Pour avoir notamment évoqué la question de l’ordination des hommes mariés dans une lettre pastorale de 2006, Mgr William Morris, 67 ans, évêque du diocèse de Toowoomba vient d’être démis de ses fonctions.
Voici le passage de la lettre qui semble être à l’origine de la grosse colère du Vatican :
Given our deeply held belief in the primacy of Eucharist for the identity, continuity and life of each parish community, we may well need to be much more open towards other options for ensuring that Eucharist may be celebrated. As has been discussed internationally, nationally and locally the ideas of:
- ordaining married, single or widowed men who are chosen and endorsed by their local parish community;
- welcoming former priests, married or single, back to active ministry;
- ordaining women, married or single;
- recognising Anglican, Lutheran and Uniting Church Orders.
We remain committed to actively promoting vocations to the current celibate male priesthood and open to inviting priests from overseas.Advent Pastoral Letter 2006, Bishop William Morris
En voici une traduction rapide [1] :
Compte tenu de notre profonde conviction en la primauté de l'Eucharistie pour l'identité, la continuité et la vie de chaque communauté paroissiale, on peut avoir besoin d'être beaucoup plus ouvert vers d'autres options pour s’assurer que l'Eucharistie puisse être célébrée. Comme cela a été discuté au niveau international, national et local les idées sont :
- ordination d'hommes mariés, célibataires ou veufs qui sont choisis et approuvés par leurs communautés paroissiales;
- accueillir d'anciens prêtres, mariés ou célibataires, de retour dans un ministère actif;
- l'ordination des femmes, mariées ou célibataires;
- reconnaître les Anglicans, Luthériens dans une Eglise unie.
Nous restons déterminés à promouvoir activement les vocations au sacerdoce des hommes célibataires et à inviter des prêtres d’autres pays.
Sachant que cette considération n’intervient qu’après une longue introduction sur la difficulté à faire vivre l’Eucharistie sur l’ensemble du territoire de son Diocèse. En effet, en se projetant à 2014, Mgr Morris estime qu’il y aura 18 prêtres actifs dont aucun de moins de 61 ans…. Pour un diocèse de près de 500.000 km2 [2] et 230 000 habitants.
Son propos est plus le cri de désespoir d’un pasteur qui n’a plus les moyens d’assurer sa mission que celui d’un révolutionnaire nourri au petit livre rouge et avide d’en découdre avec les Cardinaux de la Curie.
Cette sanction est donc totalement disproportionnée mais surtout très très rare, suffisamment pour être relevé. Mais que l’on ne se trompe pas ici de débat. La question n’est pas de savoir si oui ou non il est possible théologiquement et opportun pastoralement d’ouvrir plus largement l’accès à l’ordination. La question est récurrente depuis déjà 50 ans, au moins en Europe.
Rappelons par exemple que jeune théologien, Joseph Ratzinger avait co-signé une déclaration en ce sens en 1970 et qu’il y a quelques mois, 150 théologiens Allemand ont adressés une demande similaire au Vatican.
Ce débat a des défenseurs et avocats, des juges et procureurs. Et malgré la fougue des deux camps à défendre le bien fondé de leurs positions, il nous faut admettre ici encore qu’il n’y a pas « une » réponse définitive, une vérité totale et absolue : sinon pourquoi le Pape Paul VI aurait-il posé la question lors du Synode Romain de 1971 si cette règle disciplinaire n’était pas modifiable ?
D’ailleurs la formulation de sa question de l’époque est intéressante : « Etes-vous pour le maintien total de la discipline actuelle ou possibilité, en raison des nécessités pastorales, d’ordination d’hommes mariés à l’initiative du pape ? » L’élément d’appréciation repose principalement sur la notion de nécessité pastorale. Le maintien de la discipline a finalement obtenu 107 voix, celui de l’ordination 87.
Ce sujet dépasse largement la querelle théologique et comme le remarque très justement PB Cordier sur Twitter, nous ramène à une autre beaucoup plus centrale et essentielle : la question n'est pas tant de savoir qui ordonner mais quelle église nous voulons et pour qui ?
