Hellfest : opposition & proposition
C’est étrange cette habitude d’être contre. Fatiguant même. Ainsi donc aujourd’hui, les catholiques sont contre la tenue du Festival de musique « métal » HellFest. Les catholiques ?
Médiatiquement oui, on ne va pas demander aux grands médias de faire des sous-distinctions.
Les catholiques donc, oui mais pas tous.

Du côté des associations, l’AFC (Associations Familiales Catholiques) a engagé une action en justice pour obtenir des organisateurs le programme détaillé du festival, incluant notamment le titre des chansons qui seront interprétées par les groupes invités.
On ne demande donc pas l’interdiction, le souhait est juste de pouvoir « prévenir toute atteinte aux intérêts spirituels, moraux et matériels des familles, et exercer sa vigilance sur des agissements ou des messages qui pourraient attenter aux droits de l'homme, aux libertés fondamentales ou pourraient être considérés comme incitatifs à la violence. »
Etrangement le programme complet est déjà en ligne. Il s’agit donc juste d’une utilisation d'un tribunal comme d’un mégaphone. En revanche il y a peu de chance que la réponse du juge fasse beaucoup de bruit, tant elle est évidente.
Mais encore ? Une pétition demandant l’interdiction du Festival existe également, provenant du collectif « Catholique en Campagne », dirigé par le groupuscule extrémiste Civitas.
On trouve aussi quelques tracts, assimilant les jeunes écoutants du métal à des nazis et des profanateurs de tombes, tout dans la nuance et l'analyse donc, très bien, tout à fait le genre d’initiative qui aide au dialogue.
Enfin, l’Evêque de Nantes, Mgr Jean-Paul James fait part de ses questions sur les limites de la liberté d’expression et la vulnérabilité de certains publics, en souhaitant néanmoins conserver le dialogue et sans jamais tomber dans le rejet et la caricature, en saluant notamment la convivialité du Festival et le professionnalisme des organisateurs.
Autant donc dire que les motivations réelles des uns et des autres, ainsi que les analyses sont bien différentes.
Mais ça, impossible à expliquer dans une dépêche AFP. Bref.
On reproche donc à nos métalleux d’inciter à la haine contre les catholiques. Mouais….
Sans être un spécialiste du sujet, les quelques « hardos » rencontrés dans mes jeunes années, au-delà de leurs aspects gothiques, étaient souvent des personnes calmes, tranquilles, sans aucune haine ou défiance particulière.
Je repense également à l’interview de Marilyn Manson, figure assez populaire de ce type de musique, dans le documentaire « Bowling for Columbine » : on y découvre quoi ? Que c’est juste un mec normal, qui a crée un personnage qui correspond à des études marketings.
Un mec intelligent et doué en affaire.
Donc être choqué par les affiches, les musiques ou les paroles, c’est bien normal, puisque c’est le but !! Cela fait partie du business : on te fournit un univers de pseudo-transgressions en prêt-à-porter.
Les petites annonces d'Elie
Là où Brel et Brassens emmerdent le bourgeois tout en finesse, eux choisissent l’artillerie lourde. Juste une question d’époque. Et un beau panneau dans lequel fonce tête baissée quelques groupes dont la seule raison de vivre semble d’être de s’opposer, discréditant au passage l’ensemble des catholiques.
Fort heureusement l’Evêque de Nantes ne laisse pas complètement le champ libre et apporte un regard intéressant et pertinent.
Mais c’est bien le Père Robert Culat, prêtre et grand amateur de métal (si si) qui résume parfaitement le problème :
Dans le cas qui nous concerne, demander l’interdiction ou la censure d’un festival ou d’un concert, est-ce la solution la plus efficace pour promouvoir la cause de l’Evangile et de la foi parmi des jeunes qui sont généralement très éloignés du christianisme ?
Dans une société sécularisée comme la nôtre, l’appel à la censure d’une manifestation musicale et culturelle de la part de certains catholiques sert-elle ou au contraire dessert-elle la cause de l’évangélisation des jeunes ?
