Si vous n’avez jamais entendu parler de Guitar heroes, c’est que :
- Vous n’êtes plus un étudiant en pleine préparation d’un hold-up sur votre DESS en Droit
- Vous n’avez pas encore d’ados chez vous
- Vous êtes un ermite
- Vous n’aimez pas les jeux vidéos auquel vous préférez le plaisir simple d’un bon vieux Monopoly
Ayant réussi avec quelques complices un magnifique braquage tout à fait Mesrinien (rapport à la moumoute ) d’un très beau DESS, mon fils n’étant pas en âge de se prendre une raclée sur Wii et n’étant pas ermite, j’appartiens à la dernière catégorie des trentenaires ayant grandi au même rythme que la moustache de Mario Bros et qui donc ne peuvent qu’aimer les jeux vidéos.
Ainsi, bien que préférant l’ététage de Zombie, fusil à pompe sur l’épaule au clair de lune, il m’a été difficile de passer à côté du jeu Guitar Hero. Le principe est assez simple et trouve son inspiration dans les jeux d’arcades japonais dansudansureboryūshon ou DDR qui consiste à reproduire une danse face à un écran qui donne des indications chorégraphiques.
Comme son nom l’indique, Guitar Hero vous propose, armé de votre fausse guitare, de vous prendre pour un dieu du rock en jouant des solos endiablés… Le dernier opus, Guitar Hero 3, Legends of rock est un des gros succès de la Wii sur 2008.
Oui mais voilà, qui dit rock dit mauvais garçon, parole endiablé et dérives publicitairo-satanico-marketing… Et oui, le rock, c’est pas juste de la musique, c’est bien plus que ça !
Alors comment concilier joie de la console pour ses enfants tout en protégeant leurs chastes oreilles des vociférations obscènes propres au rock ?
Guitare louange, ou comment faire du rock catho dans son salon
C’était sans compter sur l’opportunisme l’imagination de la société Digital Praise, pur produit chrétien évangéliste américain, qui développe des jeux « made in evangile », sans violence d’aucune sorte.
Guitar Praise, Jesus's Freaks
C’est ainsi qu’avec le jeu Guitar Praise, vos enfants vont pouvoir se la jouer rockeur rebelle indépendant mais… uniquement au son des chansons chrétiennes avec notamment Skillet, Stella Kart, Casting Crown, Family Force 5,… bref que du lourd ! (non aucune adaptation française avec Glorious et en bonus caché un inédit de Jean-Claude Gianadda n’est actuellement prévu…).
Ce type d’initiative n’est évidemment possible qu’aux Etats-Unis, tant pour des raisons religieuses que sociologiques, mais pose néanmoins une question de fond concernant le positionnement des médias chrétiens : faut-il s’inscrire dans l’existant ou est-il nécessaire de recréer son propre espace ? Et surtout, quelle va être la motivation qui va orienter notre choix ?
Une église catholique de France ou en France ?
Par certains aspects il est possible d’observer certaines formes d’amishaïsation de l’Eglise Catholique sur Internet. Il est difficile ici de discerner ce qui relève du repliement, de la propriété intellectuelle (volonté de conserver la maîtrise du contenu) ou plus simplement de la méconnaissance de la culture numérique propre au média Internet.
A la différence des autres médias, qui peuvent toujours se positionner autour de deux questions principales :
- Le fond
- La forme
Internet en introduit une troisième :
- Le lieu
Car paradoxalement, là où la frontière de l’espace est aboli pour le consommateur-internaute, celle du ou des lieux d’hébergements peut se révéler un véritable casse tête tant les questions s’imbriquent les unes les autres. Mais comme j’ai déjà eu maintes fois l’occasion de le dire à de nombreux responsables éditoriaux, une question doit toujours servir de fil rouge : « Mais finalement, votre but, c’est d’écrire ou d’être lu ?? »
Sur la toile (je me demande si c’est pas ringard cette expression ???), même si la qualité rédactionnelle finit toujours par être payante, la visibilité est au moins aussi importante : de nombreux créateurs de contenus restent sur le bord du chemin faute d’une bonne connaissance des techniques de référencement, de la bonne utilisation des gestionnaire de contenu, des digg-like, des portails d’infos, de la mécanique de Google,…
C’est souvent le revers de la médaille du développement ad-intra : à la parfaite maîtrise de mon environnement, je sacrifie ma visibilité. C’est ainsi par exemple que de nombreux responsables com’ dans l’Eglise ne veulent pas mettre des vidéos sur Dailymotion ou Youtube par peur des vidéos au contenu similaire que propose ce type de site de partage. D’ailleurs le plus souvent cela se termine mal puisque la vitesse d’évolution technique demande des mises à jours tellement fréquente que peu de structures peuvent assumer.
Voici pour conclure quelques exemples de positionnement géographique (lieu) qui illustrent mon propos :
- Prêtre Academy : l’ensemble des vidéos étaient disponibles sur YouTube et Dailymotion, cad bénéficiant d’une visibilité maximum.
- Le Jour du Seigneur (ce sont les émissions du dimanche matin avant la messe sur France2, donc pas vraiment un audimat très 15-35 ans…) : les vidéos ne sont visibles que sur leur site, et encore car moi je n’arrive jamais à voir ce que je souhaite et le plus souvent cela fait planter mon navigateur….
- KTO : des vidéos sur leur site, d’autres sur Dailymotion, un bon mix
- Site de la Conférence des Evêques de France : mettre les bios des Evêques (je prends un exemple comme ça au hasard…) c’est intéressant, mais le soucis, c’est que Google propose d’abord un lien vers Wikipédia : il sera donc nécessaire un jour ou l'autre d'envisager la duplication des informations sur Wikipédia.


3 réactions
1 De Thaïs - 30/10/2008, 11:27
Il n'y a pas un monsieur com chez les cathos ?
2 De Marc - 30/10/2008, 14:02
Il y a un délégué diocésain ou épiscopal dans chaque diocèse, le plus souvent aujourd'hui un laïc avec une certaine professionnalisation depuis quelques années. Avant (il y a 10 ans) c'était un prêtre, mais qui souvent n'avait que peu de temps pour s'en occuper.
Dans pas mal de cas, le responsable communication est aussi le responsable ou directeur de la radio, ce qui n'est pas toujours évident : on gagne en cohérence mais se pose vite un problème de temps.
Un des gros soucis de ce poste, c'est qu'il n'y a de définition précise de ce poste. Par exemple, pour ce qui concerne les économes diocésains, leur statut est clairement défini dans le code de droit canonique.
Pour les responsables communication, ils ont vraiment des profils différents :
Ce qui joue beaucoup également, c'est leur participation ou non au Conseil Episcopal. C'est un éléments très important, car cela permet d'être ou non au courant de l'ensemble des dossiers.
Après il y a un service communication au niveau de la conférence des Evêques de France mais qui gère surtout la communication de l'Église au niveau national. Au niveau national il y a une rencontre annuelle sur deux jours autour de la thématique de la com' et le réseau des Tisserands, cad des personnes qui s'occupent des Internet diocésains.
Enfin il y a un conseil pour la communication au niveau national, mais comme la plupart des conseils, son efficacité n'est pas évidente (moi perso en 4 ans comme responsable diocésain, je n'ai jamais vu la réalité de ce conseil..)
3 De Thaïs - 31/10/2008, 14:12
Merci !