L’exercice de l’écriture des mémoires est toujours un particulièrement périlleux, voire franchement casse gueule. Non pas qu’une vie ne soit pas intéressante en soi. Mais il faut savoir trouver le juste équilibre entre le récit et l’utilisation du « je », le regard sur son parcours et la recherche du détail sous peine de finir très rapidement au pilon.
Joseph Doré, Archevêque de Strasbourg s’en sort très très bien. On accompagne volontiers l’enfant Nantais qui traverse la solitude des petits séminaires jusqu’au théologien parisien qui s’avance vers l’immense cathédrale gothique Notre-Dame.
Car Mgr Doré ne perd pas de temps dans des anecdotes sans importances, n’alourdit pas son discours par des grandes réflexions sur la société. Il conserve le fil rouge qu’il offre au lecteur en guise d’invitation, « Pourquoi je suis demeuré chrétien et resté catholique ». Comment le théologien, pasteur et éditeur a réussi à conserver intact sa foi en Jésus Christ et sa confiance en l’Eglise malgré les crises, les épreuves, les départs et les remises en cause.
Le petit provincial devient vite l’élève érudit qui se retrouve de l’autre côté du pupitre pour enseigner notamment ce qui va constituer une grande partie de son engagement intellectuel, la Christologie.
Car l’engagement dans l’étude, la réflexion, l’approfondissement demeure constant chez le jeune prêtre, qui pour répondre aux questionnements de ses étudiants soixante huitard va user à nouveau ses pantalons dans les amphis de la Sorbonne pour mieux comprendre les remises en cause de la société…. et donc de l’Eglise.
L’occasion pour lui de nous partager cette joie de la discussion, de l’apprentissage et du savoir, de l’étude tout simplement. Egalement d’actualiser son propos sur l’importance de la recherche aujourd’hui
Je veux témoigner avec force qu’étudier, questionner, « décortiquer » n’est pas dangereux pour la foi, bien au contraire. On entend de nouveau s’élever un murmure de plus en plus bruyant contre le travail scientifique, en particulier en matière d’exégèse historico-critique. Aussi bien quand ce travail vise les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament que lorsqu’il porte sur l’histoire de la constitution et de la rédaction des textes dogmatiques postérieurs. J’ai aussi le souvenir de l’accablement d’un jésuite bibliste, Xavier Léon-Dufour, qui, dans les années soixante-dix, avait été pris à partie par un Cardinal français : « Je ne suis pas d’accord avec vous ; d’ailleurs je ne vous lis pas et je ne vous lirai jamais », et il avait ajouté : « Pourquoi embêtez-vous les gens avec ça ?
p. 130
Dans ce panorama de la théologie, on croise quelques noms éminents comme les Pères Cazelles, Grelot, Briend, Congar, Perrot,… entre Rome et Paris, Concile et colloque.
Enfin si Mgr Doré est plus connu comme un christologue, il a également développé une réflexion intéressante autour de la vie en Eglise. Il nous livre ici quelques jalons pour l’avenir, sur la dimension humaine de l’Eglise et la nécessité de l’institution de pouvoir durer dans le temps tout en s’adaptant. Rompant avec une certaine forme d’aveuglement et de langue de bois il n’hésite pas à remettre en cause le fonctionnement même de la conférence épiscopale à qui il manque surtout (déjà ?) le désir de vivre et construire ensemble.
Dans ce livre agréable et bien construit, pas de secrets ni de révélations inattendus, ni de règlement de compte ; en revanche l’auteur, en bon théologien, affronte une à une les objections, crises et remises en causes. Mariage des prêtres, sexualité et morale, centralisation romaine, levée des excommunications,….
Enfin une nouveauté par rapport à d’autres livres, il aborde sans aucun détour et une grande humanité les attaques dont il a fait l’objet tant de la part des traditionnalistes et conservateurs que des militants frontistes.
