Après le déjà célèbre, en 2010 Jésus Crise, la campagne 2011 du denier de l’Eglise du Diocèse de Nancy-Toul fait encore couler beaucoup d’encre. Tant mieux !

Une remarque et deux extraits de la presse particulièrement intéressants sur cette démarche.
Une vision nationale des différentes campagnes, notamment en 2009 et 2010, montre qu’une fois qu’un Diocèse a fait le choix de sortir des campagnes un peu « classique », il n’est plus possible de revenir en arrière. Une dynamique s’enclenche et une attente se crée autour de cette manifestation.
Précurseur dans ce domaine, l’Eglise Catholique de Genève a ouvert la voie, imitée désormais par de nombreux diocèses français.
Dans quelques années, une frontière va se faire jour entre les diocèses qui osent avoir une approche un peu marketing et les autres. Il sera intéressant de mesurer l’impact de cette démarche sur les donateurs.
Deux courts passages, le premier de la dépêche AFP, le deuxième de Brigitte Meyer, directrice de l’agence bbcom en charge de la communication autour du denier de l’Eglise pour le Diocèse de Nancy.
L'année dernière, une campagne qui s'était donnée pour slogan "Jésus crise: donnez, que diable" avait déjà suscité un certain émoi dans la communauté catholique locale, mais avait porté ses fruits, selon le diocèse.
"Nous avons touché 1.000 nouveaux donateurs, plus jeunes que la moyenne. Et, alors que chaque année, on subissait une érosion des dons, nous avons au contraire réussi à limiter nos pertes", affirme la porte-parole.
Le diocèse de Nancy détourne une croix en revolver pour appeler aux dons – AFP
Travaille-t-on avec l’Église de la même manière qu’avec ses autres clients ?
Pas tout à fait. Il ne s’agit pas de vendre un produit, mais de faire la promotion de valeurs. On est donc sur une démarche d’adhésion. Le don appelle aussi de la transcendance. Si la logique publicitaire est nécessaire, il ne faut pas non plus choquer. Il y a un dosage de curseur qui n’est pas évident à situer. Dans notre société actuelle, la religion est un sujet tabou nécessitant de la prudence.
En travaillant avec le diocèse, je me suis rendu compte que l’Église était comparable à un membre de la famille auquel on ne fait pas attention, jusqu’au jour où il n’est plus là. C’est presque l’état des lieux aujourd’hui. C’est pour cela qu’il est nécessaire de se repositionner pour réveiller les consciences et toucher un plus large public. Mais bbcom ne fait que de la communication et l’Église a bien sûr sa part de responsabilité dans la façon dont elle s’ouvre au monde. S’il y a un trop grand décalage entre la modernité affichée dans la communication et le comportement de l’Église, de ses cadres et des catholiques d’une manière générale, la cible ne s’y retrouvera pas et ne donnera plus sa confiance.
Les dessous d’une campagne, Diocèse de Nancy et de Toul


2 réactions
1 De Le Spirituel D'abord - 30/03/2011, 13:27
Pas très fan du détournement de la croix. Mais quand mettrons-nous les moyens dans l'Evangélisation ? Faire une campagne pour annoncer Noël ou Pâques (cf diocèse Vienne en Autriche) ou pour inviter les gens à la messe (cf diocèse Narbonne) ok. Mais pour dire aux gens de donner à l'Eglise, sans leur parler du Christ, je ne comprends pas.
2 De Le Spirituel D'abord - 30/03/2011, 13:32
erratum diocèse Carcassonne