans la parole de Dieu et non dans les dogmes aussi fondés soient ils de l'Eglise. Ce qui nous sépare de la conception de l'abbé Laguérie c'est que pour nous l'Evangile est prioritaire sur la religion qui n'est qu'un moyen de le vivre et de l'annoncer. Contrairement à lui nous ne faisons pas de la "religion" et de ses dogmes une idole au détriment de l'Evangile .Effectivement nous n'avons rien de commun avec sa vision pervertie (au sens étymologique et non moral de ce terme évidemment) et utilitariste du christianisme. Il est regrettable que la conférence des évêques de France n'ait eu ni la possibilité ni le courage de s'opposer à cette imposture qui consiste à faire croire que nous partageons la même foi.
Et vous êtes donc si sur que cela que la politique de Rouet promet un modèle d'église catholique, et pas autre chose issu d'idéologies vieillissantes et rassies quand même à l'heure qu'il est, plus ou moins absconses issues des années 70 ?
Mais vous dites cela comme si vous connaissiez toutes ses homélies (de l'abbé laguérie et d'autres prêtres de l'IBP) vous les aviez décortiquées , alors qu'en réalité, vous posez un jugement de valeur sans rien connaître concrètement et en réalité des personnes que vous nommez. C'est peut être vous qui n'êtes pas catholique après tout, nan ? Vous vous êtes déjà posé la question ou pas à votre sujet, ou bien êtes vous persuadé que tenir compte du magistère de l'Eglise, ce n'est pas partager la foi catholique ?
Qui êtes vous , vous qui sondez les cœurs pour parler et évaluer la foi des autres ? Vous ne manquez pas de toupet d'une certaine idée de grandeur à votre sujet ! ha, pardon, l'hypertrophie du moi, c'est la foi moderne, proche des préoccupations de notre temps j'avais oublié. Dieu est poussière, avec les toiles d'araignées qui garnissent sans aucun doute la sacristie de l'église que vous daignez fréquenter, si les heures vous conviennent pour pouvoir surveiller le poulet au four le dimanche (si si, vu et entendu, c'est du vécu !).
à Nathalie: Il n'est pas besoin d'être grand clerc, juste un peu connaisseur de l'histoire de l'église et des idées politiques en France pour reconnaitre dans le courant d'idées dont se réclame l'abbé Laguérie un courant de pensée connu de longue date, idéologiquement marqué , et qui renvoie à notre église une image qu'elle a longtemps proposée d'elle même: refus de la philosophie des lumières,adhésion à la philosophie contre révolutionnaire de Joseph de Maistre, etc.. bref un système idéologique, une vision du monde et de la société dont le l'église catholique n'est qu'un instrument. Là est mon principal reproche, je n'adhère pas comme chrétien catholique à une religion réduite à n'être que l'instrument d'un ordre social , je ne crois pas à des dogmes plaqués de l'extérieur, je ne suis pas conservateur d'un dépôt immuable de la foi, . Etre chrétien pour moi comme pour la Tradition de l'Eglise, c'est miser sa vie dans tous ses aspects sur une parole de libération entendue depuis l'Exode et renouvelée par Jésus Christ et qui me dit que je suis aimé sans mesure, quelque soient ma finitude ,mes actes et mon péché et qui m'appelle à répondre personnellement en fondant toute ma vie sur cela , dans mes paroles et dans mes actes à cet appel "tu aimeras le seigneur ton Dieu de tout ton coeur , de toute ton âme de toute ta force tu aimeras ton prochain comme toi même."(je vous épargne les références tant du Deutéronome que de l'Evangile) .Tout le reste n'a strictement aucune importance . Répondre à cet appel étant au moins aussi exigeant que les règles , les codes et tout le système juridique dans lequel les adeptes de l'abbé Laguérie souhaitent enfermer et réduire la parole de Dieu. C'est à cause de cette parole qui m'a été transmise par l'Eglise catholique que j'en suis pleinement membre ,ne vous déplaise.
ha bon, vous êtes protestant, il fallait le dire !
Mais même, c'est préférable de ne pas juger de la foi des autres. Et vous comme les autres, avant de porter un jugement, vous avez besoin de connaître avant, bien que le Christ, s'il ne nous a pas dit de jeter notre cerveau, nous demande de ne pas juger les personnes, mais seulement discerner les actes.
Merci, donc, de ne pas poser des point de vue comme des évidences qu'il ne faudrait pas remettre en question , parce que vous l'avez entendu ou autre, mais de questionner avant, de vous rendre compte par vous même, de recueillir les preuves, d'étayer vos arguments sur des réalités, plutôt que sur des phrases du style "un courant de pensée connu de longue date, idéologiquement marqué , et qui renvoie à notre église une image qu'elle a longtemps proposée d'elle même" ce qui ne veut rien dire en soi, puisque rien n'est précis, mais tout est insinué, et je pencherais pour de la calomnie, puisque les propos sont imprécis, et ne ne sait si c'est du lard ou du cochon.
Vous n'êtes pas dépositaire d'un dépôt immuable de la foi : et vous avez raison, ce n'est pas vous qu'il l'êtes, mais le Pape, Vicaire du Christ, garant de l'intégrité de la Foi. Une foi qui ne saurait changer au gré de vos opinions, modes, humeur, et au service d'idéologies, justement, puisqu'elle ne peut se conformer à l'esprit du moment, et surtout pas à l'esprit du monde. Bon, pour le reste, vous dites des lieux communs, c'est bien. merci.
Les dix commandements de Dieu sont-ils toute la morale chrétienne ?