Qui sont les vrais satanistes aujourd'hui ?
S’opposer, c’est encore être du côté des Docteurs de la Loi.
Proposer, c’est rentrer en dialogue et s’ouvrir à l’autre, ouvrir un chemin d’avenir ensemble dans les pas du Christ.

























Commentaires
" Cela fait partie du business : on te fournit un univers de pseudo-transgressions en prêt-à-porter" A l'origine du moins, ce n'était pas du business, ce courant est né en récation contre le pop et ses dérives douceâtres genre baba-cool, les petites fleurs, les petits oiseaux. On peut faire le rapprochement avec Takashi Murakami qui à partir des créatures kawai fait des bêtes inquiétantes comme là
Ou comment décliner autrement il est interdit d'interdire. S'opposer voire demander l'interdiction de quelque chose serait purement et simplement du pharisianisme et, de soi, une attitude mauvaise et condamnable.
Je constate que vous ne citez pas ces fameuses chansons. C'est dommage, une étude de texte pourrait illustrer cette volonté de choquer. J'en laisse une, la moins trash que j'ai pu trouver, du groupe Jesus Christ sodomized : Piss on christ and kill the priest, follow nature - praise the beast .
Qu'Elie Semoun se moque des groupes satanistes ne veut pas dire qu'ils ne sont pas dangereux.
Le MIVILUDES est quant à lui pour le moins méfiant : http://www.miviludes.gouv.fr/Satani... .
Il n'y a lç que de business? Peut-être. Cela n'empêche pas la musique et les paroles d'être mauvaise. On ne peut pas dire que cette musique prèche l'amour, la joie, la paix.
De la part de quelqu'un qui n'est pas très content que ses impôts financent ce genre de manifestation surtout lorsque l'Etat est en banqueroute.
Pour justifier la forteresse, il faut bien trouver des ennemis qui assiègent: les athées, les anti-pape, les cathos qui ne sont pas cathos parce qu'ils ne disent pas "amen" à tout, et là, nous avons même des ennemis auditifs.
Perso, j'en reviens toujours à la même question, qui est-on pour juger de la manière dont Dieu parle aux gens? Est-ce que Dieu ne parle pas à l'amateur de Hard metal? Si on censure ce genre de musique, est-ce que Dieu nous parlera plus? Ou est-ce qu'on l'entendra plus?
Et effectivement, personne ne s'insurge quand il y a des reprises de Brassens ou des CDs de Brassens en vente libre! (oui môssieur!) alors que franchement, plus bouffeur de curé on a du mal à trouver!
@BBB : mais c'est fait pour choquer les paroles, c'est bien la raison pour laqeulle je ne vais pas m'étendre sur cette question.
Après, sur les aides publiques, effectivement, mais quel spectacle n'est pas subventionné par l'état ou les collectivités, que cela soit du métal, du rap, du jazz ou du classique ?
@ Marc:
Juste merci pour cet article de la part d'une catho métalleuse.
@ BBB:
L'idée n'est pas de laisser faire les bras croisées ou de nier que ces paroles soient blessantes, mais de comprendre d'où ça vient pour mieux "soigner" le mal. Ne pensez pas que rien ne soit fait sur le terrain pour essayer, peu à peu, de changer les mentalités et d'entrer en dialogue. Le pb, c'est que des interventions de ce type ont tendance à bousiller justement ce travail de fond.
Il y a des modes, comme ça.
La grande mode du moment sur Sacristains, c'est que les cathos cassent du catho. A tort ou à raison, tout ce qui s'apparente à une "riposte" est dans le colimateur.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne suis pas un acharné de la "riposte".
