Au final l’œcuménisme ne m’intéresse pas. D’abord parce que souvent on ne comprend pas grand-chose aux enjeux et querelles théologiques. Ensuite parce que les initiatives diocésaines sont rarement très motivantes : les samedi après-midi d’alternance grand groupe / petits groupes pour un échange avec repas tiré du sac, cela va 5 minutes. Enfin parce que les logiques d’une grande unité de l’Eglise me laisse perplexe.

C’est bien la raison pour laquelle je vous recommande la lecture du dernier livre de Philippe Dautais, prêtre rattaché à l’Eglise orthodoxe roumaine qui anime depuis plus de 20 ans des sessions et retraites en Dordogne.

D’Adam à Jésus, en passant par Noé et David, il nous livre ici une superbe introduction à la théologie orthodoxe, avec des textes savoureux et remplis de sens.

Car finalement, l’enjeu de l’œcuménisme est aussi ici : pouvoir redécouvrir tout un patrimoine spirituel, dans une lecture de la Parole de Dieu qui sans faire abstraction de l’intelligence de la Foi nous emmène au cœur de la Prière du Cœur.

Livre accessible à tous.

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Au-delà de la possible et très controversé réalité historique du déluge, ce qui nous importe ici est sa dimension signifiante. Une âme corrompue est une âme qui s’est laissé envahir puis submerger par les pulsions, les passions, les émotions, les puissances de la nature qui la dévorent ou par les événements extérieurs. E qui peut aller de pair. Avec Noé est évoquée la période de l’adolescence, passage de l’enfance à l’état adulte, pendant laquelle l’être humain est confronté à ses énergies intérieures qu’il ne sait pas toujours gérer et qui peuvent le conduire vers des excès ou des comportements irréfléchis.

Pour ne pas se laisser submerger, il doit construire son arche en prenant soin de « l’enduire de poix à l’intérieur et à l’extérieur »(6,14)

L’arche représente le cœur conscient. Le chemin de l’homme commence dans le cœur qui, dans la tradition spirituelle, s’identifie avec l’esprit. La voie spirituelle s’inaugure par l’expérience de l’esprit, du cœur-esprit ou cœur profond, centre métaphysique distinct du cerveau.

Dans la parabole du fils prodigue, ceci est signifié par l’expression « étant entré en lui-même » (Lc 15, 17). Cette descente en soi même est le mouvement de la méditation t de la prière.

Le Christ, dans les Evangiles, nous le montrent clairement : « Quand tu prie, dit-il, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le secret. » (Mt 6, 6)

D’une manière immédiate, il s’agit de trouver une pièce paisible et intime que représente la chambre, de fermer la porte aux bruits et agitations du monde extérieur pour mieux se recueillir dans le silence.

Au sens spirituel, le Christ nous invite à descendre dans la chambre du cœur, là où se trouve secrètement le Père céleste. Dans cet espace du cœur profond, qui ne s’identifie pas avec le cœur organe, se trouve le silence intérieur. C’est de cette profondeur que peut jaillir la prière. Tout entier tourné vers le dedans, il ne convient pas de se laisser distraire, tiré dehors par les états d’âme et le mouvement des pensées auxquels il faut fermer la porte.

Ce retrait au-dedans permet de se greffer à l’arbre de vie, au Christ, pour mieux connaître et discerner les mouvements de l’âme par l’exercice de la garde du cœur.


p. 85-86

Le Chemin de l’homme selon la Bible.
Philippe Dautais, Préface Philippe Vergely
DDB 2009, 209 pages, 18 €