Non, ce qui se joue sur les terres australiennes, c’est autant le débat sur le débat, un effet boomerang d’un héritage difficile qu’une difficile posture médiatique à venir.
Débattre du débat
Est-ce que c’est le fait d’avoir pris ainsi position dans une lettre pastorale et non pas dans un livre ou une interview qui a coûté sa mitre à Mgr Morris ? N’importe quel Evêque sait que le sujet est « chaud ». Mais l’est-il donc au point que Rome en arrive à de telles extrémités ?
Car quelle est vraiment la différence entre un Evêque qui affirme clairement sa position et un Evêque qui demande qu’un débat puisse un jour exister au niveau de l’Eglise universelle ? Faire une telle demande, n’est-ce pas reconnaître que des options pastorales différentes se présentent aujourd’hui ? Pour ne reprendre que les derniers mois, Mgr Doré Archevêque émérite de Strasbourg, Mgr Deniau Evêque de Nevers ou Mgr Rouet, Archevêque émérite de Poitiers se sont exprimés [3], chacun avec ses options et sa sensibilité sur le sujet. Sont-ils eux aussi coupables « d’oser » prendre la parole ?
Et si Mgr Morris était un « exemple » à l’adresse de tous les Evêques et théologiens qui « osent » encore exprimer leur avis sur les sujets « sensibles » ?
Gardons néanmoins en mémoire que le débat sur une plus grande ouverture du sacrement de l’ordination n’est pas tout a fait représentatif de la difficulté actuelle d’ouvrir de nouveaux horizons dans l’Eglise et a depuis le 22 mai 1994 un statut très particulier.
Infaillibilité ?
C’est a cette date que le pape Jean-Paul II réaffirme que l'ordination est réservée aux hommes. La démonstration théologique est classique. Ce qui l’est moins, c’est qu’il engage sur cette décision plus que sa responsabilité, son infaillibilité. [4]
Bien que la doctrine sur l'ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l'Église et qu'elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l'Église de ne pas admettre les femmes à l'ordination sacerdotale.
C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église.
Lettre Apostolique Ordination Sacerdotalis, 22 mai 1994, Jean-Paul II
Ce qui fera écrire au Père Bernard Sesboüé de manière assez prophétique
Cette manière forte est-elle un signe de force ? L'appel à l'infaillibilité pour une question nouvelle est un peu la « bombe atomique » dans l'arsenal dogmatique de l'Eglise. C'est une arme redoutable qui risque de devenir un boomerang. Notre monde ne serait-il pas beaucoup plus sensible à un enseignement qui sache convaincre par la valeur des raisons qu'il invoque, par le dialogue qu'il accepte de conduire et par le ton constructif et chaleureux qu'il prend pour témoigner de l'Evangile ?
"Magistère et Infaillibilité", Bernard Sesboüé, La Croix, 30 novembre 1995
Cela fait aussi partie de l’héritage de Jean-Paul II.
Le Pape actuel n’a donc pas beaucoup de marge de manœuvre : ne rien faire, c’est signifier que finalement cette lettre n’a aucune valeur. Ouvrir le débat au niveau universel, c’est remettre en cause la théologie sous-jacente à cette lettre et donc reconnaître que l’Eglise, par la voix de Jean-Paul II a eu tort.
Bombe atomique alors ? Surtout une bombe à retardement qui vient de faire une victime directe.
La prochaine sera collatérale, c’est Rome et avec elle toute l’Eglise Catholique.
Quelle crédibilité demain ?
Le Vatican a donc décidé de fermer définitivement le débat et essaye de faire la preuve de sa détermination à ne plus entendre de voix discordantes.
Parallèlement, l’Eglise intervient régulièrement dans les grands débats qui traversent notre société : écologie, éthique, migrants, économie, solidarité….. ce qui en soi est nécessaire et légitime.
Mais comment vivre sur le long terme cette tension entre une institution qui interdit le débat en son sein mais veut peser de tout son poids auprès de l’opinion publique ? Comment pouvons-nous être naïfs au point de croire que cela ne va pas nous revenir comme un argument massue un jour ou l’autre ? En se décrédibilisant de cette manière, nous prenons le risque de devenir inaudible en raison du décalage entre nos actes et nos mots.