Certes, on peut enseigner toute la morale chrétienne en faisant un commentaire des dix commandements (c’est ainsi que fait le catéchisme du concile de Trente), mais c’est en allant bien au-delà de ce qu’ils sont en eux-mêmes. On peut exposer la morale à partir des commandements, on ne peut pas la réduire à eux.
Les dix commandements de Dieu révélés à Moïse, ou Décalogue, sont le résumé de la loi naturelle. La morale chrétienne comporte l’observation (surnaturelle) de la loi naturelle, mais bien d’autres choses encore. Ainsi principalement :
– le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (S. Jean XIII, 34). Ce qui est nouveau, ce n’est pas l’amour du prochain (la loi ancienne le commandait déjà) ; ce qui est nouveau, c’est l’imitation de Jésus-Christ, tout spécialement dans l’amour du prochain ;
– le Sermon sur la montagne, et en particulier les Béatitudes qui le commencent (S. Matthieu, V-VII) ; Notre-Seigneur dit bien six fois dans le sermon sur la montagne Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens… et moi je vous dis, et il conclut Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ;
– tout le saint Évangile ;
alors , bon , la foi, ce n'est pas à confondre avec une subjectivité qui se prendrait pour la vérité, idée très à la mode, et bien imbibée de relativisme. Elle a un contenu, celui-ci ne peut être n'importe quoi, et personne n'est le gourou de l'église pour l'inventer.
@Nathalie : euh, sur les liens politiques qu'évoque Gershom Leibowicz entre les traditionalistes et, pour faire gros, les idées d'une partie de l’extrême-droite, c'est un fait que même Laguérie ne renierait pas. Dans l'ensemble des livres sur la FSSPX, groupe d'origine de l'ensemble des fondateurs de l'IBP qui n'ont jamais marqué publiquement une prise de distance avec le corps théologique et politiques des idées de Mgr Marcel Lefebvre.
L'abbé Guillaume de Tanoüarn se revendique Maurassien : "L'Action française n'est pas un parti. (...) Être d'Action française, c'est être français de toute sa conscience, c'est réaliser de toutes les consciences un héritage mental, moral et spirituel que nous n'avons pas choisi." in Pourquoi je suis d'Action française", L'Action française hebdo, 12 juin 1997.
Je m'arrête là parce que je pourrais vous faire un commentaire de 3 pages de citations.
Est-ce que cela veut dire qu'être Tradis, c'est forcément être d'extrême-droite ? Non, bien évidemment. Il ne s'agit pas de faire des amalgames. Mais il faut accepter comme un fait acquis que Mgr Lefevbre qui a porté et structuré l'intégrisme français était convaincu du bien-fondé de l'Action Française et que cette inclinaison a marqué et marque encore une partie des leaders du Traditionalisme et de l'Intégrisme Français.
Nous sommes en démocratie, donc après tout pourquoi pas ? Après la question de la compatibilité entre l’Évangile et les idées de l'extrême-droite est plus compliqué.
Pour conclure sur ce thème en ce qui me concerne; merci à Nathalie de nous démontrer la vigueur de ses convictions que pour ma part je respecte profondément , même si ce ne sont bien sûr pas les miennes. Evidemment les possibilités de discussion avec les catholiques fondamentalistes sont limitées puisque par définition ils sont les propriétaires de Dieu et les possesseurs exclusifs de la vérité(à l'instar de tous les fondamentalistes dans toutes les religions) Mais elle n'est pas sans savoir, du moins je l'espère, que le catéchisme de Saint Pie X n'est pas et loin de là, l'alpha et l'omega de la tradition de l'église.A titre d'exemple s'il semble que la primauté de l'évêque de Rome a été reconnue dès l'origine de l'église, le fondement monarchique de son autorité ne date que d'après Constantin car l'autorité politique et religieuse dont jouissait l'empereur romain a été répartie entre l'empereur et le pape . Cet exemple pour démontrer que la principale caractéristique de la Tradition est son caractère évolutif et que vouloir la figer à un moment de l'histoire est un contresens total.Ma critique des intégristes ne porte pas sur leurs idées politiques, que par ailleurs je combats, mais seulement sur le fait de subordonner la foi catholique à leurs idées, réduisant ainsi et appauvrissant terriblement la richesse du contenu du message évangélique transmis par l'église catholique. Je me souviens avoir entendu Mgr Ducaud- Bourget, grand ancien de l'abbé Laguérie ,affirmer sans rire à Saint Nicolas du Chardonnet ;"ici on vous donne le minimum indispensable pour accéder à la vie éternelle"Et bien non le message de Jésus Christ ne peut être réduit à une police d'assurance vie fut elle éternelle, non la foi d'Israel renouvelée en Jésus Christ qui est celle d'un "araméen errant "qui découvre peu à peu dans son histoire la présence et l'action aimante de Dieu, ne peut être assimilée à un ensemble de dogmes et de règles à finalité anxiolytique. Ce qui me sépare des fondamentalistes catholique comme l'abbé Laguérie est ce qui sépare la foi de la croyance. Mais je veux croire néanmoins que dans la vie concrète ,lorsqu'il s'agit d'être témoin de l'amour de Dieu pour chaque homme , et que les actes comptent plus que ce qui les motive, nous pouvons nousretrouver avec Nathalie et ceux qui pensent comme elle..
Coucou à tous. J'espère sincèrement que Jésus-Christ en qui je crois saura démèler nos divergences dans ce monde où dans l'autre.Même si on a tendance à le faire à notre image , on peut être sûrs qu'on ne le transformera pas et qu'on ne le mettra pas au pas. Alors ne nous faisons pas de bile, quelque soit notre façon de penser, croire,pratiquer ou voter, il restera toujours le même Dieu d'Amour. Je sais , c'est cucu comme réflexion. En attendant, je vous aime. Aplus.
@ patricia : je confirme le côté cucu