Il y a cependant une chose que je constate: "C’est étrange cette habitude de casser du catho. Fatiguant même. Encore plus quand ça vient d'autres cathos. Les propos acerbes, globalisant et insultant, c’est encore être du côté des Docteurs de la Loi. Aller à la rencontre de l'autre, poser un débat respectueux qui certes remet l'action de l'autre en cause, mais sans le rabaisser, le mépriser ou l'anathémiser, c’est rentrer en dialogue et s’ouvrir à l’autre, ouvrir un chemin d’avenir ensemble dans les pas du Christ."
Pour information, selon Ouest France, La confédération nationale des associations familiales catholiques demande à Ben Barbaud, le créateur et organisateur de ce festival metal, son « interdiction aux mineurs et la connaissance des textes des chansons qui seront interprétées ».
J'espère que l'auteur ne m'en voudra pas, je me permets de remettre ici le début d'un commentaire sur un article précédent de Sacristain (l'interview de Patrice de Plunkett):
Author: AncillaDomini
Comment:
@ Guil :
Attention ! Je vais écrire un mot pas gentil du tout, très très méchant et affreusement nazi : PREJUGE. C'est incroyable ce que les "insérés dans la société" peuvent pontifier sur les tradis. Vous ne voyez même pas que ce que vous décrivez n'est rien d'autre que la caricature grossière que les media vous déversent à longueur de journée dans les yeux et les oreilles. Eteignez la TV ou la radio, venez nous voir dans nos paroisses... je ne sais pas, mais faites kekchose, ça devient grave !
Vous n'êtes pas le seul à le faire, on dirait une sorte de réflexe de groupe. Unis parce que dans le bon camp, le vrai camp du bien. Eh, les gens : ouvrez les yeux ! Les tradis/lefebvristes/saintpiedistes/ecclesiadeistes, on est chrétiens ! Vous nous rebattez les oreilles sans arrêt avec la charité et l'amour du prochain, et vous ne vous rendez même pas compte des énormités que vous dégobillez sur nous.
Si vous voulez lire quelques morceaux choisis du Hellfest (sur un site "non-ripsote"!):
http://www.libertepolitique.com/ind...
Certains cathos, la plupart j'espère, ont quand même un peu de recul, même au sein de l'institution. Je vous joins le lien vers portrait pas mal d'un curé métalleux qui défend le Hellfest:
http://www.temoignagechretien.fr/ar...
@Coupiac : je regrette mais les articles sur le site des Sacristains ne donnent pas vraiment l'impression de casser du catho, j'ai même plutôt l'impression du contraire.
Pour le reste, il est bien normal de pouvoir débattre, c'est ce que j'essaye de montrer très rapidement dans mon article, les sensibilités sont nombreuses dans la famille catho.
Pour le reste, ne pas critiquer au motif d'une sorte de devoir de solidarité au nom de l'appartenance à un même groupe me semble un peu artificiel.
Oui, et d'ailleurs, quand on va lire ce qu'écrit Ancilla Domini sur son propre site http://toutestgrace.wordpress.com/2... on voit bien qu'elle aussi trouve à redire sur la mode "riposte catho".
Son intervention, à mon sens, était là pour rappeler de ne pas tomber dans les travers faciles de l'étiquetage. Ce en quoi, je suis plutôt d'accord !
J'aime vraiment, en ce sens, le communiqué de Mgr James. Ne pas avoir peur de dire les choses, ce qui blesse et inquiète, mais rester dans le dialogue et partir de là où en est l'autre.
Je voulais également préciser que l'entrée des mineurs étaient déjà interdites dans le festival sans accompagnement d'un adulte.
@Marc:
Ne vous méprenez pas : ça fait longtemps que je fréquente le site Sacristains, et j'y vais toujours avec plaisir. Mais avec cette histoire de "kiss in", votre article est le 6ème depuis le 1er juin (je viens de faire le décompte) qui dit en substance : "infâââmes tradis!" et paf un coup de gourdin verbal.
Je ne suis pas un adepte forcené de la messe en latin, je ne vote pas FN, je ne fais pas parti d'un groupe "riposte", et je n'étais pas sur les parvis des cathédrales lors des kiss in.