Il ne s’agit pas pour l’Eglise de devenir une démocratie, mais de laisser s’exprimer avec plus de liberté l’ensemble du Peuple de Dieu et notamment ses pasteurs. Pas vraiment une révolution…. quoique…
Idem pour le manque de transparence de la procédure canonique. Mgr William Morris n’ayant pas eu accès au dossier du visiteur apostolique Mgr Charles Chaput, cela limite la possibilité de pouvoir se justifier. Le fait n’est pas vraiment nouveau malheureusement. Difficile là aussi de pouvoir être crédible dans la dénonciation de l’absence de liberté dans des Etats quand soi-même on se refuse à organiser un minimum de transparence dans ses procédures disciplinaires.
Deuxième conséquence, sans doute la plus grave : quelle image allons-nous donner de nous même entre ceux que l’Eglise raccompagne vers la porte et ceux qu’elle accueille ?
Gardons toujours en tête que la grande majorité des médias ne rentrent pas dans les détails théologiques et les affres des procédures canoniques. Avoir des regrets ? Faire de la pédagogie ? C’est nécessaire mais cela ne changera au fond pas grand-chose. Nous sommes dans une société de l’image et du symbole où le poids des mots ne pèse plus grand-chose.
D’un côté le Vatican décide d’ouvrir un dialogue avec la FSSPX et des évêques intégristes, de l’autre elle sanctionne des théologiens et des Evêques.
Après les vagues, c’est bien la seule chose qui restera dans l’écume de la mémoire des personnes.
Notes
[1] et un peu approximative, pardon d’avance aux anglicistes distingués 
[2] Pour mémoire, la France c’est 675 417 km2
[3] Dans l’ordre Mgr Doré, A cause de Jésus – Plon 2011, Mgr Deniau, Un évêque en toute bonne foi – Fayard 2011, Mgr Rouet, Vous avez fait de moi un Evêque heureux, Edition de l’Atelier 2011
[4] Mais pas au sens dogmatique, bien sûr


17 réactions
1 De Corine - 11/05/2011, 07:12
Merci de votre analyse, très éclairante. Et surtout des questions que vous posez parce que je pense que nous sommes très nombreux à nous poser les mêmes.
2 De leprof - 11/05/2011, 08:42
Article très intéressant. Attention toutefois : une grosse erreur de traduction dans le premier tiret de la lettre pastorale. Il faut lire :
- ordination d'HOMMES mariés, célibataires ou veufs ("ordaining married, single or widowed MEN")
3 De Marc - 11/05/2011, 08:48
@leprof : ah oui, je corrige ça tout de suite, traduction un peu à l'arrache... merci.
4 De Goéland - 11/05/2011, 10:06
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec votre réaction. Reprenons les 4 points présentés par Mgr Morris :
- ordination d'hommes mariés, célibataires ou veufs...
Le débat sur l'ordination d'hommes mariés est ouvert dans l'Eglise. La réponse, dans l'Eglise catholique romaine latine, est non jusqu'à présent, mais ce débat existe, et aucun pape n'a jamais dit que c'était une hérésie. Ce n'est à mon avis pas une bonne réponse, mais ça vaut le coup d'y penser. En revanche, Jean-Paul II n'a jamais engagé son infaillibilité pour dire que ces ordinations n'étaient pas possibles. Il y a là, il me semble, une confusion dans votre article.
- accueillir d'anciens prêtres, mariés ou célibataires, de retour dans un ministère actif;
Je ne vois pas bien ce que peut signifier "d'anciens prêtres". Une fois ordonné, on est prêtre à jamais, même si on peut choisir de ne plus célébrer, ou être réduit à l'état laïc (ce qui n'enlève toutefois pas la qualité de prêtre me semble-t-il). Mais dans ce cas, la question est plutôt : ces prêtres qui ont choisi de cesser de célébrer veulent-ils revenir ? C'est un cas à étudier. Mais le fait qu'ils aient pu se marier change quand même la donne.
