Un peu d’histoire pour commencer

Rappelons le en quelques mots, l’église ne perçoit aucune contribution de la part de l’Etat. Elle ne vit que grâce aux dons des fidèles, cela depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Connu initialement sous le nom de « Denier du Clergé », il est devenu le « Denier du Culte » pour prendre comme dénomination actuelle « Denier de l’Eglise » depuis 1989[1].

Cette opération reste sous la responsabilité de l’Econome Diocésain[2], qui s’appuie de plus en plus sur les Délégué Diocésain à la Communication.

Oh la belle rouge !

J’ai fait un rapide petit tour de France pour voir un peu les différentes propositions de visuels qu’utilisent les Diocèses pour 2009[3]

Trois grands axes semblent se dessiner :

  • La référence à l’Eglise comme lieu de vie et de célébration des grandes étapes de la vie
  • Le prêtre, serviteur et pasteur de l’Eglise
  • Une démarche plus marketing et publicitaire, ou la référence religieuse apparaît dans un second temps.

deniereglise09_05.jpg

deniereglise09_02.jpg

Depliant Angers OK

deniereglise09_04.jpg

Depliant Angers OK

deniereglise09_06.jpg

deniereglise09_07.jpg

Ses campagnes de promotion sont le fruit de l’imagination de quelques agences spécialisée dans la communication religieuse :

Et vous, vous avez une préférence pour une affiche ? Un avis ?

Une tendance lourde, le travail en Province

C’est sans doute une des évolutions les plus importantes de ses dernières années, la volonté des diocèses de travailler plus ensemble dans le cadre des Provinces Ecclésiastiques[4].

Il s’agit d’augmenter l’impact de cette campagne, mais également de réaliser des économies d’échelles et d’harmoniser le fond de la communication sur les ressources de l’Eglise.

L’Ile de France travaille déjà comme cela depuis l’année dernière et depuis cette année la Province Apostolique de Rennes, Languedoc-Roussillon et Poitiers qui travaille avec Angoulême et Saintes.

A chaque fois des mini-sites plutôt bien fait, ce qui constitue également une évolution, après le passage pour la quasi-totalité des Diocèses de la possibilité de donner en ligne.

Et la vidéo fut !

Il semble normal qu'avec la place qu'occupe aujourd'hui la vidéo sur Internet, les diocèses se lancent peu à peu dans la création de contenu afin d'enrichir leurs présentation, et sans doute de toucher d'autres publics.

Pour l'instant, on tâtonne encore un peu et nous sommes encore très loin de vidéo virale et marketing. J'ai repéré 3 types de vidéos :

  • Le message de l'Evêque
  • Le micro trottoir
  • L'interview de l'Econome Diocésain

Derrière ses choix, c'est aussi l'orientation éditoriale qu'il faut pouvoir comprendre : le denier comme élément pastoral, l'interpellation sur ce qu'il signifie pour des publics "du seuil", l'information financière et patrimoniale.

Et ailleurs ?

Oui je suis très nul pour les conclusions... donc je vais finir avec une question, celle de savoir comment cela fonctionne dans les autres pays européens et américains. Je suis aller jeter un rapide coup d'oeil sur les sites de conférences épiscopales italiennes et espagnoles, mais devant l'ampleur de la tache, et osons le dire ma grande nullité en langue étrangère j'ai provisoirement abandonné.

Mais je pense que j'essayerai dans un prochain billet de vous faire un retour sur ce qui se passe de l'autre côté de nos frontières.

Notes

[1] Si j’étais très motivé et que j’avais du talent, je ferais bien un édito pour montrer comment l’évolution lexicale du Denier acte les grandes évolutions ecclésiologiques et pastorale de l’Eglise

[2] le terme est important car il a une existante canonique, mais pour faire plus simple disons qu’il s’agit du directeur financier du diocèse

[3] à noter que quelques diocèses n’ont pas encore lancé leurs campagnes, comme l’Ile de France ou Lille, mon article ne prétend d’ailleurs pas à l’exhaustivité

[4] La France est découpée en 16 provinces apostoliques qui regroupent entre 5 et 8 diocèses ; il s’agit d’un découpage aujourd’hui administratif, mais qui a vocation à devenir pastoral, même si pour l’instant cela reste un vœux pieux