Je commence juste à être déprimé par ce mattraquage entre chrétiens, cet incessant besoin de mettre les gens dans des petites cases (tradis, intégristes, charismatiques, progressistes, intransigeant, etc etc) et de leur taper dessus.
"Il est bien normal de pouvoir débattre" et c'est bien ce que j'ai dis dans mon commentaire précédent, en reprenant les termes de votre article:
"ne pas critiquer au motif d'une sorte de devoir de solidarité au nom de l'appartenance à un même groupe me semble un peu artificiel" : je suis tout à fait d'accord avec vous. Mais il y a une différence entre critique et lynchage. Même si votre article et les 5 précédents sur Sacristains ne vont pas jusque là, le nombre et les propos s'en rapprochent dangereusement. Je ne pense pas exagérer.
"Il y a des mises au point qui s’imposent" m'avait répondu Koz à un ommentaire semblable que j'avais fait il y a quelques jours. Je ne sais pas si vous avez déjà été dans un rôle d'éducateur, ou si vous avez déjà discuté avec un "tradi", mais il m'est arrivé de faire les deux, parfois en même temps, et je ne pense pas que ce soit là le genre de mises au point qui font avancer les choses, au contraire.
Ce qui me désole le plus, c'est que l'arguement que je suis en train de vous tenir est vraiment très proche de celui que vous adressez aux "tradis" (ou "riposteurs" ou quelque soit le nom que vous "leur" donnez) vis à vis des métalleux ou des homosexuels.
@Coupiac : lynchage, quand même pas !!!
Infâme tradis non plus, après j'essaye aussi de faire des distinctions. Pour faire rapide, moi une personne qui pour de multiples raisons est plus à l'aise avec une liturgie, un type d'animation de messe, cela ne me pose aucun problème.
Idem pour les sujets qui sont plus souvent au centre des préoccupations des milieux tradis : avortement, euthanasie, famille,....
Chacun est libre de défendre ses opinions, à partir du moment où il y a un minimum de logique.
Pour reprendre le kiss-in par exemple : moi une personne qui se positionne en disant que ce type de manifestation c'est juste de la provocation, que cela ne sert à rien, que c'est stupide. Ok, pas de soucis.
En revanche être menaçant, hurler des habemus papam le poing levé, ben non. Juste non.
C'est bien toute la différence entre des personnes qui se reconnaissent plus dans une sensibilité liturgique et d'opinion particulière, ce qui est finalement assez normal, c'est aussi la richesse de l'Eglise que de pouvoir accueillir largement et des groupes dont les liens politiques avec des partis politiques et l'idéologie qui va avec l'extrême-droite me pose problème.
@ Coupiac
Votre dernier argument est tout à fait juste. C'est pourquoi je pense qu'il nous faut nous revêtir de la même patience d'un côté comme de l'autre pour expliquer les choses et ne pas renoncer à critiquer ce qui doit l'être. Tout est question de méthode ! Et je trouve que les billets d'Edmond prochain, de Koz, d'Ancilla Domini et de JB Maillard ainsi que les commentaires de nombreux sacristains sont plutôt équilibrés, rappelant que la plupart des cathos présents étaient pêtris de bonnes intentions. ça ne les a pas empêché de préciser que non, ce n'est pas la méthode à suivre.
Sinon, pour ce qui est de la "mode anti-riposte", je pense 1)qu'elle répond à la montée simultanée d'une "mode riposte" et 2)que cette impression s'accentue avec le télescopage des Kiss-in et du HellFest.
De plus, comme vous l'a dit Marc, on peut difficilement dénier aux sacristains le désir de faire unité, de se libérer des étiquettes et de rester fidèles au pape et aux évêques (voir la charte à ce sujet) et de savoir se faire entendre quand ils le pensent opportun (voir l'Appel à la vérite), donc il ne serait pas totalement impossible que leur avis (plutôt unanime)sur ces sujets soit source de bons conseils...