- l'ordination des femmes, mariées ou célibataires;
C'est uniquement là-dessus que JPII avait dit "nous ne pouvons pas", et qu'il avait "engagé" son infaillibilité.
- reconnaître les Anglicans, Luthériens dans une Eglise unie.
Là-dessus, tout le monde le souhaiterait. Mais encore faut-il professer la même foi. A quoi servirait-il d'assister à l'Eucharistie célébrée par un pasteur luthérien, si celui-ci ne croit pas que c'est réellement le Corps du Christ qu'il tient dans ses mains ? Ce n'est, si on veut, qu'un détail de la Foi chrétienne, mais il a quand même son importance ! Mais il faut tendre de toutes nos forces vers l'Unité des Chrétiens. Et je crois que Benoît XVI y travaille, avec les schismatiques lefevristes, et avec les orthodoxes, qui sont actuellement les plus proches de l'Eglise. Pourvu que ces discussions, ainsi que celles qui existent avec les protestants de toutes les églises, avancent !!!
Alors la révocation de Mgr Morris était-elle justifiée, s'est-elle faite dans les règles, a-t-il pu défendre sa cause ? Je l'espère, sans en être certain. Mais qu'un évêque ait pu, dans une publication officielle, dire clairement le contraire de ce que Jean-Paul II avait dit sur l'ordination de femmes en engageant son infaillibilité, est suffisamment gênant pour qu'on lui ait demandé, soit de se rétracter, soit de partir. Si un évêque n'est pas d'accord avec le pape, il assume.
5 De NM - 11/05/2011, 10:22
Les questions soulevées sont très différentes : notamment l'ordination d'hommes mariés et l'ordination des femmes ne sont pas sur le même registre. Le mélange a sans doute été fatal à Mgr Morris...
Les nécessités pastorales me laissent toujours dubitatifs car cela me semble parfois tellement proche d'une sorte de gestion des RH. Après tout pourquoi ne pas demander à des hommes ou à des femmes de gérer l'évangélisation efficacement même s'ils ne sont pas croyants par exemple...? Bref, cela ne me convainc pas...
Sur la forme et la procédure (c'est marrant mais là on peut faire un peu de juridisme... mais cela ne me déplait pas), ce que je perçois m'étonne et me choque un peu c'est vrai.Ce n'est certainement pas satisfaisant alors que la sanction est forte et peut-être disproportionnée.
6 De Vieil imbécile - 11/05/2011, 10:24
Je souscris à la réaction de Goéland... sauf pour l'euphémisme "Je ne suis pas tout à fait d'accord"...
7 De Sanchez - 11/05/2011, 17:21
Cher Marc
Je ne comprend pas pourquoi vous présentez la lettre de Mgr Morris comme étant la cause de cette révocation alors qu'elle est tout simplement la goûte qui a fait déborder le verre . La crise entre Mgr Morris et Rome dure depuis au moins une décennie , ça fait au moins depuis 10ans que Mgr Morris nargue Rome
1) Dés le début de sa charge le nouvel évêque évitait déjà le col romain, préférant porter une cravate arborant son blason épiscopal même pour des occasions où la nécessité est obligatoire.
2) Mgr Morris refusaient et encouragent la pratiquer de ne pas donner la première confession aux enfants se préparant à la première communion.
3) Plus sérieusement et plus grave, il a approuvé la pratique généralisée de services à laquelle les prêtres offriraient une absolution générale, en dépit de directives claires canonique que l’absolution générale doit être utilisée uniquement dans des circonstances extrêmes. Cette question de l’utilisation de l absolution générale a conduit à un différend entre l’évêque et le cardinal Francis Arinze en 1997.
4) Les tensions qui couvaient entre l’évêque Morris et le Vatican est venu à ébullition en 2006, quand l’évêque australien a écrit une lettre pastorale dans laquelle il suggérait que l’Église devrait considérer l’ordination des femmes, comme un moyen de répondre à la pénurie de prêtres sans tenir compte de la lettre apostolique 1994 Ordinatio Sacerdotalis de Jean Paul II et du Code de Droit Canonique, qui en fait une infraction punissable de remettre en cause l’enseignement durable de l’Eglise qu’il est impossible pour l’ordination des femmes.