Le temps à permis le pardon mais on sent la violence des attaques et le peu de soutien de la part d’une partie de l’Eglise qui alimente elle-même les « fantasmes qui ne sont pas toujours dénués de fondement » et dont « on reste étonné qu’une instance romaine ou le représentant d’un dicastère aient si aisément pris en considération un courrier dénonciateur sans prendre suffisamment, voire pas du tout, l’avis du principal intéressé »
Exemple avec cette remarque très ambigüe d’un Cardinal « Nous vous faisons toute confiance, mais il faut que vous soyez prudent quant à votre vie privée »

Voici un extrait de son témoignage :
Les choses m’étaient annoncées dès avant mon arrivée. Un ancien professeur de la Catho avait tenu à m’avertir par une lettre que je viens de relire. Je n’étais pas ordonné évêque que, déjà, m’écrivait-il, il avait été approché par une sorte de « délégation alsacienne » qui lui avait expliqué qu’il ne fallait pas qu’un Parisien vienne à Strasbourg. Son conseil, amical, était net : « N’y allez pas, je « les » connais, ils ne renonceront pas. » Il ne parlait évidemment pas des Alsaciens en général !
Mon tempérament n’était cependant pas à renoncer. Je l’ai déjà dit, j’avais survécu aussi bien à la solitude de l’enfance qu’à l’épreuve en Algérie. Et puis, je ne suis pas de ceux qui se font ainsi dicter leur choix. J’avais fondé toute ma vie sur la certitude que la vérité et la dignité d’un homme sont dans le fait qu’il puisse décider et être responsable de ce pour quoi il s’est décidé. J’avais dit oui , on sait que cela n’avait pas été sans peine. Maintenant j’allais y aller, point !
Je n’y allais pas pour prouver quoi que ce soit. Je me laissais conduire là où je n’avais pas choisi d’aller, et j’y allais « à cause de Jésus ». De quoi, alors, aurais-je eu crainte ? J’aaos accepté que le Seigneur soit mon berger et, à cause de lui, j’allais être le pasteur de l’Eglise d’Alsace. On verrait bien après tout…
Hélas j’ai vu. Et, je l’avoue tout de go, j’ai tremblé. La calomnie, arme terrible, et la calomnie anonyme… L’ennemi sans visage ! Soyons juste, il y a eu une lettre signée, publique, qui disais un fort, voire massif désaccord. Cela encore, ça pouvait passer. J’aurais quand même préféré une explication directe au cours d’une rencontre ; je ne l’aurais certainement pas refusée ! Mais il y a eu, surtout, les lettres anonymes.
Celles qui m’étaient adressées et celles qui étaient publiques, ou moins adressées à des destinataires choisis. Je sais que l’une d’elle au moins a été envoyée largement, y compris hors d’Alsace, à des évêques, à mon éditeur, etc. On ne sait jamais où tombent ces lettres, sauf lorsque ceux qui les reçoivent vous en avertissent. Alors, à la fois on se réjouit de la loyauté et de l’amitié de ceux et celles qui vous préviennent et vous assurent de leur soutien, et l’on craint que le souffle mauvais de la calomnie ne fasse son œuvre en d’autres cœurs. J’ai pensé : « Si ma pauvre maman, si vieille, si fragile, recevait ce genre de lettre ! » Et j’ai frémi d’épouvante. Plusieurs années après, l’un de mes amis de toujours, étranger du reste à l’Alsace, m’a avoué qu’il avait dû, au plus fort de l’affaire, se porter garant de ma « fiabilité » en très haut lieu, lequel « haut lieu » n’avait pas cru utile de s’enquérir de quoi que ce soit auprès du premier intéressé que j’étais !
