Après avoir fait une rapide lecture historique et politique du choix de Mgr Lefebvre de quitter l'Église Catholique Romaine, on y croise Maurras, l'Action Française, le Front National et les partisans d'un retour à la Monarchie, Henri Tincq analyse les différentes tractations entre le Vatican et la FSSPX.
Il en conclut que autant Rome que les Évêques français ont eu tort de considérer ce mouvement comme la simple expression d'une nostalgie d'une France désuète, entre goût pour la dentelle et manifestations folkloriques.
Les idées des groupes intégristes demeurent aujourd'hui très vivante, considérant qu'il est nécessaire d'entrer en résistance face à la sécularisation et au relativisme, elles gagnent du terrain dans une partie non négligeable du clergé et des nouvelles communautés.
Pour lui, le risque provient plus des groupes de lobbys présent à Rome que du pape Benoît XVI lui même, qui ne reviendra pas directement sur les grands acquis du Concile Vatican II.
Bref un petit livre rapide à lire (58 pages) par un des très bon connaisseur de l'Église (Henri Tincq fut le responsable des questions religieuses au journal Le Monde de 1985 à 2008)
Catholicisme, le retour des intégristes
Henri Tincq
CNRS Eds - mai 2009
4€
58 pages
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2 réactions
1 De Louis - 26/05/2009, 10:55
Merci d'avoir signalé cet ouvrage.
Je viens de le lire. Plutôt bien fait, il s'agit d'une analyse historique et idéologique du phénomène intégriste catholique. C'est utile pour une meilleure compréhension de cette communauté et de ses rapports avec Rome.
A conseiller.
Louis
2 De François - 25/04/2011, 20:32
Très sainte fête de Pâques, tout d'abord.
Si je puis me permettre, ayant lu (assez vite, je l'avoue, comme je n'avais nulle envie de l'acheter, je l'ai lu dans la librairie) ce petit livre me laisse perplexe à plusieurs titres. Tout d'abord par la réduction politique à laquelle il procède : admettons l'équation catholiques traditionalistes = 1) maurrassiens ou 2) légitimistes ou 3) électeurs du Front National. On s'aperçoit que cela ne fonctionne à l'extrême rigueur qu'en France. On sait que les traditionalistes sont fort nombreux aux Etats-Unis : sont-ils nostalgiques de l'Algérie française ? Quant aux fidèles philippins, gabonais ou indiens de la FSSPX, le sont-ils pour les raisons politiques susmentionnées ? Quand des Béninois entrent chez les Franciscains de l'Immaculée, le font-ils parce qu'ils votent FN ? Cela m'étonnerait un peu. Il faudrait donc dire, si l'on tient absolument à voir du "politique d'abord" partout (thèse contestée par Gérard Leclerc, par exemple, qui me semble mieux maîtriser le dossier qu'Henri Tincq, malgré quelques limites et raccourcis), dire que le traditionalisme s'accompagne de certaines options politiques, variables selon le lieu et qui en France recouperaient dans les grandes lignes un certain nationalisme contre-révolutionnaire.
Ensuite, d'un point de vue purement catholique (je comprends que ce ne soit pas celui d'un ex-journaliste du Monde), je ne vois pas en quoi lesdites options politiques, malgré tout ce qu'elles ont de parfois très contestable, sont par elles-mêmes pires que d'autres tout à fait tolérées par la hiérarchie française et les publications diverses qui expriment sa manière de penser. Pour mémoire, la condamnation de l'Action Française a été levée en 1939. Exclure un catholique sous le prétexte qu'il est "maurrassien" n'a donc aucun sens, à ce qu'il me semble. Pour ce qui est des légitimistes, je ne vois pas ce qu'on leur reproche d'un point de vue simplement catholique ; après tout, la moitié de l'Eglise du XIXe siècle était légitimiste, cela ne l'a pas empêchée de donner de grands saints et de faire une oeuvre admirable d'évangélisation.
Dans tous les cas, quels que soient les travers des "intégristes", politiques par exemple (puisque cela semble beaucoup tracasser l'auteur du livre), je ne vois pas en quoi ils frappent par avance et a priori d'irrecevabilité leurs arguments d'ordre spirituel ou théologique. Si Rome leur témoigne de la bienveillance, c'est peut-être que, regardant au-dessus des défauts personnels des uns ou des autres, elle juge que les raisons doctrinales invoquées par tel ou tel traditionaliste ne sont pas absurdes (rappeler que la Messe est le saint sacrifice du Calvaire rendu sacramentellement présent sur les autels, et juger qu'il faut l'exprimer clairement dans la liturgie, ce n'est pas de la politique, quoi qu'on en dise).
Très sainte fête de Pâques.