5) En Juin 2009, après 2 ou 3 rencontres avec le préfet de la congrégation des évêques il a rencontré le pape Benoît XVI pour discuter de la situation. Le pape a apparemment estimé que l’évêque australien avait accepté de démissionner mais celui-ci s’es récuser par après .
Comme vous le constatez vous-même cette décision malheureuse est intervenue après plus d’une décennie de conflit entre l’évêque et le Vatican, et près de quatre ans après qu’il lui a été demandé de démissionner. La longue histoire de ce conflit suggère que le Vatican a tout fait pour donner l’évêque australien un procès équitable, de lui fournir de nombreuses occasions de corriger les erreurs, et enfin d’organiser un départ tranquille ce que Mgr Morris a obstinément refusé.Alors pourquoi ne présentez vous pas l'information telle qu'elle est ?
8 De Sanchez - 11/05/2011, 17:27
Voilà un résume des faits qui lui sont reproché :
Lien vers article
Ensuite la question est de savoir ce qu'on doit faire d'un évêque qui décide de faire cavalier seul comme Mgr Morris.
9 De François - 11/05/2011, 18:28
Bonjour,
J'avoue ne pas comprendre tant d'incompréhension.
1) Admettons pour les hommes mariés, même s'il serait tout de même appréciable qu'un jour on respecte un peu plus ce qu'enseignent Rome et la tradition de l'Eglise.
2) Le problème pour l'ordination des femmes est la validité du sacrement. Jean-Paul II a tranché, définitivement semble-t-il, que l'ordre ne peut être reçu validement par des femmes. Les femmes-prêtres ne seront donc que des femmes-pasteurs, jamais des prêtres catholiques capables de célébrer in personna Christi le saint sacrifice de la Messe.
3) Si Mgr Morris veut une union avec Anglicans et Luthériens, ce n'est sans doute pas un hasard : il s'agit précisément de communautés qui ne peuvent plus être considérées comme des Eglises, précisément parce que la hiérarchie s'y est éteinte : les sacrements des ministres anglicans sont invalides ; quant aux Luthériens, la chose est plus évidente encore, en tant qu'ils ont visiblement renoncé à une hiérarchie dont les Anglicans ont du moins gardé les apparences.
En somme, il me semble que Mgr Morris méconnaît l'importance des sacrements, qui sont tout de même censés communiquer la grâce lorsqu'ils sont valides. Rome l'a donc sanctionné en raison de la grave confusion qu'il répandait dans le peuple chrétien.
10 De Vieil imbécile - 11/05/2011, 23:55
Merci Sanchez pour votre contribution ! en fait l'affaire ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de Mgr Gaillot... un évêque qui n'existe que par ses attaques contre le magistère, une presse qui se régale de cette opposition interne, une sanction qui survient après moultes recherches de solutions, la presse qui s'en désintéresse immédiatement car une opposition externe est infiniment moins croustillante qu'une opposition interne, et un héros marionnette qui tombe immédiatement dans l'oubli.
Et puis il y a un autre point... Mgr Morris n'aurait plus que 18 prêtres actifs en 2014. Peut-on s'en étonner ? les propositions qu'il a osé faire montrent une incompréhension, un mépris pour le sacerdoce que tous les jeunes appelés à la vocation n'ont certainement pas manqué de percevoir depuis de nombreuses années ! je gage que les diocèses aux alentours ne sont pas dans la même situation et bénéficient de l'exode de tous les prêtres ne supportant cette "pasteurisation" de leur sacerdoce.
Que Rome décide de mettre fin à cette déliquescence (pas UNE vocation depuis 30 ans semble-t-il puisque le prêtre le plus jeune a 58 ans... ou bien des départs) est quand même avant tout une bonne nouvelle, non ? Deo Gratias ! Le titre n'aurait pas dû être "Tais-toi et marche !", mais "Avance enfin au large !"