Bonsoir et merci pour cet article,
Juste pour info (ou pour faire de la pub, comme vous voulez), je me permets de vous indiquer deux autres références sur l'histoire "cathos vs hellfest" :
- http://pneumatis.over-blog.com/arti...
- http://pneumatis.over-blog.com/arti...
Bien à vous
Bah, si, c'est la méthode à suivre, la preuve, c'est qu'on n'en jamais autant parlé. Enfin, un prêtre qui défend le hard-rock satanique, c'est juste à hurler de rire. Y a un moment où on ne peut plus discuter avec des aberrations pareilles. Mettre tout sur le compte de la provoc, est beaucoup, beaucoup trop facile.
@ Coupiac:
Je me suis permis de reprendre votre commentaire dans mon avant dernier article, désolé de ne pas vous avoir prévenu, je n'avais pas coordonnées.
@ polydamas
Vous avez lu l'interview du père Robert Culat par Famille chrétienne (visible sur le site)?
Vous avez lu celle de cette autre prêtre (toujours sur FC),Pierre Binsinger ?
Où voyez-vous qu'ils défendent le "hard-rock sataniste" ? Ils parlent de musique, le métal en l'occurrence, et nous expliquent qu'elle "parle avant tout de la vie : la guerre, la mort, le sens de la vie, Dieu, la religion…"
ou encore "S'il est sensible en premier lieu à leur musicalité, le prêtre porte la plus grande attention à leur contenu. « Et là, je suis parfois très sévère. Je ne suis pas naïf. Par exemple, musicalement, j'apprécie le groupe Slayer. Mais je ne peux tolérer ses propos anti-chrétiens. »"
En gros, ils nous aident à porter un regard subtil à ce qui, comme le reste du monde, présente une association du bon grain et de l'ivraie.
Mais bien sûr que je les ai lues, ces interviews, et voici mes remarques.
Le père Culat évoque le metal dans son article, alors que ce n'est pas ça qui pose problème au Hellfest. Il cite comme exemple Paradise Lost, qu'il m'arrive régulièrement d'écouter (dont les paroles ne sont pas non plus complètement innocentes, mais bon...). Or je suis convaincu qu'un groupe comme celui-ci ne se produirait jamais au Hellfest.
Utiliser Paradise lost pour dire qu'il y a des morceaux de metal pas mal, c'est juste trompeur, parce que le rock qui se produit à Clisson est beaucoup, beaucoup plus violent, Paradise Lost, c'est des dandys poétiques à côté des groupes qui se déchainent au Hellfest.
Quant à la musique qui nous parlerait de la vie, de la mort, du sens de la vie, c'est d'une indigence. Je vous rappelle que mêmes les films d'horreur parlent de ces thèmes là, sans que je ne les recommande pourtant à la vision.
@ Polydamas
"Il cite comme exemple Paradise Lost, qu'il m'arrive régulièrement d'écouter (dont les paroles ne sont pas non plus complètement innocentes, mais bon...)"
oui, ça c'est un peu inévitable qu'on ne soit pas d'accord avec tout ce que disent nos groupes préférés, quel que soit le style musical.
"Or je suis convaincu qu'un groupe comme celui-ci ne se produirait jamais au Hellfest."
Et pourquoi ? des groupes chrétiens sont invités chaque année au Hellfest.
Et même si le Heavy n'est pas nécessairement la branche préférée des métalleux français, contrairement aus Allemands et aux Italiens par ex, il y en a toujours plusieurs d'invités et ça n'empêche pas d'avoir aussi des groupes de death ou de trash intéressants autant musicalement que dans leurs paroles.
Quant aux films d'horreur, la daube commerciale mise à part, beaucoup proposent une véritable réflexion sur la vie, sur nos comportements dans des situations de danger, une réflexion sur la mort, la peur qu'elle suscite ou le courage que nous pouvons éprouver au moment de l'affronter.
Bien sûr, ce type de film n'est pas adapté aux enfants ou aux jeunes ados. De même, c'est une bonne chose que les mineurs doivent être accompagnés par un adulte pour aller au festival.
