Deuxième billet sur les états généraux du christianisme, cette fois-ci, en dessous de la ceinture.

Deux anecdotes pour commencer.

Dans la table analytique du Catéchisme de l’Eglise Catholique, au mot sexualité, voici ce qu’il est possible d’y lire :

SEXUALITE. Voir MARIAGE.

Chasteté et sexualité : 2237, 2395
Commandement relatif à la sexualité : 2336

Deuxième introduction, plus d’actualité, une affaire qui actuellement fait la une de plusieurs journaux italiens, suite à l’enquête du journal Panorama qui titre très sobrement "Les nuits sauvages des prêtres gays".

Voici la présentation du document

Pendant vingt jours, Carmelo Abbate, journaliste à Panorama, aidé par un complice gay, s'est infiltré dans les soirées de certains prêtres, qui mènent une double vie à Rome : le jour ce sont des prêtres en soutane, la nuit ils sont parfaitement intégrés dans les milieux homosexuels (...) avec des escorts boys en ayant des rapports homosexuels avec des partenaires occasionnels. Panorama cite trois exemples précis de prêtres, images prises en caméra cachée à l'appui, avec vidéos mises en ligne sur le site du journal, dont les scènes explicitement sexuelles ont été coupées

Le Diocèse de Rome condamne les brebis galeuses, les associations gays se marrent. Tout cela sur fond de revanche, le journal Panorama appartenant au groupe Berlusconi, qui fut lui-même visé par des attaques du journal catholique Avvenire qui avait mis en cause le comportement de Berlusconi face à de très très jeunes femmes en 2009, notamment avec Noemi Letizia à l’époque encore mineure.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

Mais ce froid calcul est intéressant : tout le monde sait que pour mettre l’Eglise dans l’embarras, il suffit de parler cul[1]. Le terrible objet du scandale, trois petites lettres qui suffisent à mettre mal à l’aise tant les réactions de l’Eglise semblent parfois à contre-courant.

Mais comment se fait-il que nous en soyons passés de la célébration de la volupté et des jeux sexuels du Cantique des Cantiques

Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle qui paissent parmi les lys

A cette formule à mon avis très significative :

Donc, les époux ne font rien de mal en recherchant ce plaisir et en en jouissant. Ils acceptent ce que le Créateur leur a destiné. Néanmoins les époux doivent savoir se maintenir dans les limites d’une juste modération.

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2362

Jouissez, oui, mais en silence s’il-vous-plaît. Avec du sérieux et de la retenue. Toujours ce besoin de mettre un petit coup de bâton après la bienveillance.

S’agit-il des enseignements de Jésus ? Rien, que dalle, il ne parle presque jamais de sexualité.

Alors quoi, pourquoi donc l’Eglise semble toujours en décalage avec la société sur les questions de sexe ? Les cathos sont-il tous des gros coincés ???

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Il ne s’agit certainement pas que d’une image : sans tomber dans des vieux schémas de pas de fumée sans feux, il faut reconnaître que globalement, malgré le travail de Jean-Paul II qui avait développé une image assez positive de la sexualité, nos analyses et avis sentent un peu la poussière.

Idéalisation de la chasteté, de la virginité mariale, du célibat, plume toujours masculine, poids d’une tradition, influence de certaines théologies,…. Les raisons sont nombreuses et facilement identifiables.

Aujourd’hui encore, une grande partie de la pensée est sans doute trop prisonnière de quelques spécialistes autoproclamés et de quelques associations qui ont décrété que la morale sexuelle et la préparation au mariage était leur fief. Un peu d’ouverture au monde ne ferait sans doute pas de mal.

Mais pourtant, il ne s’agit pas de s’aligner pour faire plaisir : c’est facile d’être lisse, cela s’appelle le populisme et c’est un jeu politique très en vogue actuellement.

On ne demande pas à l’Eglise de se taire, elle est dans son rôle quand elle dénonce tout ce qui blesse l’homme et la femme.

Elle a en revanche le devoir, quand elle prend la parole au nom du Peuple de Dieu, ce qu’elle est intrinsèquement, de prendre son avis en considération. Je sais qu’il n’est pas nécessaire d’avoir eu toute les maladies pour être médecin, mais j’ai parfois le sentiment que nos prélats et nos prêtres ne sont pas toujours les plus à mêmes de s’exprimer sur la sexualité, qu’une approche plus humaine, moins technique, serait préférable.

Que l’Eglise condamne l’utilisation du sexe à des fins purement commerciale, l’incitation à toutes les expériences, les comportements dangereux, une société totalement érotisée, cela ne me pose aucun problème, c’est même ce qu’on attend d’elle.

Mais qu’elle ne réduise pas la sexualité à un problème et à ses dérives, mais qu’elle nous parle également de ce moment d’éternité qu’est le plaisir donné et reçu. Ou pour dire les choses en langage moins catho, de dire que le sexe, c'est fun.


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Pour un vrai débat c’est :

Le Samedi 25 septembre, de 9h30 à 11h avec

  • Jacques Arènes, psychologue
  • Camille de Villeneuve, écrivaine


Notes

[1] Oui je vais être simple et direct