S’il y a bien un thème sur lequel l’Eglise, à défaut d’être écoutée est cependant entendue, c’est bien les questions liées au corps. Sexualité, contraception, célibat, accompagnement du malade, avortement, euthanasie….

Comme autant de sujet qui fâchent. Comme autant de raisons de lire le dernier livre de Jean-Claude Larchet, Théologie du corps.

Spécialiste des Pères de l’Eglises, théologien orthodoxe brillant, il nous propose de revenir aux sources de la Tradition à la suite notamment de Saint Maxime le Confesseur et de Saint Jean Chrysostome.

Ce livre a l’immense mérite de ne pas réduire la théologie du corps à la seule question de la sexualité et de la conception, en mettant celui-ci au centre de la vie spirituelle, comme un instrument du Salut, en abordant par exemple très directement les questions pourtant complexe de divinisation, de maîtrise ascétique ou du corps ressuscité.

L’occasion enfin pour beaucoup de découvrir que

  • Le fondement de la théologie du corps n’a pas pour unique source les encycliques Humanae vitae et Evangelium vitae
  • Que les Pères de l’Eglise loin de dévaloriser et de mépriser le corps, l’ont au contraire valorisé plus que tout autre religion.

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C’est dans la personne que le corps trouve son unité indissoluble avec l’âme et l’esprit, mais aussi son unicité ainsi que son sens et sa valeur spirituels. Le fait que le corps soit toujours considéré d’une part comme étant indissociable des deux autres éléments constitutifs de l’être humain, et d’autre part comme étant celui d’une personne, n’autorise à le considérer et à le traiter comme une entité indépendante, ni comme une réalité impersonnelle.

La conception chrétienne du corps se distingue à cet égard de la conception naturaliste qui est généralement celle de la médecine moderne. Beaucoup de nos médecins de nos jours soignent non plus des personnes mais des corps ou des organes, et beaucoup de malades souffrent ainsi d’être considérés et traités comme des objets, amputés d’une dimension de leur être, morcelés, et en même temps ramenés à des « cas » généraux, et réduits par le biais des instruments d’analyse à des séries de chiffres.

Une médecine chrétienne ne saurait rejeter la formation scientifique, qui offre une garantie de sérieux et préserve des dérives irrationalistes qui de nos jours se multiplient par réaction. Elle cherche cependant non seulement à apporter au contact avec le malade et à la thérapeutique un « supplément d’âme », mais à considérer le patient d’une part dans sa réalité humaine totale (selon laquelle il a non seulement un corps, mais une âme et un esprit qui sont en relation avec ce corps et retentissent positivement ou négativement sur lui), et d’autre part dans sa réalité personnelle (selon laquelle son cas est singulier et lié au fait que sa constitution, son mode d’existence et son destin sont uniques).

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Théologie du corps
Jean-Claude Larchet
Edition du Cerf, 2009, 101 pages, 13 €