11 De Incarnare - 12/05/2011, 08:22
Ayant habité en Australie, je voudrais évoquer deux réalités de l'Église australienne dans les régions isolées du centre (et Toowoomba est loin d'être le plus isolé).
- D'abord - et Marc le mentionne - les distances sont énormes : il existe dans ces régions des "flying priests"... autant vous dire que ce sont des régions où la logique de guichet de l’Église française (qui est déjà à la peine dans un territoire réduit et densément peuplé comme notre pays) est au mieux inappropriée. Dans le doyenné de l'ouest, le plus vaste, il y a.... 3 paroisses !
- Ces régions sont, à l'exception des zones minières, peuplées majoritairement d'aborigènes. Et là, il faut savoir que très peu d'aborigènes ont été ordonnés prêtres, et qu'aucun n'a tenu dans le célibat. Celui-ci est culturellement incompatible avec le mode de vie aborigène.
Seulement, certains, comme le Cardinal Pell de Sydney (que j'admire pour d'autres raisons), souhaitent que l'Eglise australienne soit plus romaine que Rome.. c'est sans doute pertinent dans les grandes villes, comme Sydney ou Melbourne, mais pas pour les régions indigènes.
Le souci, c'est que ces régions sont trop "jeunes" dans l’Église pour que celle-ci accepte de reconnaître, comme dans les régions orientales, que le célibat ne s'y impose pas. L'Eglise est incapable de reconnaître une culture qui la précède de près de 10 000 ans !
Pour moi, la grande question est donc celle de l'inculturation : le site du diocèse de Toowoomba en est un exemple flagrant, avec son entête "Pilgrim People Living God's Dream".
Le concept du "temps du rêve" est un concept aborigène majeur et c'est parce qu'elle a su reconnaître que ce "temps du rêve" (sorte de conte an-historique semblable à la Genèse) contenait, comme nombre d'allégories humaines, une intuition de la révélation divine, que l’Église a pu accueillir nombre d'aborigènes.
12 De Jean-Baptiste Bourgoin - 12/05/2011, 09:32
"Tais toi et marche" ...
Résumé de l'affaire par Monsieur Marc Favreau :
«Pour avoir notamment évoqué la question de l’ordination des hommes mariés dans une lettre pastorale de 2006, Mgr William Morris, 67 ans, évêque du diocèse de Toowoomba vient d’être démis de ses fonctions.»
Dis comme cela on comprend le titre de ce billet.
Mais que nous dit ce billet ? Que le monsieur en question évoque également l'ordination des femmes.
Que ne nous dit pas ce billet ?
Tout le reste :
1) Le contentieux qui existe depuis des années entre cet évêque et Rome, comme l'a bien rappelé Sanchez.
2) Les raisons pour lesquelles il a été démis ce ces fonctions. Car, il faut tout de même le remarquer, dans cet article on n'entend JAMAIS la voix de Rome. De purs "on dit" : "il aurait été démis de ces fonction pour avoir évoqué notamment la question de l'ordination des hommes".
Bref, une attaque gratuite et de mauvaise foi, mais franchement on est habitué sur ce site d'un "professionnel" de la communication...
13 De Marc - 12/05/2011, 12:39
Moi aussi je suis habitué à vos commentaires mais je crois que je me lasse à force.
A propos d’attaque gratuite, c’est quoi votre dernière phrase : "professionnel" de la communication... nous travaillons ensemble peut être ? On se connaît ? Nan je ne pense pas à priori. Cette remarque est inopportune.
Soyez au moins cohérent avec vous-même. Pour le reste, personne ne vous oblige à me lire et j’accepte les critiques et commentaires, mais à partir du moment ou cela reste courtois.
14 De Jean-Baptiste Bourgoin - 12/05/2011, 14:12
Vous avez raison, j'ai été discourtois et malveillant. Je ne suis pas obligé de vous lire, c'est juste, c'est si juste que j'y ai bien souvent pensé. Mais je ne le fais pas. Je ne le fais pas d'abord parce que je trouve votre blogue aussi intéressant qu'exaspérant, et ensuite, et surtout, parce que je n'ai pas envie de filtrer Internet aux seuls discours avec lesquels je suis d'accord.