Et puis bien sûr, ces lettres, pour que leur perversité soit efficace, mêlaient des proches à l’affaire. Osons dire ici ce qui a été alors répandu sous le manteau. On a prétendu que j’entretenais des relations intimes avec telle ou telle personne (féminine) de mon entourage. A-t-on songé que ces personnes avaient qui un mari, qui une famille – autant de victimes collatérales possibles ? Chaque fois on plaignait la dame, bien entendu, qui n’étais que ma victime ! C’étais moi qui étais un abject personnage, briseur de cœur, en même temps qu’imposteur impénitent. Je n’invente rien. Aurais-je dû en rire ? Je sais en tout cas que l’intention était de blesser, de me détruire. Une lettre d’une particulière violence, anonyme toujours évidemment, me parvint le matin même de ma première ordination presbytérale à la cathédrale. Son auteur était manifestement fort bien informé de la vie diocésaine. Si j’avais dû m’écrouler, cela aurait sans doute pu être ce jour-là. Une chose, cependant, m’a vite frappé dans cette manœuvre. C’est qu’autour de la calomnie principale étaient distillés un certain nombre de petits détails véridiques, qui prouvaient que la source n’étaient pas très éloignée de moi et en savait long sur mes faits et gestes. Assez pour ne pas faire que pervertir des faits réels, les travestir et les tordre par toute sorte d’insinuations, afin de donner de la crédibilité aux accusations.
Ma perplexité a été portée à son comble quand certaines personnes (qui ne m’avaient pourtant jamais manifesté ni leur compréhension ni leur soutien) m’ont demandé de leur confirmer par lettre que je ne les tenais aucunement pour responsables de ce qui m’arrivait. J’ai bien entendu protesté qu’il ne m’était pas venu à l’esprit de les soupçonner, et que je m’étonnais beaucoup du souhait ainsi exprimé. Je ne suis pas allé au-delà, mais tout cela m’a semblé bien obscur, bien contourné, bien douteux… Je sais aujourd’hui où était la source du complot, et je dois dire que j’en reste encore stupéfait. Ce que je sais, je le tairai. Je n’ai, je l’ai dit, aucun désir de revanche ou de vengeance. J’ai pardonné, vraiment. Si j’en parle, c’est parce que cela appartient à mon expérience de la vie, de cette vie dans laquelle je suis demeuré chrétien.
Page 237
A cause de Jésus ! Pourquoi je suis demeuré chrétien et reste catholique
Joseph Doré
Plon , Paris avril 2011
22€ - 375 pages


8 réactions
1 De François - 21/06/2011, 00:43
Voilà une belle recension... çà donne envie de lire et moi qui cherchait un 'bouquin' pour cet été, je crois l'avoir maintenant trouvé.
2 De Marguerite - 21/06/2011, 09:00
Moi aussi, j'ai envie de le lire. Pour connaître cet homme et pour entrer dans son pardon
3 De gershom leibowicz - 21/06/2011, 16:51
Au delà du cas particulier de cet évêque courageux qui a su rester fidèle à l'essentiel et capable de pardonner lalgré les attaques venus de son propre camp et leurs modalités particulièrement indignes,son témoignage est révélateur de graves dysfonctionnement dans la gouvernance de l'église catholique et de son aversion pour la culture du débat.En faisant semblant de croire et en voulant faire croire que ses décisions ne sont que le décryptage unanime des prescriptions inspirées par l'esprit saint,la hiérarchie catholique se situe dans le déni de réalité.comme tout groupe humain elle est traversée par des options et des conceptions différentes issues d'expériences et de cultures elles aussi différentes.Comme toute institution humaine son discours ne peut être acceptable et accepté par ses membres que s'il est issu d'un débat ouvert permettant à toutes les options de s'exprimer, et que sur cette base soit construit un consensus. D'ailleurs ne nous trompons pas si les débats de la CEF étaient publics comme aux USA c'est ce type de fonctionnement que l'on pourrait constater. Alors pourquoi faire semblant? Cette constatation s'explique par l'aversion de la culture du débat qui résulte d'une conception