
Avant c’était bien, c’était simple.
C’était blanc ou noir, tout était compartimenté, chacun à sa place.
Les conservateurs de tous poils lisaient tellement les encycliques qu’ils en avaient oublié l’existence des Evangiles, ils défendaient Pie XII, le latin et l’encens, condamnaient l’avortement et le dialogue œcuménique et votaient à droite de ce sale communiste de Jean-Marie Le Pen.
Les progressistes de leur côté militant façon parvis faisaient des cercles de silence, des pèlerinages à Partenia auprès du chevet du soldat Gaillot, demandaient la possibilité pour les prêtres de se marier, l’ordination des femmes, la fin du centralisme romain,...
Et puis Benoît seizième du nom est arrivé et a foutu un beau bordel dans tout ça….
Nouvelle illustration avec cette histoire de capote.
Car le préservatif est à l’Eglise ce que la puce est au chien. Son importance est inversement proportionnelle à l’attention que cela provoque.
Il suffit de 2 petites lignes dans un livre d’entretien avec Benoît XVI pour que l’ensemble des médias se lancent dans de grands débats sur l’évolution du pape, la remise en cause de la théologie morale et patati et patata…
Les uns essayent de justifier que non non non c’est faux, qu’il s’agit d’une erreur de traduction, que le non capotus in bitus est une vérité d’ordre dogmatique qui nous préserve des affres de la modernité et du relativisme.
Les autres pensent que oui, c’est une avancée, mais qu’ "il n’a pas évoqué un seul instant les lubrifiants à base d’eau ni indiqué que le sachet du préservatif doit être obligatoirement estampillé du sigle « NF ». " et que sa responsabilité de souverain pontife incombe maintenant une prise de position sur l’ensemble des sujets relatifs à la braguette.
Car c’est peut être un des aspects les plus amusants de ce nouvel épisode médiatique autour de Benoît XVI, c’est de voir comment les uns et les autres essayent désespérément de se raccrocher aux branches, de se remettre dans les cases qu’ils avaient bien soigneusement aménagés pour leur petit confort.
Oui mais voilà, Benoît XVI est un bordélique : il aime l’encens et Vatican II, remet en cause la perception d’une cathophobie et appelle à défendre la vie dès la naissance, appelle les conférences épiscopales à jouer un rôle plus important et valorise l’image un peu poussiéreuse du Curé d’Ars….
Je ne suis pas souvent d’accord avec lui, mais j’aime bien cette façon qu’il a de jongler avec des thématiques que quelques lobbyistes avaient soigneusement préemptées.
Du coup, j’ai hâte de lire son livre 
Pour finir, si vous ne devez lire que trois articles sur le sujet, c’est chez Isabelle de Gaulmyn, Frédéric Mounier et Témoignage Chrétien que cela se passe. Le reste est superflu.
Dessin de Martin Vidberg du blog l'Actu en patates
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3 réactions
1 De Jean-Baptiste Bourgoin - 24/11/2010, 23:32
Je partage le portrait global de Benoit XVI. En ce qui concerne l'affaire du préservatif, plus spécifiquement, c'est beaucoup plus simple : Benoit XVI reprend l'enseignement classique du Magistère sur la contraception depuis au moins Paul VI, mais ça paraît nouveau car personne n'était au courant.
Mais au final l'effet est exactement celui que vous décrivez.
2 De Vianney - 27/11/2010, 09:52
"Benoît XVI est un bordélique : il aime l’encens et Vatican II, remet en cause la perception d’une cathophobie et appelle à défendre la vie dès la naissance..."
Oserais-je me permettre de corriger ? Benoît XVI appelle à défendre la vie dès la conception, et c'est précisément cela qui pose problème pour beaucoup : jusqu'à maintenant, seuls quelques extrémistes défendent le droit à l'infanticide.
Pour le reste, bien vu !
3 De C.S. Indhal - 28/12/2010, 21:02