Je ne suis pas vraiment fier de la manière dont je vous ai parlé, en revanche je suis heureux que vous m'ayez répondu ainsi. Heureux car votre réponse est juste. Tellement juste que j'aimerai que vous vous l'appliquiez à vous-même lorsque vous parlez de l'Église, et plus précisément du Magistère.
"Tais-toi et marche" n'est pas une manière courtoise de parler du Magistère, surtout lorsque vous parlez d'une affaire dont vous ignorez des pans entiers. Votre texte n'est pas une analyse de cette affaire, c'est l'occasion d'une charge contre l'Église.
Or, à nouveau, vos propos s'appliquent ici :vous n'êtes pas obligé de vous tenir au courant de ce qui se passe au Vatican, ni de lire les papiers du Magistère.
Vous me répondrez qu'ici la chose est publique, que le Vatican a un pouvoir "politique" sur l'ensemble de l'Église. C'est vrai.
De la même, vos propos sont publics et en tant que vous parlez en chrétien de l'Église, vos propos me préoccupent.
Ex æquo donc, nous avons tous les deux à nous amender et faire preuve de courtoisie : moi vis-à-vis de vous, vous vis-à-vis du Magistère.
15 De Marc - 12/05/2011, 15:52
Vous êtes malin
En fait le titre concerne la manière dont je perçois l'attitude du Vatican en direction de l’Évêque. Je trouve qu'il y a un côté un peu militaire, une manière de dire aux Évêques "on ne vous demande pas votre avis, faites votre boulot et puis cela sera déjà bien comme ça."
Oui j'ignore des pans entiers de l'histoire c'est vrai, mais à qui la faute ? Ce n'est quand même pas ma faute si du côté du Vatican ou même de la conférence des Evêques Australiens il n'y a aucune info ! Sanchez me propose une piste que je vais suivre, pour l'instant, je reste un peu sur ma faim. On parle d'un rapport, d'accord, c'est très bien, mais il est où ?
Pour le reste, j'estime être courtois envers l'Eglise, je suis souvent critique, mais j'essaye d'expliquer pourquoi je ne suis pas d'accord ou pourquoi je ne comprends pas.
Après après .... libre à chacun de me suivre, je n'estime pas avoir la Vérité, simplement un avis.
16 De Jean-Baptiste Bourgoin - 12/05/2011, 18:00
«on ne vous demande pas votre avis, faites votre boulot et puis cela sera déjà bien comme ça»
Oh, vous savez que ça ne se passe pas tout à fait comme ça ! Les évêques peuvent donner leur avis. À ce que je sache Schönborn n'a pas été inquiété pour avoir évoqué l'ordination d'hommes mariés il y a un ou deux ans, et puis il y a les Synodes et tout ça.
Vous estimez être courtois ? Si vous le dite, c'est que c'est vrai et alors c'est moi qui vous comprend mal ou c'est vous qui n'exprimez pas toujours très bien vos pensées. Dans les deux cas mon attitude, peu évangélique en soi, l'est encore moins.
Pour le coup j'ai bien peur d'être effectivement malin, mais au sens propre... Ce qui n'est pas vraiment à mon honneur !
Au fond, je suis obligé de vous avouer que j'apprécie votre blog, c'est pourquoi je suis toujours ici, et si je suis violent à votre égard c'est peut-être parce que vous posez des questions que je n'ai pas vraiment envie d'entendre mais qu'il m'est impossible de ne pas poser. Aussi, je vous prie de pardonner mes mauvaises paroles, je ne les pensent pas vraiment, et je regrette toujours de les avoir écrite. Je le regrette à moitié, je n'aime pas ce que je vous fais mais je me persuade que la "cause" me justifie. Ce qui n'est pas franchement charitable.
Je suis désolé de déballer ainsi mes états d'âme, mais je me devais "d'expliquer" mes propos afin de ne pas vous blesser.
Cela dit, je ne partage toujours pas votre opinion sur l'affaire :D
17 De Marc - 12/05/2011, 18:11
Sans rancune donc.