dans laquelle les fidèles sont considérés comme des enfants incapables de réfléchir et auxquels il faut dicter une règle sans laquelle ils ne peuvent s'orienter sur le Christ.Là aussi nous savons bien que les fidèles sont aujourd'hui cultivés voire même théologiquement formés. Un tel décalage entre le discours et la réalité conduit souvent nos évêques dont la plupart ont un véritable souci pastoral à faire le grand écart entre "la ligne du parti" et la réalité vécue par la plupart d'entre nous et à qui nos évêques et nos prêtres ont le souci d'annoncer quand même la bonne nouvelle. Ceux qui refusent ces faux semblants à l'instar de Joseph Doré subissent en conséquence les épreuves qu'il a eu à affronter. Il ne faut pas s'étonner que beaucoup de chrétiens , devant cette incohérence schizophréniques soient tentés de partir sur la pointe des pieds. Mais je crains que ce mouvement de départ ne soit même pas interprété car le souci de la pérennité de la structure semble l'emporter sur l'exigence du témoignage de l'Evangile dans sa déroutante et apparente fragilité. Ce discours en lévitation par rapport à la réalité risque de se maintenir car il remplit la fonction essentielle et à usage interne de combler les angoisses d'une hiérarchie catholique qui privilégie sa foi dans les règles de la religion par rapport à sa foi dans la seule Parole de Dieu en passant par pertes et profit les attentes du peuple de Dieu qui bien qu'ayant déserté les églises compte pourtant sur les témoins de l'Evangile, sachant les rejoindre dans la réalité et les difficultés de leurs vies. Le débat récent sur la bioéthique est à cet égard révélateur d'un comportement et d'une occasion manquée. En effet les fonctionnaires propriétaires de Dieu ont asséné des réponses simplistes et dogmatiques avant même d'avoir écouté les questions posées en intégrant toute leur complexité. Ils n'ont d'ailleurs pas hésité à recourir à l'injure en qualifiant de barbares tenant d'un eugénisme d'etat, ceux qui essaient aussi de conciler leur éthiques de citoyens de chercheur et de médecin . Voilà çà quoi conduit ce déni de réalité: à l'instar de Jonas préférant le retour au sein matriciel confortable au risque du témoignagedans un contexte non maitrisé. mais ce récit de l'écriture nous rappelle opportunément que Jonas fut ensuite entendu au delà de toute espérance . Il suffit d'un peu de foi... la structure écclésiale est comme nous tous , elle refuse d'admettre qu'un grain de foi peut déplacer des montagnes.
4 De Fred - 21/06/2011, 17:25
Je n'ai pas encore lu son livre mais quelque chose me dit que cet évêque est pour l’ordination d'hommes mariés , et probablement aussi celui de femmes aussi .Dans sa conférence à la procure il déclare qu'il désirerait un débat sur l’ordination de femme alors que Paul VI , Jean Paul II et Benoit XVI ont clos ce sujet et que même JPII y a mis tout son infaillibilité du coup je me demandais comment le pape devrait faire pour clore un débat et si au moins il a le droit de le faire . Par contre s'il veut un débat malgré les nombreuses explications de Rome sur ce sujet cela veut dire que Mgr Doré désirerait un débat pour aboutir à une autre conclusion. Et pour moi un théologien qui est pour l'ordination de femme c'est que sa théologie a certaines lacunes .Ce qui pourrait d’ailleurs expliquer à certain égard les calomnies dont il a été victime.
5 De Marc - 21/06/2011, 19:42
@Fred : Et non, il n'est pas pour l'ordination des femmes et reste très très prudent vis-à-vis de l'ordination d'hommes mariés.
Pour ce qui concerne les lacunes de la théologie et de la Christologie de Mgr Doré, je pense que là vous êtes en train de nous faire la démonstration de votre profonde inculture ; si vraiment c'était le cas, il ne bénéficierait pas de la reconnaissance internationale qui est la sienne.
Et donc selon vous, une mauvaise théologie justifie la calomnie ? Quelle étrange conception de l'Eglise et de la vie en communauté.