"De même, c'est une bonne chose que les mineurs doivent être accompagnés par un adulte pour aller au festival."
Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu ?
Mais c'est de la vraie répartie, ça, dites-moi !
Parmi les têtes d'affiche du Hellfest cette année, il y a Alice Cooper, personnage haut en couleur qui pour ceux qui ne le connaissent que de vue, peut faire peur. Permettez-moi de vous proposer cette interview du ptit gars, un peu longue mais plutôt intéressante.
Ma foi n'a pas altéré mon rock'n'roll
Voilà plus trente-trois ans qu'Alice Cooper provoque par ses performances scéniques outrancières, son râle d'outre-tombe, ses tenues ténébreuses et ses textes cauchemardesques. Mais loin des projecteurs, ce fils de pasteur possède une conscience spirituelle insoupçonnée. Une sacrée dichotomie! Lui laissant la responsabilité de ses propos, nous avons tenu à ce qu'il s'exprime sur ce côté méconnu, mais délicieusement paradoxal, de sa vie. C'est la seconde fois en trois ans que ce monument du rock théâtral s'entretient avec nous en toute exclusivité.
Interview
- «Dragontown» constitue le second volet d'une trilogie qui a débuté avec «Brutal planet». Est-ce un pas de plus au cœur du mal absolu?
- Alice Cooper: Dans cet album, nous nous trouvons effectivement au cœur du mal. Brutal planet était la projection que je me faisais du monde dans cinquante ans. Mais peu après sa sortie, la tragédie du 11 septembre s'est produite, alors que je m'imaginais que ce genre de catastrophe ne se produirait que dans un futur éloigné. Cette tragédie nous a donné un aperçu de ce dont capables les forces de destruction. Ces événements ont réveillé le monde, et les Américains en particulier. La question au centre de Brutal planet était la suivante: qu'adviendra-t-il du monde lorsque tous les systèmes auront failli, la famille, l'école, l'Eglise, le gouvernement? Tout ce qui restait dans Brutal planet, c'était un monde sans pays, sans villes, sans humanité, l'enfer sur terre. Les seuls survivants, c'était les cloportes. Dragontown décrit ce qui se passe au-delà de la mort. Vous devez penser qu'il ne peut y avoir de pire condition que celle dépeinte dans Brutal planet, n'est-ce pas? Et bien si. Après la mort, il s'agit de savoir quelle est sa destinée éternelle: la damnation ou le salut?
- Comme dans «Brutal planet», il y a donc un sens spirituel caché dans «Dragontown»?
- Absolument. Dragontown est un endroit claustrophobique, d'où il est impossible de s'échapper. Il n'y a aucune possibilité de retour en arrière. La Bible dit qu'une fois qu'on s'y trouve, on y reste sans pouvoir modifier le cours des choses. J'entrevois l'enfer comme une position de séparation, d'éloignement, d'avec Dieu. Cette perspective m'effraie terriblement. Pendant longtemps, dans mes textes, j'avais pour habitude de mettre en scène des créatures qui rampent sous votre lit ou grattent à votre fenêtre, qui viennent hanter vos nuits comme dans Welcome to my nightmare. Cela faisait peur. Mais la damnation éternelle, c'est effroyable! Et je veux transmettre cette terreur aux gens, pour qu'ils se réveillent en pleine nuit, se demandant quelle serait leur destinée éternelle s'ils mouraient cette nuit-même. C'est la grande question qui apparaît comme en filigrane tout au long de Dragontown.
- Et selon vous, comment éviter d'échoir dans un tel lieu de perdition?
