Nous sommes devant dans une crise qui dépasse largement les petits accords entre partis, les œillades à droite et à gauche ou les tentatives de greenwashing.

Notre système démocratique est malade, sur la forme et sur le fond. Le résultat de 56% d’abstention en est la preuve la plus visible. Il y a des débats beaucoup plus importants que celui que nous propose actuellement la majorité présidentielle : celui d’une grande réforme de l’organisation des élections et des mandats dans laquelle les mots de non cumul des mandats dans le temps et l’espace, parité ou vote par internet ne seront pas des gros mots.

C’est la condition nécessaire mais non suffisante pour un renouvellement des hommes[1] et des idées. Car c’est je le pense, peut être naïvement, ce qu’attendent une grande partie des français.

D’ici là, la campagne pour 2012 est en marche depuis hier soir.

Et parce qu’à la suite de Marc Cohen dans Causeur ou d’Alexandre Piquard dans Le Monde je ne pense pas que le FN soit à 11%, je suis sûr qu’il ne sera pas que spectateur au soir du premier tour de l’élection présidentielle.

L’Archevêque de Monaco, Mgr Bernard Barsi, a rappelé il y a quelques semaines que l’adhésion à la Franc-maçonnerie était incompatible avec la foi catholique. Dont acte. Par la voix de ses représentants, l’Eglise aime rappeler que l’adhésion au Christ engendre quelques obligations. Si si, c’est vrai !

Il me semble donc normal moi aussi de faire un petit rappel à l’attention des distraits et lunatiques à travers quelques extraits sur l’incompatibilité entre les idées réflexions thèses de l’extrême droite et l’Évangile.

Chrétiens, nous ne supportons pas les mensonges du candidat de l'exclusion, du mépris et de la haine, notamment quand il détourne l'Evangile à son profit. Le projet de société qu'il propose n'a rien à voir avec le message d'amour et d'espérance du Christ.

Communiqué de la Conférence Episcopale à la suite du premier tour de l’élection présidentielle en 2002

Il y a dans la doctrine du FN des éléments contraires au respect de la dignité de l'homme. Dignité qui ne dépend ni d'une race ni d'une nationalité.

Mgr Louis-Marie Billé, Président de la Conférence des Evêques de France, mars 1998

Quand un homme public ose affirmer comme une vérité l’inégalité des races, il y a danger pour l’ensemble de la société. Cette affirmation sape les fondements de la solidarité si nécessaire en temps de crise. Elle alimente les comportements racistes, le mépris de l’autre, l’exclusion. Elle est une atteinte à l’identité nationale fondée sur les valeurs acceptées par tous, la liberté, l’égalité et la fraternité. Pour un chrétien, ces propos sont inacceptables. L’Evangile du Christ nous rappelle que toute personne humaine, quelle que soit son origine ou sa condition, est sujet d’une dignité absolue qui ne saurait être violée ou méprisée. Cette égale dignité, fondée sur l’image de Dieu que tout homme porte en lui, constitue la base de toute fraternité.

Comité épiscopal des migrations, 18 septembre 1996

Et pour finir deux vidéos, impressions du Cardinal Jean-Marie Lustiger à la suite du discours de Jean-Marie Le Pen sur l’inégalité des races en 1996. Clair et lucide, comme d’habitude puis réaction du Cardinal Albert Decourtray en 1985



A lire sur le même sujet le très bon article de Pneumatis.

Notes

[1] J’aimerais bien écrire des femmes mais cela serait juste pour faire politiquement correct…