Si loin et pourtant si proche
1972. L’Eglise vit sous le règne du Pape Paul VI, qui après avoir clôturé le Concile Vatican II devient le premier pape à voyager hors d’Italie.
Une révolution et sans doute pour beaucoup une véritable révélation.
L’Eglise vient de vivre sa grande révolution, la France sort juste de Mai 68 et aspire à un autre monde : tout semble alors possible. Impression étrange de déjà vu.
Proximité et différence avec aujourd’hui que l’on retrouve dans ce reportage (absolument génial d'un bout à l'autre, il y aurait moyen d'en discuter pdt des heures...) de janvier 1972 pour l'émission "Plein Cadre" sorti des cartons via le site de l’INA[1] et à la fin qui en suivant un jeune séminariste de 25 ans s’interroge sur les raisons qui peuvent pousser à devenir prêtre.
Proximités car certaines questions sont encore tellement actuelles : aspects sacramentels de la mission du prêtre, question du mariage et du célibat, les engagements de l’Eglise,…
Différences car sur le mur d’une chambre, des posters de JFK et de Luther King sont à côté de visages du Christ et de la Vierge : l’heure est à la lutte politique, syndicale, ethnique. Les affiches de la JOC semblent venir directement de la Fête de l’huma…
André Noël, séminariste de 25 ans à la veille d’être ordonné prêtre a ce propos tellement significatif de l’ambiance de cette époque :
Pour les jeunes, j’organise des réunions, des fêtes, des camps, des journées de réflexion.
Bien souvent, les adultes ont peur que je forme des contestataires. Mais être chrétiens, n’est-pas justement contester au nom de Jésus-Christ ?
Quel type de prêtre est-ce que je serais ?
Je sais au moins ce que je ne veux pas être.
Je ne veux pas être un distributeur automatique de sacrements. Ce flic de la bonne morale que le prêtre a souvent été jusqu’ici. L’Evangile n’est pas une morale. Dans le monde de robots dans lequel nous vivons, je veux permettre aux gens de réfléchir sur leurs vies.
Avec les chrétiens, je chercherais ma voie.
Suis-je sûr de moi-même ? On m’a souvent dit qu’un jour je flancherais. C’est possible.
Et nous, dans 40 ans, quand nous relirons nos articles, quand nous réécouterons nos interviews, quand nous regarderons nos vidéos, quelle sera la part du monde et de l’Esprit ?
Notes
[1] Et oui c'est possible de mettre des vidéos de l'ina sur dotclear en wiki 

























Commentaires
quel reportage, quel accès aux "idées" défendues par certains de nos pères, quel balancier qui en appelle un retour... pfou. merci
et même la "fameuse" chanson de johnny!
on sent dans cette vidéo un tel mouvement de balancier qui en appellent d'autres dans l'autre snes! pfoiou. incroyable. encore merci
Incroyable moment...certains mots, certaines paroles paraissent si actuelles. Y a pas moyen de les retrouver ces curés des années 70, pour savoir ce qu'ils sont devenus, ce qu'ils ont vécu ? Marc, je suis sûre que tu peux le faire
@Anne-Claire : avis de recherche en cours
@David : moi aussi, cette liberté d'expression est assez dingue, surtout que la statue du général n'est finalement pas très loin et le Concile Vatican I non plus.
Le discours n'a pas vieilli tant que ça... Même si les questions abordées me semblent en décalage par rapport à celles qui sont évoquées dans les édifiants témoignages dont on nous abreuve à l'occasion de l'année sacerdotale. Par contre, deux choses me frappent :
- La première : l'écriture. Qu'est-ce que c'est vieillot, ces gros plans sur des visages grêlés par l'acné, ces volutes de fumée qui environnent les séminaristes !
- La deuxième : je m'interroge sur ce portrait de prêtres et de futurs prêtres, qui insiste surtout sur le caractère ordinaire de leur vie. Quand je regarde cela et que j'écoute ces réflexions, je me dis : "Puisqu'ils n'ont rien de différent, à quoi bon être prêtre ? Puisque la messe peut se célébrer n'importe où, qu'est-ce qui signifie la transcendance ?" Là, je crois qu'on est passé à autre chose.
le plus drôle, c'est sans doute les vidéos similaires sur la page de l'ina... mao, le fln, le viet nam... tout ça.
ce qui me reste 15 heures ap la première écoute, c'est cette impression qu'ils ont d'avoir trouvé la solution qui les libères des erreurs du passé et de leurs pères.
même combat, de nos jours, non?
J'aime beaucoup les quelques mots en conclusion, esquisse d'une réponse à tous les pourquoi qui précèdent.
En tout cas, oui, ça vaudrait le coup de les retrouver !
@Emmanuel et David : cela m'étonne un peu vos commentaires. J'ai l'impression dans les échanges que j'ai eu avec des prêtres de cette génération que Vatican II et l'évolution de la société française ,pour toute une génération de prêtres, fut un immense bol d'air.
Une espèce de nouvelle liberté, une autre manière de vivre dans le monde, avec le monde. Alors bien évidemment, dès qu'une "nouvelle" liberté apparaît, il y a toujours ce "mouvement de balancier."
je pense que pour nous aujourd'hui, c'est vraiment difficile de comprendre vraiment ce que cette évolution de l'Église a put être.
@Zabou et Anne-Claire : pas de trace sur Internet de ces séminaristes. Et je dispose de peu d'éléments. Celui qui parle s'appelle André Noël et était en insertion dans le Diocèse d'Arras et celui qui fait la lecture sur une réforme du droit canon s'appelle Delassus. Voilà c'est tout pour les éléments.
Ils avaient environ 25 ans en 1971, donc ils doivent avoir 63-65 ans aujourd'hui. Mais déjà sont-ils encore vivant ? Sont-ils devenus prêtres ? Le sont-ils encore ?
Mais on va essayer quand même.
Mais quelle horreur! Quelle synthèse de toutes les horreurs qui ont tant fait souffrir les générations précédentes et même (surtout) ces futurs pasteurs complètement déboussolés, sans aucun repères..... Quelle grâce d'être sortis de tout cela! Merci Seigneur!