Les lecteurs réguliers de ce blog le savent, pour l’année 2009, le livre qui pour moi se démarque très clairement de l’ensemble de la littérature religieuse est le livre « testament » de Mgr Albert Rouet, Archevêque de Poitiers, "J’aimerais vous dire".

C’est donc avec un grand plaisir que je découvre ce soir qu’il vient de remporter le Prix des lecteurs de la Procure 2010.

Bon je ne vais pas une nouvelle fois en faire l’éloge, après cela va finir par faire fan club.

Mais on va en reprendre une dernière petite dose pour la route, juste pour le plaisir :)

Il est vrai que l’Eglise est mère de la foi. Je suis intimement attaché à cette idée, parce qu’on croit ce que le Corps croit, on partage la confiance que l’époux fait à son épouse, pour parler comme saint Paul. Mais cette communion ne veut pas dire que tout le monde dira la même chose dans tous les détails.

On croit ce que croit l’Eglise dans ce qu’elle a de plus fondamental et qui est présenté dans le symbole des apôtres.

Mais l’Eglise a besoin des gens. L’Eglise ne se résume pas simplement aux ministères ordonnés, fût-ce l’évêque. Qu’est-ce qu’un évêque sans peuple ? C’est une locomotive sans wagon : elle ne fait pas un train. C’est une cellule sans développement. Cela ne fait pas un corps. Il y a là quelque chose d’extraordinaire ! L’Eglise a besoin des gens, elle a besoin du monde, elle a besoin des hommes et des femmes.

Elle fut la dernière institution à libérer les serfs qui étaient à son service. Au moment où, en 1848, Victor Schoelcher a supprimé l’esclavage, on ne peut pas dire que les chrétiens se tenaient aux premières loges !

Rappelez-vous aussi la phrase de Jaurès, à la Chambre, disant aux députés de droite en leur montrant la Bible : « Messieurs, vous devriez lire ce livre ! »

C’est-à-dire que le monde rappelle à l’Eglise ses propres exigences, le monde redit à l’Eglise ce qu’il attend d’elle.

Si on n’entend pas cette voix, alors on se met en situation de Babel : nous allons construire une tour, admirable peut être, une tour de cathédrale, une tour Eiffel, : « Faisons-nous un nom ! » Mais qui nous appellera, si nous sommes tous réunis dans le même étouffement ? Il n’y a plus de dialogue possible.

L'Église a besoin des chrétiens. Je le vois dans ce diocèse : plus on fait confiance aux chrétiens, plus il se produit du fruit ! Alors bien sûr, on a des ennuis, mais enfin… si vous trouvez une humanité sans ennuis, vous me faites signes ! Mais on en a pas plus qu’autrement, je veux dire que la confiance ne supprime pas les ennuis. Elle les situe dans un autre esprit.

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