- Ce n'est pas à moi de donner des réponses, c'est la responsabilité de chacun que d'essayer de les trouver. Si l'on me pose la question, je répondrai d'après mon arrière-plan chrétien. Mais ce n'est pas mon rôle de divulguer des solutions. Mon rôle consiste à poser les bonnes questions. Je cherche toujours à composer le meilleur album possible pour que les gens aient du plaisir à l'écouter. Mais ceux qui s'aventurent au-delà de l'aspect purement musical, qui s'attardent sur mes textes et saisissent leur sens théologique, je suis là pour les stimuler à entamer une recherche spirituelle. Dragontown est une satyre, mais si l'on y regarde de plus près, il recèle une grande part de vérité. Alors que je suis en pleine tournée mondiale, je réfléchis à la suite que je vais donner à ces deux albums pour clore la trilogie. Mais je me demande si ce troisième album conceptuel verra le jour, car je ne suis pas sûr de pouvoir emmener l'auditeur plus loin dans ce voyage au cœur de la déchéance.
- «Dragontown» est une ville peuplée de mystérieux personnages, comme «Sister Sara», «The sentinel» ou «Fantasy man» ou «Triggerman». Qui sont-ils?
- Certains d'entre eux sont des personnages fictifs, mais d'autres sont en réalité des stars. It's much too late a été écrit en mémoire de John Lennon. La chanson-titre, Dragontown, fait référence, sans le nommer, à Jim Morrison. Et Disgraceland évoque Elvis Presley. J'ai fait la fête avec chacun d'eux, me suis saoûlé avec eux. Je les connaissais très bien. Bien que Dragontown soit un endroit totalement fictif, je crois que John Lennon, Jim Morrison et Elvis appartiennent à ce lieu. La morale de l'histoire est la suivante: peu importe que l'on soit une immense célébrité, il est possible de finir à Dragontown. Dieu considère John Lennon de la même manière que le commun des mortels. Montrer que quelqu'un de sympathique peut échouer en enfer a quelque chose de choquant. C'est pourtant le sens de ma démarche. Je ne crois pas que ma foi ait altéré mon rock'n'roll. J'irai jusqu'à dire qu'elle l'a pimenté, qu'elle l'a rendu plus honorable. Je suis fatigué de voir les rappeurs exhiber leurs bijoux, leur montres, leurs voitures et leurs filles. Ils veulent montrer tout ce qu'ils possèdent. Leur vision du monde est basée sur ce qu'ils ont. La foi chrétienne est basée sur ce que l'on ne voit pas.
- Votre pensée est très cohérente, mais avez-vous toujours eu l'esprit aussi clair? N'y a-t-il pas eu des périodes dans votre carrière où vous ne saviez plus vraiment qui vous étiez?
- Au début de ma carrière, vers dix-huit ans, nous avons fait la première partie des Doors, de Jimi Hendrix, de Janis Joplin. Par la suite, je les ai tous vus mourir, les uns après les autres. Ils sont morts prématurément, parce qu'ils essayaient de maintenir l'image qu'ils avaient sur scène dans leur quotidien. Je sais que j'aurais pu mourir comme eux. J'ai tout de suite compris que si je créais une image très forte, et de surcroît très sombre, il me fallait savoir parfaitement qui j'étais dans la réalité. J'ai dû apprendre à laisser Alice Cooper là où il doit, c'est-à-dire sur scène. Après avoir sombré dans l'alcoolisme, j'ai réalisé, il y a vingt ans, que jamais plus je ne devais laisser Alice pénétrer ma vie privée. Aujourd'hui, je me sens privilégié: je conduis mes enfants à l'école, je les coache quand ils font du sport, je joue au golf, je fais du shopping avec mon épouse, je me rends à l'église le dimanche. C'est le résultat d'une claire séparation entre Alice et moi. Mais sur scène, l'espace de deux heures, je suis Alice Cooper, ce personnage extrême que personne ne voudrait comme voisin! N'oublions pas que c'est un personnage totalement fictif. Il n'existe même pas, au même titre que Zorro, Dracula et Jack l'éventreur. C'est pour cette raison que je parle de lui à la troisième personne. Alice ne vit que pour et par le public. Il disparaît quand la salle se vide.
Et voici la vidéo faite lors de la table ronde au Hellfest entre métalleux et cathos.
http://www.telenantes.com/Emission-...