6 De gershom leibowicz - 21/06/2011, 20:51
Ce témoignage est effrayant, comment en effet ne pas être atterré par ce recours systématique de la part de gens qui se réclament de l'Evangile de Jésus Christ à la dénonciation anonyme et à la délation. Au delà d'un jugement moral que l'on est en droit de porter sur de telles pratiques, il faut aussi s'interroger sur ce que cela révèle des mentalités et sans doute du niveau d'angoisse que la remise en cause de mythes et de croyances par la recherche théologique est susceptible de générer au sein de l'église . Je m'interroge aussi sur la capacité de déni de la réalité que nous sommes à même de générer inconsciemment. Comment peut on en effet détourner à ce point le sens des Evangiles qui est aux antipodes d'un discours religieux de type magique pour y réintroduire cette dimension et la défendre par le recours à des moyens ignobles lorsque des théologiens comme Joseph Doré par une démarche intellectuellement rigoureuse et honnête sont conduit à la remettre en cause. Je regrette que la démarche théologique d'Eugen Drewermann qui justement intègre cette dimension de l'angoisse inhérente à la condition humaine pour déterminer sa grille de lecture des Ecritures, ait été rejetée avant même que d'être lue ni même honnêtement critiquée par la hiérarchie de l'église qui a employé à l'égard de ce théologien les mêmes méthode de dénonciation, de délation et volonté de discréditer que les "bons chrétiens" rédacteurs de lettres anonymes à l'encontre de Joseph Doré. Lorsque l'on se situe dans une logique totalitaire il ne faut pas s'étonner de voir fleurir les moyens d' expression que cette logique génère : les moyens du "témoignage constituent alors autant de contre témoignage.
7 De Fred - 22/06/2011, 02:20
@Marc
Je n’ai pas lu son livre mais j’ai quand même suivi sa conférence à La procure (sur ce livre), Conférence qu’on trouve sur le site de la procure .Et voilà les propos dont je parle : « …on doit ne pas ne pas refuser de débattre à la possibilité d’ouvrir à d’autres le ministère ordonné …ça évidemment ça doit pouvoir commencer par les hommes mariés … Est-ce qu’il faut aller jusqu’à poser la question d’ordonner les femmes ? … je n’irais pas trop vite pour des raisons de pastorale …il faut faire attention pour éviter des schismes… » 1h19
Je suis persuadé que pour Mgr Doré théologiquement il n’y a rien qui s’oppose à l’ordination des femmes et même s’il donne l’ impression d’avoir quelque réticences je ne pense pas qu’elles sont d’ordre théologique .Ce qui est clair c’est que le point de vue de Jean Paul II qui a mis son infaillibilité en jeu sur cette question n’est probablement pas celui de Mgr Doré .Quand à la discipline du célibat là aussi il est clair que le point de vue de Benoit XVI n’est pas celui de Mgr Doré sinon il l’aurait tenté de l’expliquer.
Et je n’ai pas dit que la théologie de Mgr Doré comportait des lacunes sauf si il est pour l’ordination des femmes ce qui est manifestement le cas .
De plus je n’ai pas dit qu’une mauvaise théologie justifiait les calomnies, mais que les positions théologiques ambiguës, voir progressiste n’aide pas à les démentir. De même que les calomnies à l’égard d’un prêtre en soutane comme étant membre de la FSSPX seraient plus difficile à démentir.
8 De Erasmus Minor - 27/06/2011, 10:00
Concernant la question de l'ordination des femmes, je pense qu'on peut souligner que Joseph Doré est un fidèle disciple de Joseph Moingt et qu'il suffit de se reporter à l'article publié à ce propos dans les Recherches de Sciences Religieuses pour comprendre les objections possibles au texte de Jean Paul II.
Et je ne crois pas qu'user de l'argument d'autorité puisse rendre le moindre service à l'Eglise. D'aucuns espèrent une Eglise d'hier où le clergé penserait pour l'ensemble des chrétiens. Ce n'est heureusement plus possible. Le fait que la Curie pense tout sous l'angle du pouvoir, du pouvoir à conserver, du pouvoir à défendre et pas sous l'angle du service de tout le Corps qu'est l'Eglise est à la source de bien des aveuglements romains. Sur cette question et sur d'autres.
Pour terminer, il convient de lire le livre de Joseph Doré avant de juger : ce grand théologien est un homme subtil dont la pensée claire prend le temps de l'élaboration, de l'exposition et ne s'impose sans donner ses raisons : en bref, il fait de la théologie !!!